Mille mètres sous les semelles... la vallée de l'Isère est encore loin, le fleuve sombre serpente doucement en larges méandres, le temps semble arrêté depuis le moment où mes pieds ont quitté le sol au dessus de la face nord du Grand Colon. Rien, absolument rien ne vient perturber la grande glissage vers la vallée d'or. Quelle est longue cette descente, et j'en profite, confortablement assis dans ma sellette au demeurant minuscule. Il est des jours où la montagne s'offre totalement, aucune trace d'agressivité, tout est rondeur et doux balancements.
Pourtant, j'ai bien eu quelques craintes durant la montée sur la croupe Sud-Ouest, d'abord une grosse couverture nuageuse au lever du jour, et puis assez haut sur le parcours, une brise de nord laissant augurer des conditions limites au sommet. C'est seulement en arrivant sur la cime ronde et nue que mes doutes se sont envolés, une petite brise de nord parfaite, et surtout l'absence totale de congères, qui auraient rendu la course d'envol délicate.
Alors dans l'azur étincelant il a fallu étaler tout le merdier et tacher de ne rien oublier. C'est souvent quand tout semble se dérouler comme dans un rêve que la tuile tombe, une ficelle entortillée, une sangle pas bien verrouillée que sais-je encore ! Le rêve est resté doux jusqu'à l'atterrissage et même au delà.... puisqu'il m'a suffi de lever le pouce à Domène pour qu'un Revellois de souche, fasse un détour et me raccompagne jusqu'au parking des 4 chemins !!!!
A 16h Le soleil inonde encore la maison,
Numb passe à fond sur la chaine ,Le vendredi 5 novembre 2010 est à marquer d'une pierre blanche
PS Gros Merci au soutient logistique de Loïc qui m'a envoyé hier à Paris une photo du Grand Colon pour que je puisse en juger la praticabilité!