Ce matin il s'agit de se lever tôt, le ciel bleu devrait être vite encombré de cumulus en raison d'une instabilité manifeste de la masse d'air, bref c'est le printemps.
Bizarrement le réveil n'est pas difficile alors que 6h n'a pas encore sonné sur la pendule du salon. Rapide petit-déjeuner, bagnole jusqu'à Mens et c'est parti pour une belle randonnée dans une nature exubérante. Il a dû beaucoup pleuvoir hier soir car le sentier est boueux et assez glissant. On aime bien cette balade variée mais les huit bornes et les 1100 de dénivelé entament pas mal notre capital énergie. Pour ajouter à l'effort les trois passages d'escalade faciles sont rendus délicats avec nos semelles pleines de boue.
En arrivant sur la crête sommitale, le choix du décollage est une évidence, un puissant thermique balaie déjà le versant oriental du Châtel, ça pulse ! On déballe le matériel sans trop l'étaler compte-tenu de la brise montante qui nous fait face, on démêle les suspentes comme on peut et une fois dans la sellette on attend l'accalmie pour s'envoler.
Si Hélène décolle à la perfection avant d'entrer directement dans le thermique, pour moi ça n'a pas été la même limonade. Sitôt qu'elle est en l'air je saute dans ma sellette pour me préparer et c'est à ce moment qu'un dust, ces tourbillons de poussière, me prend la voile pour me la mettre en vrac. Le parapente en papillote, il me faut tout remettre en place et attendre la prochaine accalmie, celle-ci ne tarde pas mais j'aurais peut-être dû attendre la confirmation du créneau car à peine ai-je gonflé la voile qu'un dust vicieux me soulève du sol, j'ai beau temporiser, l'aile me passe devant. Emporté par mon élan, un dernier coup de frein empêche la fermeture fatale mais j'avoue ne plus rien contrôler concernant les cinq secondes suivantes, ça vole, mais pas où je veux aller ! Je garde le cap vers l'est en espérant m'éloigner du relief avant d'entrer enfin dans le thermique, ouf !
Après ce décollage pas très académique, la suite est beaucoup plus heureuse. Ça monte de partout mais je n'y reste pas, ce départ m'aura un peu refroidi. Je passe par dessus le sommet et file retrouver ma douce qui plane au-dessus de Mens. Pour changer nous nous poserons sur un terrain qui semble officiel, en jachère et pas loin de l'aérodrome international de Menglas. Le trafic y est intense puisque trois zincs y stationnent.
On termine à l'apéro chez nos amis de Menglas, à force de venir ici on commence à connaître du monde !