Ce matin c'est une randonnée un peu spéciale qui nous attend. Nous montons à Saint Hilaire avec nos parapentes pour retrouver au décollage une copine qui doit faire un biplace en parapente. La balade bien matinale commence au milieu de champs d'ail des ours avant de se poursuivre en sous bois où pointent ici et là les fameux respounchous, plante grimpante dont la principale vertu est de rendre fous les vrais toulousaingues. Toutefois le vilain coup de gel de la semaine dernière a été fatal à notre coin favori, en altitude juste sous la falaise de Saint Hilaire. Nous n'en ramassons donc qu'une demie poignée, juste suffisante pour une personne.
Nous fourrons notre maigre butin dans la patelette de mon sac à dos et terminons la balade sans se presser, nous n'avons rendez-vous qu'à onze heures. Le vol sera superbe si bien que le moniteur offre une deuxième tournée, je les accompagne donc pour un deuxième vol sans prendre le sentier mais plutôt leur bagnole.
C'est pendant le trajet que je n'en crois pas mes yeux, des centaines de respounchous ornent les talus dans les premiers virages de la route menant à Saint Hilaire ! Comme il est tard, pas question de les cueillir maintenant, nous nous en occuperons quand nous remonterons chercher la caisse de Grégoire. Effectivement on arrive là-haut à l'heure où les thermiques tournent à plein badin, il est 13h ! Toutefois et avec juste raison, le moniteur me rassure en affirmant que les conditions sont moins fortes qu'hier, journée infernale qui a vu passer trois fois l'hélicoptère de la sécurité civile pour sauver de la falaise trois parapentistes, sans doute virils, ayant surestimé leur capacité à voler en conditions fortes.
L'affirmation péremptoire du moniteur est quand même mise à mal quand nous débouchons sur le déco, en effet deux camionnettes de la sécurité civile occupent le terrain pendant que les pompiers s'affairent déjà sous la pente d'envol à sortir un accidenté dont le vol fut sans doute de très courte durée. En attendant le retour de l'hélicoptère qui doit commencer à connaître la route, nous déplions en vitesse nos parapentes. Le moniteur s'installe sans gêne devant tout le monde pendant que je cherche un endroit où ne déranger personne. Mais j'ai compris la manœuvre du vieux briscard, sorti de son sac immense, il étale négligemment son biplace énorme et s'envole avant même que j'ai terminé le déballage de ma voile ! Pourtant je n'ai pas perdu de temps, je vous l'assure.
Le second vol n'est effectivement pas si turbulent que cela, j'arrive même à enrouler tranquillement quelques bulles pendant que les plus chevronnés sont déjà en route pour Annecy ! Le vol est superbe et nous nous retrouvons tous à l'atterrissage.
Il ne nous reste plus qu'à remonter chercher la bagnole avec pour mission impérieuse le ramassage des centaines de respounchous poussant frénétiquement sur le luxuriant talus au bord de la route, sitôt quitté le village de La Terrasse. La cueillette est rapide et efficace, pas moins de dix minutes seront nécessaires pour récolter de quoi se régaler ce soir en famille. Une journée parfaitement réussie !