Compte tenu de la canicule, nous avons pris toutes les précautions nécessaires avant cette belle randonnée volante. A commencer par notre bonne soirée chez nos amis où nous n'avons pas fait d'excès, avec un départ avant la nuit afin de bien dormir. Mieux encore, ce matin le réveil sonne à 6h pour un solide petit-déjeuner avant de commencer la marche une heure et demie plus tard, à la fraîche. Cette randonnée depuis le col de Cucheron est toujours aussi belle, les lis martagons, dont les lourds pistils pendent sous le calice, exhalent leur parfum capiteux, les grandes gentianes s'étirent vers un ciel uniformément bleu, bref la végétation est triomphante.
Bien évidemment nous adoptons un train de sénateur sans oublier quelques pauses réparatrices, si bien qu'il nous faudra 2h30 pour atteindre la sainte croix, pendant que d'autres, arrivés juste avant nous, clament haut et fort n'avoir mis qu'1h40. Les conditions pour le retour par les airs s'annoncent dantesques, des boulets de canons venus des falaises ensoleillées en contrebas agitent frénétiquement la rubalise que je tiens à la main, l'envol risque d'être sportif. Un hélicoptère de l'armée semble s'intéresser à nous pour notre plus grande crainte, on n'a pas trop envie de nous retrouver en l'air avec lui. Quoiqu'il en soit nous laissons les trailers et rejoignons la prairie propice aux décollages. Le vent quoique soutenu est parfaitement orienté, nous étalons les voiles grossièrement et démêlons les suspentes le mieux possible dans cette ambiance surchauffée. Après un décollage de type catapultage, le vol est somptueux, il est 10h30 on pourrait tenir autant qu'on veut, néanmoins l'objectif du jour étant de ne pas trop tirer sur la machine j'opte pour un vol tranquille après avoir pris l'ascenseur en quittant le plancher des vaches.
Ce matin nous sommes passés à l'atterrissage de Saint Hugues pour nous apercevoir que celui-ci est momentanément fermé en raison d'une manifestation d'aéromodélisme... En conséquence nous modifions notre plan de vol pour aller au fond de la vallée de Perquelin. C'est en fouillant mon sac une fois posés que je m'aperçois avoir perdu mon étui à binocles pendant le décollage énergique, la poche étant mal fermée il ne pouvait en être autrement. C'est la boulette du jour, l'étui contenait mes lunettes de vue !