Mont Forel traversée Ouest-Est

Mont Forel traversée Ouest-Est

  • Altitude départ : 2300
  • Altitude sommet : 3360
  • Dénivelé : 1060
  • Temps de montée : 14h
  • Orientation : Ouest
  • Itinéraire :
    • sur glacier
    • en boucle

Itinéraire

Etablir le camp de base dans le cirque de Forelporten.

MONTEE (face Ouest):
Monter à un col situé à l'ouest du mont Forel (40°). Emprunter un couloir qui se raidit au fur et à mesure (40-55°). On arrive alors à un resserrement entre des rocher. De là deux possibilités: Si vous avez du bon matos de glace, tirer tout droit (60-65°, en glace). Sinon, tirer à droite sur 4 longueurs dans du superbe rocher rouge pas dur. Ensuite, on retrouve une pente moins raide (45-50°) qui mène sur la calotte sommitale en 3 longueurs. Gagner ensuite le sommet à ski (si vous avez eu le courage de les porter jusque là!).

DESCENTE (face Est):
Ensuite, pour la descente, partir au sud-est (au chausse au sommet!), rejoindre une arête rocheuse. Descendre à gauche de l'arête (50-55°) ou désescalader un peu par l'arête pour rejoindre la pente de neige un peu plus loin (45°). Franchir la rimaye rive gauche. Ensuite il faut rentrer au camp, une dizaine de Km de plat. Cette course est extraordinaire puisqu'elle cumule de la neige, du rocher, du ski, et tout cela dans une ambiance très sauvage.
A voir sur le web

Précautions

Prévoir un minimum de matériel de glace, la montée est raide et des sections peuvent être en glace dure.


Commentaires difficultés

C'est assez exposé: large rimaye en bas. On peut aussi monter par l'itinéraire de descente mais ça a moins de charme.

Commentaires

anonynmous
21-06-2004 10:24:19

There is a generation that is pure in their own eyes, Yet are not washed from their filthiness. GomerPile Home Based Travel Business Agency

jerz
12-05-2004 12:48:49

ca fait rever :)


anonynmous
02-04-2004 13:56:56

et ben non, contrairement a ce qu'on pensait, on pas eu trop de problemes de ce cote la. Sam, qui avait le plume, avait emporte un sursac en Goretex. Apres une ou deux utilisations, et voyant son duvet plume tout humide le matin, il a laisse tombe le sursac, et c'etait beaucoup mieux. C'est vrai qu'on condense pas mal, mais ca gele sur le double toit. Les jours ou on est reste dans la tente pour cause de mauvais temps, ca avait tendance a degeler, et a gouter sur le toit de la tente. Heureusement, les tentes northface sont pas mal pour ca, le toit est un peu traite deperlant. Il fallait quand meme bien penser a ouvrir un peu les absides pour evacuer l'humidite. Quand on montait la tente l'apres midi, le double toit etait tjs trampe (degele du givre de la nuit), mais avec le soleil et la secheresse du milieu, ca sechait assez vite heureusement. Il faut rappeller qu'on a eu une 30ene de jours de beau temps En plus, a mon avis, les nouveaux duvet en plume ne craingne pas autant l'humidite que ceux de nos parents !


anonynmous
02-04-2004 13:08:03

Duvet plume / synthé ? J'imagine que ça condense à trois dans votre tente... quelle technique pour faire sécher?


anonynmous
02-04-2004 11:33:07

Je faisais aussi parti de l'expe, donc je vais essayer de t'en dire un peu plus. Les conditions, on pourrais dire que c'est desertique ! La nuit, ou les heures correspondantes, il fait assez froid, environ -20deg. Si tu ajoute a ca le vent, toujours present, quand tu es dehors, ca caille vraiment. Mais en milieu de journee, vers 12h-2h, quand le vent se calme, alors tu as une impression de chaud, environ +10deg. Donc sous la tente, quand le soleil tape, il fait carrement chaud ! Donc comme duvet, on avez 2 synthetique et 1 plume (on etait 3). Comme tu passes quand meme 35 nuits sur la calotte, il faut mieux ne pas avoir froid pour bien dormir. 2 Duvets etaient confort -18, et un -11 (le miens), je dormai avec un pijama polaire + chaussettes. La journee, comme on marche tres tot, aux temperatures le plus froides (entre 3h du mat et 12h), T-shirt doudoune puis polaire+polaire windstopper convenais bien. Ce qui est fou, c'est le changement de temperature vers 9-10h du mat, ca passe de -15 a +5 en une heure ! Bat


ben
02-04-2004 08:39:15

Salut Sam, Je voulais savoir quel type de condition vous avez rencontré là bas? La température est elle supportable? Quel équipement spécifique utilisez vous la journée? Et la nuit tu as quoi comme duvet (duvet, synthétique, temp de confort)? Merci


sam
30-03-2004 23:03:43

Eh oui! Les saisons de ski qui durent 10 mois, une fois qu'on s'y habitue... :D


Luc
30-03-2004 22:17:20

Excellent! Bonne continuation à toi... t'emmènes tes planches alors...


sam
30-03-2004 22:10:00

Pour moi oui puisque je repars travailler 2 mois à Ammassalik cet été avec Robert Peroni. Quant à Rémi et Bat, les idées ne manquent pas pour refaire un truc ensemble, reste plus qu'à se bouger! En tout cas, tous les motivés pour échappper à la canicule seront les bienvenus au Groenland! :wink: Sam


Luc
30-03-2004 21:26:21

:arrow: A LA RECHERCHE DU MONT FOREL, article de Sam Certain et ses compères à lire dans le dernier Montagnes Magazine [n°280 / avril 2004 / page 58]. :!: Pour mémo, les topos de Sam sont là : http://www.bivouak.net/topos/liste_course.php?id_massif=92&id_sport=1 :!: et son site perso truffé d'infos ici : http://expeditiongravicime.free.fr/ :wink: Eh Sam... l'aventure continue?! .


Luc
18-11-2003 00:21:11

Bravo à Sam et sa bande pour cette expé... Je vous recommande la visite de leur site internet où ils retracent dans le détail cette belle aventure. http://expeditiongravicime.free.fr/ Encore bravo!

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Topo créé le :

250 km d'approche


Situation




Sortie du 26-07-2003

Aujourd’hui, c’est le jour tant attendu, on va faire (enfin) le Forel. Hier, on a repéré une voie qui a
l’air de passer tranquille : on monte sur un col à droite de la face, on descend un peu de l’autre coté
et on attrape un glacier sur l’autre versant qui nous conduit au sommet facilement.
On se lève à 4h, on déjeune doucement en discutant puis vers 6h, on chausse les skis et en avant. On
part en chantant « le porte feuille de Manu Chao ».

Après 1 h, on est au pied du col, on mange une barre puis on attaque à ski. La pente se redresse, alors on cramponne. On franchit la rimaye qui est bouchée, puis finalement on arrive au col en
traversant légèrement à droite. Et là, surprise, ça plonge directement sur le Paris Gletscher. La
solution envisagée tombe à l’eau. Heureusement, nous en avons une de secours ! Direct. Il y a un
couloir qui part du col et qui trace entre les rochers jusqu’à la calotte sommitale. On s’y engage, la
neige est bonne ;

Peu à peu, la pente se redresse. Je vais devant, et pour moi, ça roule, mon piolet ancre bien, mes crampons vont pas mal. Mais je n’ai pas pensé à Rémi qui a des crampons tout juste bons pour aller à la plage et Bat qui a une pioche impeccable pour retourner les pommes de terre.

Donc, quand sur la fin, ça se raidit encore et que ça devient en glace, je suis 10m au-dessus de Rémi, qui s’arrête sur un rocher, et sort la corde à juste titre. Je ne peux pas trop descendre donc je reste campé sur mon piolet en attendant que Bat rejoigne Rémi, qu’ils sortent l’artillerie : une broche, puis me l’ envoit que je puisse sortir la deuxième moitié de l’artillerie : l’autre broche. Je m’encorde après une bonne bataille puis désescalade jusqu'à eux. Je me suis un peu emballé sur ce coup, mais bon, on a maintenant un bon relais et on réfléchit à la stratégie à employer. Il paraît difficile de passer par la glace avec le matos qu’on a. Rémi traverse donc à droite pour tâter la neige
au-dessus : pareil, glace. Il redescend et tire encore à droite. On le rejoint, il continue une autre longueur. Ce n'est pas très dur mais super joli, on passe dans du rocher rouge, avec tout le Schweizerland qui s’ouvre à nous, peu à peu.

La seule inconnue demeure l’issue de cette traversée. Il n’y a pas de voie répertoriée sur cette montagne donc on avise au fur et à mesure. Je continue ensuite encore deux longueurs puis je vois une possibilité de rejoindre le sommet de la calotte sommitale. A cet endroit, la pente est un peu moins raide et on a changé de versant, donc la neige sera peut être meilleure. Le relais est béton. Je pars avec deux piolets, puis je taille des marches avec mes crampons. A bout de corde, en creusant la neige, je peux mettre une super broche ; ça s’annonce bien, la neige est nickel. Je renvoie un piolet en bas, Bat et Rémi me rejoignent et je repart. On fera trois longueurs de la sorte et enfin on arrive sur une pente de neige pas raide qui va nous conduire au sommet. On marche un peu puis on chausse les skis qu’on se trimballe sur le dos
depuis le matin.

Le sommet est assez loin mais finalement, à 14h, on y est. On s’embrasse. Ce paysage est magnifique. Il y a d’un coté des sommets très alpins, de l’autre, la calotte qui paraît infinie, il y a aussi les montagnes qui sortent de la calotte faisant penser à des îlots sur la mer. Bref, il faut le voir pour le croire. C’est un moment magique, on en parle depuis un an, on a marché 15 jours pour arriver au pied et on a ensuite bien bataillé pour gravir le sommet. On fait plein de photos pour les sponsors, pour nous ; on mange un peu, on boit un peu, puis après deux heures passées au sommet, on se décide à descendre. Mais par où ? That is the question. Par là où on est monté, ça risque d'être un peu galère pour tirer à nouveau des longueurs puis en plus, il y a une grosse corniche au-dessus du couloir, et qui chauffe à mort l’après midi. D’après les renseignements qu’on a eu, il y a une voie de l’autre coté, on va tenter cela. On chausse puis on attaque la descente. Hélas, on butte sur une barre de séracs. On remonte. De la tente, on voyait un couloir qui paraissait peut
être skiable.

On va voir en haut. Je descends avec Rémi. Le couloir est raide, on n'a pas les couilles de s’y lancer à ski. Rémi descend encore un peu sur un rocher et voit que les séracs où on était s’arrêtent et qu’il y a peut être une arête. On remonte à nouveau, on remet les skis et on redescend.

On trouve cette fois une arête qui tombe sur un col où on pourra peut être chausser les skis. On attaque alors une désescalade avec les skis sur le sac. On est a nouveau dans le rocher (granit) rouge, pas très solide mais sympa à descendre. On descend une centaine de mètres dans les rochers. On a bien fait taper les skis partout et maintenant, il va falloir les mettre. Le moment est crucial. La neige est bonne, très dure avec une couche très accrochante. C’est raide, la chute est interdite. Il faut le moral pour encaper le premier virage. Rémi y va premier, puis moi et ensuite Bat. Cette fois, on est lancé. La confiance est là, la neige ne comporte pas de « surprises ».

On descend alors assez vite en zigzaguant un peu pour rester au moins raide. C’est vraiment le bonheur d’enchaîner les virages dans cette pente au bout du monde. On franchit la rimaye. Encore quelques courbes et on est en bas. Reste à mettre les peaux et se taper une dizaine de bornes de plat. Ce qui est fait. Enfin la tente, la soupe, la purée, la tise, et le duvet. On s’endort à minuit, ivre de joie et de fatigue.

Le mot Forel aura été une journée hors du commun. Nous avons réalisé un itinéraire en traversée très élégant avec de la neige, du rocher, du ski et du plat pour rester dans l’esprit Groenlandais. On l’a fait et d’une belle façon, ce sera un souvenir inoubliable.

Marche : 14h


  • Horaire : 8h
  • Dénivelé : 1000 m
  • Altitude chaussage : 2300 m
  • Altitude déchaussage : 2300 m
  • Risque avalanche : 1/5
  • Participants : Rémi et Bat

Identification

( ) bivouak.net

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