Tête de Vachères depuis la Jarjatte, du
Col des Aiguilles au Col des Glandus

Tête de Vachères depuis la Jarjatte, du
Col des Aiguilles au Col des Glandus

  • Altitude départ : 1270
  • Altitude sommet : 2402
  • Dénivelé : 1500
  • Distance : 12 km km
  • Temps de montée : 7h
  • Orientation : Toutes
  • Balisage : GR 94 jusqu'au Col des Aiguilles. Hors sentier et non balisé ensuite. La variante (sympa) de descente par le Fleyrard est vaguement balisée en jaune. Itinéraire de descente "direct" des Clausis peu marqué, pouvant nécessiter quelques tâtonnements.
  • Itinéraire :
    • en boucle

Itinéraire

Montée "classique" au Col des Aiguilles par le GR 94.

Juste après le Col, ne pas redescendre, mais traverser horizontalement vers la gauche et repérer une rampe herbeuse (voir photo) qui repart en "zag" et permet de rejoindre le dessus du Serre Long puis l'Aiguille Nord.

Descendre du sommet de l'Aiguille dans le col qui la sépare de la falaise sud de la tête de Vachères. Trajecter horizontalement (légèrement descendant) dans le pierrier en contournant au ras d'une barre rocheuse qui descend plus bas que les autres (voir photo).

Juste de l'autre côté de la barre, remonter droit à travers la pente et trouver un "escalier dévoluard" (en couloir au début, voir photos) qui monte direct à la crête en se transformant en pente herbeuse assez raide.

Longer la crête vers son extrémité sud (tête de Vachères). Nous sommes allés jusqu'à l'endroit d'où est prise la photo des chamois (voir photo) : à cet endroit, il faut descendre une petite barre rocheuse pas bien méchante mais suffisamment embêtante pour nous avoir fait faire demi-tour pour cause de "timing" serré.

Pour ceux qui voudront aller explorer plus loin : d'après ce que nous avons observé sur le terrain, il était apparemment très faisable de contourner cette barre en anticipant légèrement par une descente en diagonale sur les pentes d'herbes puis en remontant directement dans le col où se trouvent les chamois sur la photo.

Ensuite, revenir sur ses pas et longer la crête en sens inverse vers le nord-est : on recoupe une petite partie de l'itinéraire décrit par Pascal Sombardier dans le topo de la crête des Aiguilles dans "du Mont Aiguille à l'Obiou", mais on continue à suivre la crête au-delà du col à 2239m en direction de l'Aiglière et du Col des Glandus (avec le Rocher Rond en point de mire).

Une fois à la brêche du Col des Glandus, descendre dans le cirque des Clausis en attrapant et en suivant la croupe herbeuse qui descend dans le prolongement de la brêche (on peut aussi prendre le pierrier) jusque dans le lit d'un torrent (le sentier remonte un raidillon pas cool d'une dizaine de mètres sur l'autre rive du torrent).

Les courageux qui voudraient agrémenter ce tour d'une visite à la grotte des Clausis peuvent aussi longer sous les falaises à gauche en sortant du couloir sous la brêche du Col des Glandus, pour un cheminement sympa qui les amènera directement au pied du petit raidillon qui mène à la grotte. Depuis la grotte, il y a une bonne coulée fine dans le pierrier qui permet de rejoindre très rapidement le "plancher des moutons" où on retrouvera les restes du sentier.

On rejoint alors le vieux sentier de la grotte des Clausis, anciennement balisé en jaune (recoupant brièvement un autre itinéraire de "du Mont Aiguille à l'Obiou" de Pascal Sombardier : le n°34, les "balcons de la Jarjatte"), qui nous ramène à la barre des "lames des Clausis".

Là, on peut choisir une variante de descente plus confortable (mais moins spectaculaire) par le Fleyrard en continuant à suivre les résidus de balises jaunes (il faut être très attentif et parfois tâtonner un peu à la traversée de la barre des Clausis pour ne pas les perdre) jusqu'à la cabane du berger au pied de l'alpage (voir aussi Sombardier).

La descente moins confortable (mais plus spectaculaire) consiste à ne pas traverser la barre mais à longer les lames des Clausis par la gauche (petit passage raide en terrain croulant, mais il y a une trace et quelques vieilles balises rouges et blanches). Là, bien ouvrir les yeux des fois qu'il y aurait des "cadeaux surprises", on ne sait jamais...

La trace continue, plus confortable et plus marquée qu'au début, traversant encore un de ces recoins "secrets" fort sympathiques, avant de passer à son tour par-dessus la barre juste avant la dernière (grande) lame. Sur l'autre versant, on continue à longer, toujours sur un restant de sentier avec quelques restants de balisage rouge et blanc.

Puis on quitte les rochers et on descend sur une croupe herbeuse dans leur prolongement vers la forêt. Là le sentier disparaît et il faut tirer à droite en direction de la lisière de la forêt à côté d'une petite cabane de berger bien visible, puis d'un buisson isolé un peu plus loin.

A cet endroit, dans un renfoncement de la lisière du bois, on trouvera l'arrivée d'un sentier assez large (pas très visible de loin, mais très reconnaissable quand on s'approche) : c'est l'ancien sentier des Clausis. Le suivre toujours tout droit sans se laisser distraire par des traces qui semblent partir en "zag" à droite : il finit par rejoindre la route forestière qui monte à la bergerie du Fleyrard (recoupement avec la variante Fleyrard pour ceux qui n'ont pas coupé juste avant par le sentier "direct").

On peut descendre en suivant la piste, mais c'est plus direct en restant sur le sentier des Clausis, qui continue juste de l'autre côté de la route (peu marqué et un peu enseveli sous les gravats des bulldozers) : il mène directement au "plancher des vaches" au fond du vallon de La Jarjatte à quelques dizaines de mètres à peine de l'amorce du sentier "direct" du Fleyrard et du Lauzon.

Précautions

Nous sommes en Dévoluy, donc bien évidemment pas d'eau, et la rando est longue, éprouvante et exposée presque en permanence au soleil (versants sud et crête) : prévoir donc une réserve d'eau suffisante.


Commentaires difficultés

Passages "secrets" assez raides pour rejoindre l'Aiguille Nord puis la crête. Passages exposés et rocher peu fiable par endroit le long de la crête. Très grosse portion non balisée mais sans difficulté d'orientation, sauf pour repérer le départ des deux passages "secrets" précités. Descente du Col des Glandus très raide au départ. A la descente, bifurcation peu évidente avant la barre des Clausis. Recherche d'itinéraire (peu marqué) pour la descente "directe".

Commentaires

scal
19-11-2006 22:15:14

balden
Je suis bien content que cette rando t'ait plu, scal. As-tu essayé de continuer jusqu'au bout de la crête ?
franchement c'est un très beau tour, il y a tout : un peu de recherche d'itinéraire, une bonne partie hors des sentiers battus, la crête et la vue magnifiques, des chamois, le cirque assez sauvage des Clausis :D j'ai remonté la crête jusqu'au même point que vous et là il y avait 5 chamois ( photo prise du ranc ) : je n'ai donc pas insisté. Dans le ranc il y a une petite cheminée qui semble praticable vue d'en haut mais je n'y ai pas mis les pieds, sinon il faut certainement contourner comme tu l'indiques, mais il doit falloir descendre assez bas

Pierre Baldensperger
19-11-2006 17:20:08

Je suis bien content que cette rando t'ait plu, scal. As-tu essayé de continuer jusqu'au bout de la crête ? C'était visiblement une bonne idée de la tenter en cette saison. Dommage que les forestiers aient une fois de plus contribué à la destruction d'un de ces vieux sentiers si sympas (et aussi si pratiques). J'en profite pour rajouter un petit tracé qui facilitera la recherche du "passage secret" reliant le Col des Aiguilles au sommet de l'Aiguille Nord : Cette photo est prise en direction du Nord depuis la brèche qu'on rejoint pour aller au sommet du Haut Bouffet depuis le Col des Aiguilles. On reconnait Vachères en arrière-plan et le Serre Long au premier plan. NB : peu après le début de la partie en zigzag à droite, il faut mettre un peu les mains et même poser un genou pour passer la petite barre rocheuse qu'on devine, mais rien d'insurmontable.


scal
14-11-2006 21:16:58

merci Pierre pour ton topo !! cette rando est magnifique, en plus aujourd'hui c'était grand beau, panorama à perte de vue, chamois en veux tu en voilà... en ce moment il y a une méchante coupe de bois entre la petite cabane ( tôle verte ) et la piste du bas sur cette portion l'ancien sentier des Clausis est donc soit obstrué par les billes, soit défoncé par les machines, sans parler de la boue... en attendant que tout se remette en place il vaut mieux traverser sur la Bergerie de Fleyrard quand on arrive sur la dernière lame des Clausis


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Topo créé le :

Village de la Jarjatte (Drôme) : D505, suivre les panneaux "station de ski", passer devant le départ des remontées mécaniques et continuer sur la route d'exploitation du domaine skiable pendant quelques lacets (jusqu'au bout de la section goudronnée : large parking devant un grand bâtiment avec boiseries). Pour le retour, pour éviter de boucler les 5 derniers km de plat à pied, c'est plus cool de laisser une voiture (ou un vélo) tout au fond du vallon de la Jarjatte (parking au départ du Lauzon et du Grand Ferrand).


Parcours



  • Nb points : 847
  • Donnée terrain : Oui
  • Distance (km): 18.69
  • Dénivelé - : 2395
  • Dénivelé + : 2383
  • Taille fichier : 1 kB
  • Téléchargement


Sortie du 07-11-2007

Tête de Vachères: itinéraire suivi jusqu'au sommet

..... -1- LE DÉCOLLAGE

Deux ans et quelques après la dernière visite qui m'avait laissé (comme à chaque fois dans ce secteur) un souvenir impérissable, et encouragé par la virée tardive de scal l'année dernière, j'ai profité d'un des derniers jours de beau temps avant le passage neigeux de la fin de semaine pour retourner en ces lieux de démesure vertigineuse.

Pour l'occasion, en cette période de chasse et sur ce terrain particulièrement giboyeux, j'ai choisi un costume original, dont la composante principale est un gilet fluo qui trainait dans ma voiture pour être bien visible en cas de panne au bord d'une route. Bref, seul un bien mauvais chasseur pourrait avoir le réflexe de tirer sans réfléchir sur un animal d'une couleur aussi peu appétissante.

Mais alors attention : ce coin ayant depuis été passé au peigne fin et exploré sous toutes les coutures par l'amicale des Dévoluards qu'on ne présente plus, il n'était plus question pour moi de me borner à suivre la même trace qu'il y a deux ans...

..... -2- LA TENTATION

Pour commencer, pour rallier l'Aiguille Nord depuis le Col des Aiguilles, contrairement à ce que j'indiquais (photo à l'appui) dans mon topo, il est tout à fait possible et même plus facile de tirer directement en suivant l'épaule qui monte depuis le col. Comme toujours dans le massif, ce qui paraît très escarpé de loin devient débonnaire au fur et à mesure qu'on s'en approche : on traverse vers la droite derrière un petit ressaut rocheux et on rejoint la pente d'herbe qui mène directement au sommet.

Une fois là, pas question de s'arrêter en si bon chemin... Je contemple les raides couloirs qui descendent de l'extrémité de la falaise... Tiens, une silhouette sur le promontoire extrême de la falaise !! Qu'est-ce ? Un arbuste ? Un énorme cairn laissé là par quelque randonneur intrépide ? Un vautour ? Non, mes fidèles jumelles ont tôt fait d'élucider cette question : c'est un chamois qui m'a repéré depuis le haut (pas difficile avec mon accoutrement) et qui m'observe en train de gamberger.

Car j'hésite à succomber à l'attraction des nouvelles voies signalées cet été... Est-ce bien raisonnable ? Ca paraît quand même très très raide... Ces Dévoluards qui l'ont fait sont des alpinistes chevronnés qui ont le pied bien plus sûr et plus expérimenté que moi... Il vaut mieux rester sur un itinéraire bien connu et maîtrisé... Et puis il est déjà presque 14h, c'est tard à cette époque de l'année... trop tard pour s'engager dans un itinéraire aussi incertain... J'essaie de me secouer pour chasser tous ces doutes mais sans arriver à m'en débarrasser. Une pression impossible à évacuer commence à s'accumuler sur mes épaules...

Ainsi absorbé dans mes pensées, mes jambes livrées à elles-mêmes continuent imperturbablement leur approche vers la zone tant redoutée. Me voilà déjà au-dessus du petit col qui sépare l'Aiguille Nord de la Tête de Vachères. C'est en quelque sorte le "point de non retour" : si je veux emprunter l'itinéraire d'il y a deux ans, il faut que je continue à longer horizontalement dans le pierrier, sinon il faut passer un raidillon pour aller voir de plus près ces raides couloirs qui descendent du sommet.

La pression devient insoutenable : je n'ai pas envie de capituler mais je sais aussi que les zones raides sont des pièges plus faciles à gravir qu'à désescalader et si je m'y engage, il faudra veiller à ce que mon élan ne m'entraîne pas plus loin que mes jambes ne sauraient me ramener. Je m'arrête pour souffler quelques minutes en toisant les pentes qui me dominent, et siroter quelques gorgées de tisane réglisse-menthe bien chaude. Est-ce le fait de souffler ? Est-ce la tisane ? Est-ce le démon du Dévoluy qui me pousse ? Ma décision est prise : on y va !! Et advienne que pourra : si les autres sont passés, c'est que ça vaut au moins le coup d'aller voir de plus près.

..... -3- LA TENTATIVE (IMPRUDENTE)

Je me lance... pour affronter d'emblée un dilemme cornélien : traverser vers la gauche une zone peu engageante pour rejoindre les pentes herbeuses sous le bas du premier couloir, ou bien m'engager tout droit dans la partie raide en bas du deuxième couloir ? Après une courte période d'hésitation en observant les deux passages, je choisis de tenter le deuxième couloir, qui m'évite une traversée horizontale inconfortable et où je devine un moyen de louvoyer pour éviter les passages les plus raides. Une fois dedans, il s'avère en fait nettement plus coriace que prévu : ça y est, je suis piégé, c'est trop raide, plus question de faire demi-tour, pourvu que ça passe... et ça passe !! incroyable !! Me voilà déjà sorti du goulet et revenu dans des pentes d'herbes moins raides et surtout moins oppressantes. Je souffle, je prends quelques photos car la vue est saisissante et vertigineuse : ici, la pente est si raide que l'on a littéralement le Serre Long et le Vallon des Aiguilles à ses pieds, et le tout est souligné de contrastes subtils offerts par la combinaison de la lumière rasante, des petites plaques de neige et des couleurs vert/jaune de fin d'Automne.

Après cette petite pause, je remets en route avec le moral "à bloc", je me dirige vers la gauche pour voir à quoi ressemble le dernier couloir : vraiment pas sympa, très raide, et un vrai entonnoir pour canaliser les chutes de pierres. Je lève les yeux vers le sommet : mon copain le chamois est toujours là, prêt à m'envoyer la montagne sur la figure. Je connais (pour l'avoir déjà subi plusieurs fois) le caractère taquin de ces animaux peu hospitaliers avec les randonneurs qui osent profaner leur territoire.

Je décide donc de rester aussi longtemps que possible sur la partie herbeuse en croupe bombée. Malheureusement, elle ne dure pas longtemps, et me voici à nouveau attiré dans une zone qui s'encaisse et se raidit de plus en plus. J'aperçois bien une dernière pente d'herbe qui semble conduire sans problème jusqu'à la crête, mais j'en suis séparé par un méchant raidillon à la mine repoussante, que je longe dans l'espoir de trouver un passage "potable". En vain : je me retrouve finalement acculé à rallier la dernière zone herbeuse via une "margelle" (pour reprendre le vocabulaire imagé et très pertinent de Pascal Sombardier) particulièrement pourrie et flippante : tolérance zéro pour les faux pas à cet endroit, heureusement ça fait moins d'une dizaine de mètres au total (mais il n'en faut pas plus).

Ca y est, j'ai franchi la "margelle", je suis passé !! C'est le boulevard final pour rejoindre la crête. Je débouche à quelques mètres du sommet : une grande première pour moi qui, au cours de mes précédentes approches en longeant la crête, m'étais toujours laissé décourager par la succession de difficultés et de passages vertigineux qu'elle comporte.

..... -4- LA DÉCOUVERTE D'UN NOUVEL ESPACE

En parlant de passages vertigineux, cette partie de la crête n'a d'ailleurs pas grand chose à envier aux endroits les plus exposés du massif. Elle doit être particulièrement inconfortable voire infranchissable par grand vent. On pousse un grand "ouf" de soulagement lorsqu'on rejoint enfin le large col herbeux situé un peu plus loin et peuplé son habituelle trentaine de chamois.

Mais là, l'enthousiasme d'être arrivé là est tel (et le vent si anecdotique ce jour-là) qu'une sorte d'insouciance m'habite. Je parcours de long en large la petite plate-forme sommitale pour en observer tous les contreforts. Le belvédère est grandiose : ce promontoire cerné d'abimes n'est relié au monde raisonnable que par l'étroit cordon ombilical de l'arête en dents de scie qui termine cette longue crête.

Devant moi, un peu en contrebas, se trouve l'oreille extrémale de la crête depuis laquelle mon copain le chamois m'observait durant toute la montée. Mais évidemment, l'animal a disparu. Pourtant il était impossible qu'il rejoigne ses acolytes stationnés un peu plus loin sur la crête sans que je l'aperçoive : peut-être y a-t-il des passages dérobés praticables (pour un chamois) sur le versant nord du promontoire, mais le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils ne sautent pas aux yeux vu du sommet. Les ressources de ces animaux m'étonneront toujours.

..... -5- LE FIEF DES CHAMOIS

Après une longue pause contemplative, le pied toujours léger après les émotions de la montée, j'avale avec une facilité déconcertante les dents de scie de la crête pour rejoindre le col des chamois. Il n'a jamais si bien porté son surnom car aujourd'hui ils sont plus d'une trentaine à prendre le soleil. Moins farouches que la dernière fois en plus : j'approche jusqu'à une trentaine de mètres sans mouvement de panique (peut-être ont ils aussi moins l'habitude de surveiller les arrivées de randonneurs par cet accès "atypique").

Malheureusement, à ce moment précis, mon pied bouscule quelques gravillons qui dévalent quelques mètres en s'éparpillant avec leur bruit caractéristique de vaisselle brisée. Les chamois n'en attendaient pas moins pour prendre la poudre d'escampette. J'ai à peine le temps de photographier leur fuite : j'en ai compté 25 sur la photo mais ils n'y sont sans doute pas au complet.

Je n'aurai donc plus de compagnie pour la suite de l'exploration de la crête. Car c'est toujours la curiosité qui me pousse : jamais je n'avais passé le petit ranc qui barre la crête, ce petit ranc qui vu d'ici paraît pourtant totalement ridicule et inoffensif !! Incroyable comme un changement de perspective peut totalement transformer un passage !

Je profite de me trouver là pour me rendre au "belvédère des chamois", ce promontoire situé à l'angle saillant du petit décrochement dans le profil de la falaise (point 2377 sur IGN). C'est là que bronzait le groupe de chamois lors de ma précédente visite en 2005. La géométrie du lieu lui confère effectivement une vue imprenable, non seulement vers l'ouest sur le vallon de la Jarjatte, mais surtout sur le reste de la falaise et notamment la paroi qui domine la combe de Moujious. La verticalité de cette falaise conjuguée à sa hauteur sont effrayantes. J'ai mis la photo en ligne mais malheureusement elle peine (comme souvent) à rendre l'impression réelle : il faudrait que GLaG aille faire un tour là-haut.

..... -6- SUITE ET FIN

Presque hypnotisé par cette perspective vertigineuse, une tache noire attire soudain mon attention : environ 50 à 100 m sous la "Tête de l'Imposteur" (dénomination "maison", point 2397 sur IGN) s'ouvre une sorte de balcon qui semble être l'embouchure d'une grotte. Je savais qu'il existait des anfractuosités au pied de cette falaise (au point le plus haut du pierrier de Moujious), mais je n'avais jamais imaginé qu'il puisse y en avoir une aussi inaccessible.

Je me remets en route vers le ranc, que je franchis d'une enjambée. Je comprends alors pourquoi j'avais "coincé" là en 2005 : il s'agit en fait d'une arête très fine bordée des deux côtés pas de petits escarpements et qui passe au-dessus du "chas" (ou de l'arche) dont la photo a été postée par Pascal Sombardier, ce qui constitue donc un passage très aérien et vertigineux, bien que court. Comme je l'avais déjà indiqué dans le topo original, je pense (sans l'avoir vérifié) qu'il est possible de contourner ce passage en contrebas pour une traversée beaucoup moins exposée.

La suite est "classique". Je remarque avec regret que la petite arche qui se trouvait un peu plus loin sur la crête (et à travers laquelle on pouvait prendre une superbe carte postale du Grand Ferrand : photo publiée dans le livre "du Mont Aiguille à l'Obiou" de Pascal Sombardier) s'est effondrée. Un peu plus loin, en me retournant, je constate que la verticalité de la falaise Nord offre une vue plongeante impressionnante sur le Pas la Cavale tout en bas.

A cette heure avancée, pas question de redescendre par la brêche de l'Aiglière comme en 2005 : je repique vers le Vallon des Aiguilles par le pierrier de "la Plate des Serres" qui descend du large col qui clôt la partie escarpée de la crête (point 2293 sur IGN).

Après une descente "physique" (le pierrier n'est pas très croulant alors il faut y aller de bon coeur), je retrouve le plancher des vaches à 16h45. Commence une pénible remontée vers le Col des Aiguilles car la neige s'est accumulée ici et rend la progression difficile. J'assiste à un coucher de soleil fantomatique, à travers des nuées qui remontent le versant Ouest et passent à travers le col.

Arrivée à la nuit au village de la Jarjatte pour constater que le téléphone portable ne passe pas et que la cabine téléphonique a été supprimée depuis cet été sans autre forme de procès... Coup de chapeau à France Telecom : apparemment, le fait de se renflouer à coups de dizaines de milliards sur nos impôts ne les empêche pas de négliger leur devoir de service public avec une certaine insolence. Merci en revanche à la gentille dame du gîte de la Jarjatte qui m'a permis d'utiliser son téléphone pour organiser mon "extraction".

Photos de la sortie

Commentaires

pascal sombardier
16-11-2007 09:03:40

Un mystérieux tagueur est en train de recouvrir tous les panneaux et balisages (de Chartreuse surtout) avec une insription au feutre noir "ORCA". Aucune explication ni revendication n'a été donnée. On ne sait même pas ce que signifie ORCA.

Bernard MAZAS
16-11-2007 07:10:11

pascal sombardier
Pour une fois qu'il y a un sentier bien balisé avec des beaux panneaux dans le Dévoluy, tu trouves moyen de critiquer !!
Mais mais mais... je ne critique pas : bien au contraire, j'ai trouvé une utilité à ce panneau. fallait le trouver, non ?
Citation:Ne serait-ce pas toi, le mystérieux tagueur de l'ORCA ? (Voir forum rando c2c V5). L'ORCA c'est quoi ? Organisation des Randonneurs Craignant l'Altitude ? Non, je ne vois pas...


pascal sombardier
15-11-2007 20:40:49

Pour une fois qu'il y a un sentier bien balisé avec des beaux panneaux dans le Dévoluy, tu trouves moyen de critiquer !! Ne serait-ce pas toi, le mystérieux tagueur de l'ORCA ? (Voir forum rando c2c V5).


Bernard MAZAS
15-11-2007 09:28:39

François LANNES
Alors, dès qu'il y en a un qui donne des nouvelles et des photos sympas, on lui saute dessus. C'est le moment de sortir les documents de leur réserve !!!
François, tu me tends une perche, ou plutôt un poteau : ../photos/photos.php?id=10170&id_sport=2


François LANNES
14-11-2007 21:41:12

Il faut dire qu'avec la neige qui tombe, maintenant, sur notre terrain de jeux favori (et sur les autres massifs aussi, bein sûr), on n'a plus rien à se mettre sous la dent, nous les randonneurs en godillots... Alors, dès qu'il y en a un qui donne des nouvelles et des photos sympas, on lui saute dessus. C'est le moment de sortir les documents de leur réserve !!!


pascal sombardier
14-11-2007 20:41:37


Citation:Hé les gars... On ne peut pas rentrer une sortie tranquille qu'elle est déjà lue, relue et commentée C'est-à-dire que c'est précisément le but d'un forum, non ??...... C'est en tout cas ce que j'apprécie dans ce type de communication, par rapport au livre ou à la presse, dont je suis pourtant issu. Mais justement, les deux me semblent complémentaires...


Pierre Baldensperger
13-11-2007 22:07:42

Hé les gars... On ne peut pas rentrer une sortie tranquille qu'elle est déjà lue, relue et commentée. En fait je n'avais pas fini mon récit et j'ai plein de photos à trier, panoramiser et ajouter. Vous en serez quitte pour refaire un tour dessus quand j'aurai fini ;-). Réponse en vrac à vos questions : Pascal : oui, j'ai vu l'arche, mais depuis l'autre côté car je me suis payé le luxe d'aller faire un tour sur le "belvédère des chamois" dont j'enviais tellement la vue lors de ma dernière visite que j'ai regretté pendant deux ans de ne pas avoir eu le courage de sauter ce petit ranc de rien du tout pour aller en profiter. D'ailleurs j'y ai repéré un autre "trou"... beaucoup plus bas... je vais essayer de mettre une photo tout à l'heure. Je n'ai pas eu l'idée d'aller voir du côté de ta photo : c'est marrant effectivement ! Par contre, je suis au regret de t'apprendre le décès de "ton" arche un peu plus loin sur la crête (celle à travers laquelle tu avais pris une photo du Ferrand dans ton bouquin). J'ai voulu reprendre la même photo pour te faire une "spéciale dédicace", mais à son emplacement il n'y avait plus qu'un gros trou... Qu'importe : nos photos garderont la mémoire de cette petite merveille éphémère. François : oui, j'ai reçu ton mail d'Octobre... J'ai honte mais je n'ai pas encore pris le temps de le lire. Je m'occupe de tellement de choses différentes en ce moment que j'ai même failli ne pas pouvoir aller faire ma traditionnelle virée automnale du côté de La Jarjatte, alors tu vois... Mais je te promets que ça fait partie de mes priorités dès que je retrouve un peu de temps... car ce genre d'ouvrage mérite qu'on y consacre le temps d'une lecture attentive ! Quant au grimpeur McDo du granite Yosemitois, son espérance de vie serait très faible dans le calcaire pourri du Dévoluy... Quoique... Il ne se ferait sans doute pas trop mal : il n'arriverait même pas à décoller du sol. Tout juste bon pour "vidéo gag" ;-).


pascal sombardier
13-11-2007 21:53:48

À vrai dire (je vais jeter un froid), Dan Osman est mort depuis cette vidéo. Un accident bête dont il est question dans les commentaires de cette vidéo-ci : http://fr.youtube.com/watch?v=ohE4VOx43Bk Dieu ait son âme !


François LANNES
13-11-2007 21:48:10

A mon avis, pour battre son record, il faut être très motivé. Etre très motivé d'en finir... Et pour en finir vite, il vaut mieux que les chaussons soient petits. Cela pousse à vouloir les enlever dès que possible !!!


pascal sombardier
13-11-2007 21:41:54

Bôôô, un peu d'entraînement, François, et je sens que tu battras son record, surtout qu'il me semble qu'il avait des chaussons un peu grand...


François LANNES
13-11-2007 21:39:22

Euh..... Je ne parlais pas de ce type de frissons là ?! Ce n'est pas le genre de truc que je voudrais tenter. Merci quand même pour le film. C'est stupéfiant !!


pascal sombardier
13-11-2007 21:27:27

Tout ça n'est qu'une question de qualité du rocher. Quand il et bon, voilà ce que ça donne : http://fr.youtube.com/watch?v=GQJ5-hNw3Bo


François LANNES
13-11-2007 21:20:42

Et bien Pierre, en voilà un récit qu'il est agréable à lire !! Tu devrais t'y mettre plus souvent, et les Bivouakeurs auraient tout à y gagner ! Même que toi aussi, cela pourrait te plaire ?! J'écris cela par expérience... Ce qui m'a plu, c'est quand tu racontes tes hésitations avant de faire la "bêtise" de partir à monter dans les pentes... C'est trop bon ces moments là, où l'on sent bien qu'il ne faudrait pas le faire, mais où l'on sait bien qu'on va le faire pourtant !! Ah oui, c'est trop bon. Et en même temps que le petit ffffrisson qui circule sous les habits, il y a cette montée de concentration qui multiplie les perceptions. C'est à cause de cette montée que les souvenirs sont si forts, et qu'ils restent si longtemps en mémoire par la suite... En plus, d'être seul dans ces espaces si sauvages et si beaux, crée vraiment une dimension qui ne se trouve pas ailleurs. Alors continue à nous raconter tes balades. Ca fait du bien. Nota: as-tu reçu mon mail d'octobre ?



  • Horaire : 6h
  • Dénivelé : 1200 m

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