Le Pérollier par le sentier du diable

Les nuages arrivent

Données de la sortie

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  • Date : 09-06-2007
  • Durée : 3h00
  • Dénivelé : 1100 m
  • Participants : Jacques

Nuages à tous les étages.

Comme il est annoncé une atmosphère humide, je me suis dit qu’une face Ouest le matin ne devrait pas entraîner de développement nuageux trop précoce. Que nenni ! Dès 9 heures, de superbes cumulus allant de 1200 à 2600 jalonnent le plan de vol jusqu'à le contrarier. Il a du y avoir un orage important hier car les herbes sont gorgées d’eau. A chaque pas, la rosée arrose copieusement nos pompes et rapidement je marche accompagné d'un lancinant grouic grouic tellement mes pieds nagent dans les godasses. Y faudrait que ça vole sinon bonjour les ampoules avec cette humidité!

Tiens justement, parlons-en du vol, les nuages se forment et se déforment à une vitesse impressionnante. Par deux fois, tout espoir de vol s’est effacé tant les masses cotonneuses emprisonnaient le sommet. Sur la crête finale, autre mauvaise nouvelle, un léger vent du Nord nous forcerait à un décollage dans le sens opposé au vol, et contourner la montagne avec une visibilité nulle est au dessus de mes possibilités. Avoir un GPS, c'est bien, être équipé d'instruments IFR c'est mieux, mais ce n'est pas le cas. Alors nous entamons la descente à pied, une éclaircie providentielle se dessine et un beau thermique relance une brise venant du Sud. Il n’en faut pas plus pour étaler nos outils dans une herbe gorgée d’eau. C’est la course contre la montre. Mes suspentes ne s’emmêlant jamais, je fais l’impasse sur la préparation minutieuse. Grosse erreur, c’est justement ce jour qu’une sournoise et monstrueuse clé me fait rater un décollage. Le temps de ré-étaler la voile pour finir de la tremper copieusement, le ciel se referme inexorablement… Serions nous maudits du slip aujourd’hui ?

Finalement non. Les nuages une nouvelle fois semblent s’écarter, alors, un peu comme Moïse traverse la mer rouge (Ah ah ah), je passe entre ces masses monumentales qui semblent se refermer derrière moi. Jacques, qui s’apprêtait à décoller juste derrière, rate également un décollage, exactement pour la même raison que moi, nous ne sommes pas jumeaux pour rien. En l'air, je scrute les monstres de coton derrière moi, en attente dans un thermique étonnant à cette heure matinale. Rien, rien à l’horizon, J’espère que nous n’allons pas rejouer le scénario du dôme du Goûter où Jacques, après avoir été l'assistant au décollage de tous ses amis et après avoir récupéré toutes les cordes et le matos afin de s’alourdir face à un vent de plus en plus fort, avait fini par renoncer au décollage et s’était tapé la descente à pied, chargé comme un bourricot.
Non finalement le voila ! Il apparaît par magie d’un ventripotent cumulus, recraché comme un noyau de pêche. Plus bas, l’air est calme et nous finissons dans un champ fraîchement taillé. La boulette du jour, c’est la mémoire de l’APN, évidemment pleine à craquer alors que je m’apprêtais à faire la photo, sinon du siècle, du moins de la journée.

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Jacques arrive à l'attéro

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