On a beau ne pas être superstitieux, la conjonction du vendredi avec le treizième jour du mois est synonyme de tuile, mais est-ce une raison pour ne rien faire ? Ce matin donc nous partons chercher le calme sur le site de Montlambert, non loin de Montmélian. Le soleil de plomb nous pousse à choisir le chemin ombragé plutôt que les vignes à traverser gorgées de lumière. Les tee-shirts sont malgré tout rapidement imbibés de sueur, les températures sont tropicales.
Quand on arrive deux heures plus tard sur le terrain d'envol, les flammes indiquent clairement un vent arrière peu favorable à notre extraction terrestre, serait-ce dû à ce jour maudit ? Mais pire encore, alors que nous observons le paysage surgit brutalement un avion militaire, il passe sous le décollage dans un vrombissement infernal avant de brusquement virer à gauche en cabrant pour passer juste par-dessus le Morbier Pelat, toujours à des altitudes compatibles avec une trajectoire de parapente....
Quoiqu'il en soit le thermique, peut-être déclenché par le passage du bombardier, daigne enfin se mettre en place permettant un décollage serein. Toutefois nous savons combien les militaires aiment voler par deux, aussi hésitons-nous à nous mettre en l'air, un accrochage avec l'un d'eux aurait des conséquences funestes !
Le vol commence très calmement avant d'accrocher quelques thermiques assez bas, c'est pas plus mal. Alors que je m'applique à enrouler l'ascendance, débouche dans la vallée un train rouge, c'est le Frecciarossa ! Le fameux TGV italien de nouveau en service en France depuis la réouverture du tunnel du Fréjus ! Il me faut quitter précipitamment le thermique si je veux réussir au moins quelques photos aériennes de la flèche rouge. A la faveur d'un ralentissement imprévu du rapide, j'arrive à prendre un ou deux clichés à peu près potables avant de retrouver ma belle pile-poile sur la cible centrale de l'atterrissage.
Évidemment avec ces températures caniculaires, une baignade au lac de Carouge est indispensable pour se rafraichir un peu, d'autant plus que ses eaux sont toujours fraîches. Nemo nous indique d'ailleurs qu'elles ne dépassent pas 20 degrés, parfait pour un pique-nique avant de retourner dans le sauna grenoblois. Finalement la tuile du vendredi 13 n'aura pas lieu !