Mont Granier par le Pas de la Porte

Décollage imminent

Données de la sortie

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  • Date : 19-05-2007
  • Durée : 2h30
  • Dénivelé : 1000 m
  • Distance : 5.107 km
  • Participants : Seul

Données de l'itinéraire


Je ne suis jamais monté par là, c’est toujours très amusant de suivre un sentier inconnu, c’est lui qui mène la danse. Chaque virage est l’occasion de découvrir de nouveaux points de vue, et c’est avec surprise que l’on découvre les ruses du sentier pour parvenir au pas de la Porte. Si un brin d’air m’a accompagné longtemps en bas, sur le plateau c’est la pétole. Alors j’ai commencé à croire que j’allais enfin décoller de cette cime. Il faut dire qu’elle m’impressionne depuis que j’ai aperçu dans une revue de parapente il y a bien 10 ans, un vaillant parapentiste se jeter littéralement du haut de la falaise, dans l’immense gouffre de la face nord.

Loin de moi l’idée de reproduire cet exploit. Non simplement j’avais l’an passé fait le tour du sommet un jour de grand vent et j’en avais profité pour rechercher les possibilités de vol depuis le plateau sommital. J’avais trouvé deux options décentes mais pas trois.

Au décollage, c’est une brise parfaite, alimentée par 1000 m de face lumineuse, exactement perpendiculaire aux rayons du soleil levant. Dans l’axe du décollage trône le Mont Blanc, gigantesque au milieu de la lumière éclatante. Deux ou trois chocards profitent déjà des premiers thermiques et font du surplace 50 mètres devant moi. Exceptionnellement je tiens une flamme de PQ à la main, non pas que je me chie dessus, mais plutôt pour bien matérialiser la brise et démarrer au bon moment. Le décollage ne permet pas l’approximation, il est beau mais sous la pente... la falaise. La voile est bien étendue sur un tapis de verdure bien rase et quelques pierres trouvées sur place retiennent le bord de fuite des caprices du thermique. Une petite impulsion, la voile me passe sur la tête, un pas de plus et je quitte l’herbe tendre.

J’entre dans l’air avec une grande expiration, le gaz est immédiat et conséquent. Je suis happé par le grand vide (style Mont Aiguille). Juste sous le décollage, une dizaine de chamois paissent tranquillement sur une vire, ignorant tout du vide qui les entoure. Je préfère m’éloigner, la face est vaste, il y a de la place pour tout le monde. Je navigue un moment dans les thermiques naissants entre Granier et Mont-blanc dont la présence est palpable aujourd’hui. Un moment rare parmi tous les matins du monde.

Je me pose tout au fond de la vallée, dans le Grésivaudan, où pas une feuille ne tremble. Retour à la voiture en stop très facilement: des parapentistes suisses dans une incroyable et luxueuse fourgonnette sans doute prêtée par le FBI d’abord, puis par un randonneur en quête de nouveaux sentiers, je lui parle du pilier Nord est, il en prend bonne note.

C‘est un superbe sommet et la descente par les airs l’est tout autant, comme une cerise sur le gâteau.

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Le Granier et son imposante face Nord
Face Nord de profil à droite
Dans l'axe du décollage

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