Des fois j'ai un peu l'impression d’être comme Jacques Maillol du Grand Bleu mais à l'envers! S'il ne se sentait bien que dans les abimes bleutées de l'océan, moi je n'aspire qu'à vivre au firmament entre la neige des cimes et l'infini du ciel....
C'est bien joli ces considérations oisives totalement déconnectées de la réalité mais qu'en est il de ce Grand Colon ? He bé c'est toujours aussi beau! A 7h15, le pouce levé au bord de la route de Revel, j'ai des doutes sur le nombre de randonneurs qui pourraient éventuellement me monter à Freydière, du coup, changement de programme ce sera en bagnole jusqu'en haut. Après une première partie du sentier en sous bois, l'horizon s'ouvre brutalement au dessous du refuge, l'air limpide de cette seule journée de beau temps prévue permet de discerner le moindre monticule. En l’occurrence le Mont Aiguille resplendit tout au fond du paysage...
L’apathie du moment se transforme en joie!
La pioche en aluminium ne sera d'aucune utilité, la neige pourtant béton est quasiment absente du parcours si l'on prend soin de louvoyer entre les plaques blanches et si l'on bifurque au dessus de l’entonnoir vers l'épaule Sud-ouest complètement déneigée jusqu'au sommet. Perché sur un promontoire, je ressens l'air pur qui s'écoule langoureusement en provenance du sud...
La joie se transforme en félicité!
Au sommet un regard circulaire sur le monde qui m'entoure me donne le vertige, pas une brume ne vient troubler le regard, pas un nuage à l'horizon, et une douceur sous le soleil qui tranche avec ce départ dans la froidure de l'aube.
La félicité devient béatitude...
Pour finir, je me lance avec délectation dans le bleu du ciel. La pente orientale est alimentée d'une petite brise idéale, la neige est juste revenue sur le dessus, permettant une course facile en toute sécurité, le piolet est soigneusement emmailloté dans le sur-sac de la voile pour éviter toute blessure.... Une fois en l'air, il suffit de se laisser aller aux doux balancements de la voile, et laisser trainer son regard au gré du relief, la terre entière s'offre à moi.
Quant au vol on pourrait parler de Nirvana...
C'est bien gentil ce panégyrique de la sortie du jour, mais qu'en est il du retour en stop? Une Galère? Eh bien pas du tout...
Ayant visionner les délicieuses vidéo de Youssef - un vaillant parapentiste Dijonnais - et notamment celle étonnante de son
retour en stop après un cross de titan, je décide d'adopter la même méthode : ne surtout pas plier le parapente et lever le pouce avec la voile en chiffon à ses pieds.... C'est un succès total, il ne passe pas une voiture sans qu'elle ne s’arrête, intriguée par cet aéronef étrange fait de ficelles et de chiffons. Me voilà vite au parking des quatre chemins à plier la voile certes un peu emmêlée par ces chiffonnages successifs.
Moralité, pour faire du stop, prenez un parapente en boule ça marche du tonnerre!
Ps une autre
vidéo de Youssef plus courte et plus amusante
Grand Colon
Retour en stop !