Le printemps s'annonce doux et agréable.
Dés le départ au dessus de l'harmonieuse petite chapelle, il fait bon, l'air embaume des premières senteurs, pourtant la nature est encore en sommeil, en bas des carrées de violettes ponctuent les prairies encore rases, plus haut ce sont des centaines de crocus qui émaillent le sol encore brun. On ne peut pas dire que la neige nous aura gênée, il n'y en a pour ainsi dire plus... tout au plus quelques reliquats de névés planqués dans les combes abritées. Il ne reste plus qu'a terminer cette petite balade fort agréable.
Dés notre arrivée dans la combe du chat pendu, une petite brise bien fraiche de nord a joué à entretenir un mystère jusqu'au sommet. Il est bien connu qu'une tendance nord au Sénépy est vite amplifiée par le relief... il n'en est rien, là-haut la brise est finalement douce. La vue incroyable à 360° laisse apparaître les hauts sommets bien blancs de neige, le plus spectaculaire reste le Grand Veymond avec des pentes enneigées faisant ressortir les immenses falaises jaunes. La vie est belle, il ne reste plus qu'à nous préparer tranquillement, ce ne sont pas les vaches qui nous gênerons aujourd'hui, il n'y a pour l'instant rien à brouter d'autre que les myriades de petites fleurs qui égayent le sommet. Quand on pense à l'épaisse
végétation qu'il y aura d'ici trois mois!
Avec cette brise un décollage face voile est un exercice de style possible mais non obligatoire, d'ailleurs une fois prêt devant un tas informe de tissus, le vent molli momentanément. Cependant après quelques minutes la brise reprend, il ne reste plus qu'à faire quelques gonflages pour remettre en place toutes ces ficelles et puis un demi-tour et hop dans la face nord encore couverte de neige. Son aspect hivernal tranche avec les pentes ensoleillées remplies de crocus. Pour le vol en stationnaire devant le relief c'est raté, la brise est un peu trop faible, cela dit en vol montagne il vaut mieux pas assez de vent que trop. Luc est déjà en l'air alors que je quitte la belle face nord. La suite du vol est une longue glissade dans des thermiques encore peu vigoureux, cependant à voir les ronds cumulus qui naissent ici ou là, la journée promet d’être tonique.
Notre vol ne durera pas plus qu'un tir balistique si l'on excepte les quelques pétards qui passent en nous secouant au passage. Posé tranquille dans les verts pâturages pas encore clôturés. Il fait toujours bon, le Sénépy dans sa grande bonté nous aura autorisé le retour par les airs, comme nous l'avait prédit le promeneur solitaire énigmatique parti ce matin en même temps que nous.
S
Senepy
Et les vaches...