La venue de Pyrénéens dans les Alpes est toujours un événement, il s'agit des les soigner et de bien s'occuper d'eux pour leur montrer combien les Alpes peuvent être presque aussi belles et attrayantes que les Pyrénées. Jean-Pierre et Danielle sont des amis de longue date et c'est toujours un plaisir de les retrouver. En attendant ils ne sont pas venus sans outils, parapentes, vélo, etc... Aussi leur propose t'on une petite sortie de vol-rando malgré mon incertitude quant à ma forme. Je choisis donc Orionde, parfait pour une reprise en douceur avec seulement 800 m de dénivelé.
Devant l'affolement du mercure annoncé par la météo, le réveil est réglé sur six heures et quart (le quart d'heure étant habilement négocié par Jean-Pierre). Nous commençons la marche dans la fraîcheur matinale de la moyenne montagne. Dans sa grande mansuétude Jean-Pierre allège mon sac de la bouteille d'eau que je porte en plus des parapentes, voilà une touchante attention qui n'est pas de refus. Je me rappelle quand nous étions dans la section de reconnaissance, Jean-Pierre était toujours volontaire pour porter le matériel collectif comme les pesantes radios de l' époque aussi grosses et volumineuses qu'un dictionnaire encyclopédique.
Étrangement la montée me semble beaucoup plus facile que la dernière fois, il faut dire qu'on ne voit pas passer le temps avec les nouvelles pyrénéennes que nous raconte JP, à moins que ce ne soit mon sac allégé.
Là-haut, dans une solitude bienfaisante, nous constatons l'excellence des conditions pour un retour par les airs. Une petite brise venue du sud prodigue une fraîcheur encore satisfaisante bien qu'elle dépasse déjà les vingt degrés.
Pour notre malheur l'oseille a envahi la pelouse sommitale, si encore c'était de la fraîche mais non, c'est le bon vieux rumex acetosa qui prolifère avec la présence de bétail. Cette grande plante aux fruits griffus comme des doigts de sorcière nous empêche d'étaler les voiles au plus près de la cime d'Orionde. Il nous faut donc les installer une trentaine de mètres en contrebas. Le vol sera une exquise glissade après avoir réussi à accrocher le seul thermique sous le vent du coin, au nord-ouest sur la cabane, il nous permet de remonter au-dessus du sommet non sans croiser une légère agitation au passage de la crête. Ces turbulences auront vite fait de me décourager, le vol ne durera pas aussi longtemps que les impôts. Nous nous retrouvons tous sur la prairie fraîchement tondue de l'atterrissage de La Boutière.
Nous plions les parapentes sur le bord du terrain dont la surface vibre sous l'action du cuisant soleil. Non loin de nous, une accorte jardinière arrose son magnifique jardin potager. Une conversation légumière s'engage et nous tombons d'accord sur les bienfaits des produits de son propre jardin. De joie, elle cueille une belle laitue iceberg pour nous l'offrir, ce soir nous commencerons le repas par la savoureuse salade d'Orionde !
Ps: Après un bon pique-nique à Prapoutel, nous ne saurions que vous conseiller la visite du nouveau musée d'Allevard, fort bien agencé, avec une exposition temporaire des œuvres d'un peintre qui se dit artiste marcheur, une sélection de planches pleines de poésie à laquelle s'ajoute une subtile description des affres de sa pensée.