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Sortie · Parapente

Zénitude au sommet

Le 27-10-2021 par Michel Pila · Dévoluy · Le Châtel (Bonnet de Calvin) 1937 m

4Durée
1077 mDénivelé
7 kmDistance
21' Temps de vol
1950 mPlafond max
V1Cotation vol
ToutesOrientation
1937 mAltitude

Récit

Moments extraordinaires que l'arrivée au sommet du Bonnet de Calvin, seuls au monde avec pour unique compagnon une bande de chocards qui virevoltent autour de la cime. L'atmosphère est douce et apaisée, rien ne presse pour s'envoler alors nous goûtons à sa juste valeur le bonheur d'être là, tranquillement installés sur cet immense fauteuil qu'est le Châtel, face au monde qui s'étend sous nos pieds.

Prendre la mesure des jours qui nous restent encore à vivre et respirer pleinement l'instant présent, voilà le programme. Quand en plus on peut grignoter un délicieux biscuit Petit Ecolier, comme quand nous étions petits... Alors c'est le nirvana. Le passé rejoint le présent pour quelques furtives secondes. Mais il est temps de préparer les voiles, celles qui vont nous porter paisiblement dans l'air cristallin.

Une dernière fois nous inspirons l'air diaphane du sommet avant de nous envoler. Au loin les derniers bans de brumes terminent de s'effilocher à travers les branches de quelques frênes jaunis. En fermant les yeux, on entend le planant "When Jesus Wept" que chante si bien le « Hilliard Ensemble » magnifié par le saxophone aérien de Garbarek. Hélène s'envole directement vers l'atterrissage côté ouest pendant que je vais zoner derrière la montagne sur son versant oriental afin d'accrocher les thermiques du matin. Sitôt passé la crête, la musique change brutalement, c'est le déferlement sonore de AC/DC, les thermiques sous le vent sont déchaînés, je me fais avoiner et la Masala pourtant stable se tortille dans tous les sens. J'insiste pour passer par dessus le sommet mais un riff furieux de Angus Young calme mes ardeurs, autrement dit une violente fermeture me fait perdre 200 mètres. Mort de trouille, je repasse in extremis en versant ouest par le col de la Brèche.

Instantanément Garbarek revient pour me bercer d'une langueur automnale jusqu'au terrain d'atterrissage où Hélène vient de se poser comme une fleur. Une sortie toute en douceur si je n'avais pas bêtement décidé d'aller affronter l'enfer sous le vent du sommet.

Les conneries j'y aime !

Licence Creative Commons BY-NC-SA

Photos 14

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