Pic du Tenneverge Traversée Tenneverge -
Grand Mont Ruan par le Pas Noir et le Glacier du Prazon

Pic du Tenneverge Traversée Tenneverge -
Grand Mont Ruan par le Pas Noir et le Glacier du Prazon

  • Altitude départ : 950
  • Altitude sommet : 2989
  • Dénivelé : 2900
  • Distance : 30 km
  • Temps de montée : 10 heures
  • Temps de descente : 4 heures
  • Orientation : Toutes
  • Balisage : Cairns discrets mais itinéraire non balisé. Balisage du sentier de descente à partir du Col des Ottants (GR).
  • Itinéraire :
    • en boucle

Itinéraire

Depuis le parking du Plan-du-Lac, rejoindre la brasserie du Fer-à-Cheval et prendre le chemin au Nord en direction du Fond de la Combe. Quelques centaines de mètres plus loin, atteindre le torrent de la Perrita (Pierrette sur les cartes) et remonter son cours au mieux vers l'Est en direction de la Face Ouest du Tenneverge.


Vers 1230m remonter l’affluent se présentant sur la gauche (rive droite de la Pierrette) jusqu’à atteindre la base de la cascade issue de la Résurgence de la Méridienne. Traverser le cours d’eau et descendre légèrement derrière en suivant la paroi pour traverser un second torrent.


Continuer de suivre la base des parois vers le Nord en remontant quelques gradins et repérer sur la gauche une cheminée cachée qu’il faut remonter (II). C’est le Pas Noir. Haut d'une vingtaine de mètres, sont escalade ne pose pas de problèmes. On peut remonter dans la cheminée elle-même ou par les gradins à droite. Sortir sur un replat herbeux au sommet du Pas Noir et emprunter la sente qui apparaît ensuite pour remonter les raides pentes herbeuses situées au-dessus (tirer bien à gauche au départ en direction d'une petite crête herbeuse).


La sente remonte ces raides pentes herbeuses en évitant quelques ressauts (piolet utile). Vers 1850/1900m, on rejoint la base des parois au niveau de la Croix-Moccand (plusieurs blocs couchés dans l'herbe). Suivre la trace discrète qui s’engage dans des ravines sur la droite. Franchir facilement une première gorge. Rejoindre une seconde gorge (celle de la Rigole). Franchir le petit torrent au fond de la gorge pour s'engager en face sur une vire de schistes noirs, impressionnante et exposée. La vire est assez confortable mais légèrement déversante ; de plus un rocher bombé complique le début du passage.


La sente traverse ensuite un large plan incliné, encombré d'éboulis. Franchir l'angle de la paroi qui emmène à un grand cirque appelé Ravin de Sèchevère que l’on traverse au mieux. Passer sous un gros bloc visible à l'entrée du cirque et franchir ensuite plusieurs ravines croulantes (les Gures). Au bout du cirque se trouve un arbre qui sert de point de repère pour sortir sur un petit replat. Entre la rigole et la sortie du cirque, la trace peut être parfois très difficile à suivre selon les années. 


Du replat, traverser des pentes et ravines schisteuses pour rejoindre le fond du vallon de Tenneverge (petit torrent). Remonter au mieux ce vallon en rive droite du torrent où la sente se perd. Rejoindre le col de Tenneverge puis continuer sur une sente en direction du Tenneverge (cairns).


Cette sente remonte un pierrier à gauche de la pointe 2760. Franchir quelques gradins faciles (II) pour retrouver une cuvette d'éboulis. Plus haut, se diriger vers la base des parois en remontant des gradins et observer à gauche (Sud-Ouest) un large système de vires encombrées de caillasses. Traversée ces vires vers le Sud-Ouest (la plus haute semble la plus évidente). Rejoindre ainsi l'arête Sud du Tenneverge face au Grain de Sarrazin. Suivre les cairns qui remontent l'arête qui se perd dans de larges dalles. Remonter ces dalles jusqu'à un ressaut en forme de dièdre (II).Sortir à gauche au sommet du ressaut et atteindre le sommet par des dalles gravillonneuses.


Du sommet du Tenneverge (2989 m), continuer sur son arête Nord-Est qui devient rapidement aérienne et exposée. Atteindre une première brèche infranchissable (grandes dalles couchées) et désescalader prudemment une cheminée versant Emosson située quelques mètres avant la brèche. Rejoindre ainsi une petite vire qui permet de rejoindre le pied de la brèche.  Poursuivre sur l'arête, désescalader un court ressaut (II soutenu) et rejoindre un gendarme. L'escalader ou le contourner pour rejoindre une brèche équipée d'un rappel.


Une corde de 50m suffit pour descendre en une fois, sinon une corde de 20m permet d’effectuer un deuxième rappel depuis une vire intermédiaire équipée d’un piton. Une corde fixe en place aide à se stabiliser dans ce deuxième rappel en biais (été 2017). On peut éviter le rappel via des vires côté Émosson (cheminement compliquée et très exposé).


Rejoindre le Col des Rosses et continuer un peu sur l’arête jusqu'à rejoindre les névés supérieurs du glacier de Prazon, à gauche. Contourner et dépasser la Pointe des Rosses jusqu'à rejoindre une large rampe entre la Pointe et la Tour des Rosses. Selon les années, la rampe peut présenter des passages en glace. La rampe descend vers l'Ouest puis le Sud-Ouest jusqu'à la rimaye (franchissement parfois compliqué).


Une fois sur le glacier, poursuivre au Nord-Est en direction du Ruan (quelques zones crevassées faciles à éviter). Dépasser successivement l'Aiguilette puis la Tour de Prazon jusqu’à atteindre la pointe 2851 avant le col du Ruan. Pour rejoindre le col ne pas s’engager sur les vires de la pointe 2851 mais la contourner assez bas pour éviter une barre rocheuse. Remonter au col du Ruan (2800 m).


Du col partir vers le Nord-Est et contourner par le versant Émosson l’arête Est du Grand Mont Ruan (cairns). Par une dernière pente d’éboulis rejoindre l’arête sommitale horizontale. On atteint le sommet français (3040 m) puis le sommet suisse au bout de l'arête (3053 m)


Revenir sur ses pas jusqu’au col puis s’engager versant Sixt (cairns) dans les pentes de pierres pour atteindre le Couloir du Ruan : franchir quelques gradins et éboulis puis arrivé au-dessus d’une barre rocheuse aller vers la gauche contre les falaises. Trouver une cheminée à désescalader (II) pour atteindre le replat plus bas.


Au replat suivre les cairns et franchir le glacier du Ruan (vers le Nord-Ouest). Remonter des lapiaz entre la Tour de Saint-Hubert et le contrefort du Petit Mont Ruan. Traverser ensuite de niveau par des vires de schistes qui demandent un peu d'attention et atteindre le col des Ottans.


Du col poursuivre sur le Refuge de la Vogealle puis le Chalet du Boret par le sentier. Descendre sur Plan-du-Lac soit par le sentier du Bout du Monde (plus long) soit par le Pas du Boret (plus court mais exposé).


Le topo en vidéo :


Précautions

Casque indispensable pour le Pas Noir (chutes de pierres très fréquentes). Piolets et crampons pour le glacier. Corde pour le rappel (25 mètres suffisent pour un rappel en deux fois). Prévoir beaucoup d'eau.


Commentaires difficultés

Course techniquement peu difficile, pouvant être considérée comme de l'alpinisme facile, mais presque toujours exposée et parfois impressionnante. De nombreux passages se font dans un terrain typique du Haut-Giffre (gazons raides et schistes friables) où il est quasi impossible de se protéger. S’il y a besoin, les échappatoires sont longs et tous situés versant Émosson. La descente par le Pas Noir est délicate (le second cirque est plus impressionnant au retour). La cours est très longue (30 km et 2900 de D+). Attention aux chutes de pierres entre le Pas Noir et la sortie du cirque et après le Col du Tenneverge. Course à n'entreprendre que par temps sûr et idéalement à la suite de plusieurs journées de beau temps. Dans le vallon de Tenneverge existe un abri au cas où, simples murs et toit. Préférez entreprendre cette course en fin d'été (août-septembre). Le sentier sera ainsi mieux marqué et il y aura plus de cairns qu'en début de saison.
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Topo créé le :

De Samoëns, suivre la direction de Sixt-Fer-à-Cheval par la D907. Dépasser Sixt et continuer au-delà de Nambride pour accéder aux parkings de Plan-du-Lac Le parking est payant en saison estivale : 4€/j entre 7h00 et 19h00, cette taxe est utilisée pour aménager et entretenir le site classé.


Situation




Sortie du 21-08-2017

Traversée Tenneverge - Ruan par le Pas Noir et le Glacier de Prazon

Le Pas Noir

Des années que je rêvais de cette traversée sans jamais oser me lancer. Il faut dire que l'itinéraire en impose et fait douter sur ses propres capacités.

Départ à 5h30 au crépuscule. On remonte le torrent de la Pierrette sans trop parler. Je me sens un peu tendu et j'imagine que c'est la même pour mon partenaire du jour. L'entrée du Pas Noir est trouvée très facilement. Faut dire que j'ai tellement épluché les photos et cr trouvés sur le net que j'ai l'impression de déjà connaître l'itinéraire. La suite immédiate me prouvera que non. On s'est engagé directement dans les pentes d'herbes au dessus du Pas Noir alors que la trace passe plutôt à gauche sur une petite crête herbeuse. L'occasion d'utiliser le piolet façon face glaciaire avec une petite hausse du palpitant et un regard à l'autre façon "et ben mon vieux si c'est comme ça jusqu'à la Croix Moccand !"

Une fois la trace retrouvée ça déroule pas mal et on rejoint la Rigole vers 7h30. La traversée des cirques se fait sans encombre, la trace étant bien marquée et facile à suivre si l'on est attentif. Ambiance austère et sombre ici mais la tension est bien moindre que ce que j'imaginais. La suite est moins bucolique malgré le décor splendide du vallon de Tenneverge. La trace se perd et on lutte pas mal avec la végétation sur le bas du vallon. Le Col du Tenneverge est rejoint à 10h. L'accès au sommet est cairné tout le long. On croise un randonneur juste avant le sommet (11h30).

L'un comme l'autre n'avons aucune envie de redescendre par le Pas Noir, même si l'on sait qu'il sera au soleil dans l'après-midi. On poursuit sur l'arête jusqu'au rappel où l'on observe deux randonneurs en mode léger (basket et petit sac) qui semblent faire la traversée inverse et par les arêtes. Le rappel est équipé d'une corde mais dans le doute on sort la notre. Rappel en deux fois avec 25 mètres de corde. A nous le glacier, qui passe très bien et fait un peu peine à voir. J'avais quelques craintes sur la rampe à descendre sous la Pointe des Rosses (qui semblait très raide sur les rares photos que j'ai pu trouver) mais là aussi ça passe très bien. On atteint le Col du Ruan à 14h30. On est bien cramé mais la météo est toujours radieuse donc on décide de pousser jusqu'au Grand Mont Ruan (15h).

La descente sera un bon calvaire pour l'un comme pour l'autre. Arrivée au parking à 20h après 14h30 de marche. Les pieds sont en compote mais on est au top avec le sentiment d'avoir fait une course quand même pas comme les autres…

PS :
- Un récit un peu plus complet de la journée : http://randorama74.centerblog.net/59-

 

Photos de la sortie


  • Horaire : 14h30
  • Dénivelé : 2900 m

Identification

( ) bivouak.net

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