Buhl Hermann

1924-1957

Herman Buhl est né le 21 septembre 1924.

Mais laissons le nous raconter quelques bribes de son enfance :
" Je suis né à Innsbruck. Les montagnes veillaient sur mon berceau. L'amour qu'elles m'inspiraient m'avait été transmis en héritage. Mon père était un alpiniste enthousiaste et ma mère originaire du Val Gardena, au coeur même des Dolomites.

" J'avais quatre ans seulement lorsque ma mère mourut. C'était une femme fine et délicate, dont l'intelligence dépassait le cadre du quotidien et atteignait des objets impossibles à juger suivant leur valeur matérielle.

" Son image, la nostalgie que j'avais d'elle, m'accompagnèrent dans la vie...

Ce sont par ces lignes que commence l'ouvrage d'Hermann Buhl "Du tyrol au Nanga Parbat". On ne peut rester totalement indifférent à ce clin d'oeil qu'Hermann fait à sa mère, et, la fabuleuse épopée d'Hermann sur les cîmes par la suite...
Enfant, Hermann Buhl, d'apparence plutôt fragile, arpente les montagnes autour d'Innsbruck. Cette fragilité sera peut-être à l'origine de bien des ardeurs plus tard...

A 13 ans, pour faire comme les alpinistes, il emprunte la corde à linge de sa belle-mère : "Nous la portions à tour de rôle autour de la poitrine, gonflés d'orgueil"...

A 14 ans, avec son camarade de classe, Hermann gravit l'arête sud d'une des tours de Grubreissen en empruntant une corde et un mousqueton laissés par deux grimpeurs au bas de la paroie... Tous deux grimpent en chaussettes faute d'espadrilles et de moyens!
" Quelle joie! Nous sommes les maîtres du monde...
Evidemment, une belle leçon de morale les attendra au sommet...
Hermann est finalement admis dans l'équipe des jeunes de la section du club alpin d'Innsbruck... Il y consacrera alors tout son temps libre avec cet espoir secret de devenir "un alpiniste"...

En 1943, c'est le service militaire, il s'échappe en montagne les week-ends de permission, puis la guerre vient interrompre les escapades d'Hermann.
Après la guerre, Hermann redouble son activite d'alpiniste. En janvier 48, il réalise la première hivernale à la Schüsselkarspitze.

" La haute montagne hivernale gardait pour moi un attrait inépuisable, un charme irrésistible. Le seul fait de creuser ma trace dans la neige profonde me comblait de joie.

A l'été 48, Buhl est invité par l'ENSA de Chamonix. Il ne pouvait espérer mieux!
Les courses s'enchainent, la technique s'affine...
 

Regardez ces belles lignes écrites par Gaston Rébuffat dans Etoile et tempêtes [Editions Arthaud, 1954]. Gaston Rébuffat y raconte l'ascension de l'Eiger et fait là une description de l'alpiniste Buhl... Magnifique hommage!

" Puis Buhl attaque. Tout de suite il se trouve sur un terrain très difficile ; sous la neige, le rocher est recouvert d'une gangue luisante : un verglas dur et épais qui le tapisse uniformément. Les pieds patinent, les mains dérapent, les fissures sont calfatées, les prises nivelées, les pitons entrent mal, le marteau tape, enfonce, creuse, se fatigue, tape à côté, écaille à peine le verglas épais, tout le corps glisse, reste pendu à un piton, se reprend, se rehausse, la respiration haletante est un moment suspendue ; le marteau dégage une prise, fait tomber un pan de neige qui recouvrait une dalle, nettoie une autre prise, le pied pique une pointe de crampon dans le verglas, les doigts gourds libèrent une cassure de sa glace, y plantent encore un piton. Buhl gagne cinquante centimètres, un mètre [...] Mais le coeur et la volonté veillent, incorruptibles. Buhl avance lentement et avec une merveilleuse ténacité arrive à franchir le ressaut.

En 1952, H. Buhl est invité à participer à l'expédition au Nanga Parbat.
Exploit fabuleux puisqu'Hermann Buhl atteindra le sommet du Nanga Parbat en solo. Nous sommes en juillet 1953. C'est le troisième huit mille vaincu de la planète... Tout simplement extraordinaire!
 
De retour en Europe, Buhl continue sa moisson de sommets dans les Alpes.

En 1957, seconde expédition en altitude, Hermann Buhl s'envole au Broad Peak ; le 9 juin au cours d'une deuxième tentative, Hermann et son équipe atteignent enfin le sommet principal. Buhl devient ainsi le premier homme de la planète a avoir gravi deux huit mille.

18 jours plus tard, le 27 juin 1957, Kurt Diemberger et Hermann Buhl sont au Chogolisa [7654 m].

Alors qu'is se trouvent à 7300 mètres, ils décident de faire demi-tour à cause de la tempête. Mais vers 7200 m, c'est le drame, une corniche se dérobe sous les pieds d'Hermann, l'emportant dans le vide de la face nord... Kurt Diemberger arrivera vingt-sept heure plus tard au camp de base, il reste ces quelques mots :

"Quelque part dans les glaciers, au pied de la face nord, il dort de son dernier sommeil. Sous la voûte immense du ciel."

Liste de courses, extrait...
Automne 1947 Seconde ascension du Gold Kappel avec Fery Theyermann
26 juillet 1947 Lalidererwand 2621 m, en 11 heures avec Vigl.
11 août 1948 Le Triolet, versant français face nord, avec A. Vigl.
Septembre 1948 Fleischbank 2187 m, première solo en face sud-est, en 1h30.
28 février 1949 Watzmann, 2713 m, de 19 h à 4 h, première solo hivernale, au clair de lune, paroie de 1800 m de haut, l'une des plus hautes des alpes.
10 aout 1949 Deuxième ascension de l'Aiguille Blanche de Peuterey avec Schliessler.
9 et 20 mars 1950 Marmolada, 3342 m, Dolomites, quatrième ascension et première hivernale, avec Kuno Rainer.
25 mai 1952 Schusselkarspitze 2538 m, dièdre sud, en solo.
6 juillet 1952 Piz Badile 3308 m, face nord-est, en solo, en 4h30.
3 juillet 1953 Première au Nanga Parbat 8125 m, solo à partir du camp V (6900 m).
Juin 1957 Broad Peak, en technique alpine.
   
Bibliographie
Du Tyrol au Nanga Parbat, Hermann Buhl, Editions Hoëbeke - 1997.
Etoile et tempêtes, Gaston Rébuffat, Editions Arthaud - 1954.
Les alpinistes célèbres, Henri de Segogne et Jean Couzy, Mazenod - 1956.
 

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