Si notre voyage au Maroc nous laisse durablement émerveillés de ses paysages si contrastés, il faut reprendre nos activités habituelles. Nous attendions le bon créneau depuis mardi, et ce matin tous les voyants sont au vert. Nous enfilons nos grolles de marche et prenons les parapentes en direction du petit village de Lumbin où nous laissons la bagnole. Que c'est bon de renouer avec la marche. Le choix de Saint Hilaire plutôt qu'un sommet sauvage est dicté par le changement de mon traitement de l'arythmie. Je ne prends plus le médicament que j'avalais tous les jours depuis 20 ans, celui qui me préservait des dysfonctionnements cardiaques et qui est devenu inutile depuis l'opération. C'est donc la première sortie sans filet et je fouette un peu... mais finalement tout s'est bien passé, me voilà en pleine forme.
Bien sûr je ne vais plus aussi vite qu'avant, on a quand même l'âge de nos artères. Mais peu importe, nous avançons tranquillement sur ce joli sentier pendant que des jeunes nous doublent à toute allure. Depuis un mois que nous ne sommes pas venus ici, la nature a bien changé, une chose est sûre, on a raté la floraison des asphodèles mais il reste bien d'autres variétés de fleurs, certes moins imposantes, mais toutes aussi belles.
Un groupe de parapentistes aguerris nous rattrape et nous dépasse quand l'un d'eux nous salue, nous croyons le connaître puisqu'il nous appelle par nos noms, mais pas du tout. Laurent et Laurence suivent assidûment les compte-rendus des sorties sur Bivouak . Cette soudaine renommée et ses encouragements à notre égard nous vont droit au cœur ! Nous discutons un peu avant de repartir vers le décollage qui n'est plus bien loin.
Comme c'est jour férié aujourd'hui, c'est la foule des grands jours, néanmoins nous préparons nos voiles en retrait du décollage avant de trouver une belle place juste libérée par un biplaceur. L'envol est toujours le moment le plus grisant de la journée, la voile se gonfle facilement avant de nous prendre en charge tranquillement au-dessus de la falaise qui se dérobe sitôt en l'air. Le vol est absolument délicieux mais il convient d'être attentifs aux autres, les conditions à 10h30 sont encore petites et il est difficile d'enrouler à plusieurs dans les petites bulles énergiques que commence à générer le soleil printanier. Après quelques circonvolutions, nous préférons quitter la grappe.
Voilà un beau vol qui nous fait revenir peu à peu dans le monde occidental dont nous avons l'habitude, bien loin des paysages immenses et de l'univers minéral que nous sillonnions encore la semaine dernière en moto. La vie est d'une merveilleuse diversité et c'est bien pour cela qu'on l'aime tant !
Et coucou à Laurence !