Hier nous avons eu de la visite et ce fut une bonne soirée mais, au réveil ce matin il faut se rendre à l'évidence, il faut y aller. En effet le vent du nord qui soufflait fort est tombé et avant que le fort vent du sud annoncé ne prenne la relève, il semblerait qu'un créneau se dessine pour marcher et voler de la Dent de Crolles. Nous montons donc directement au col du Coq en bagnole avant de commencer la marche à travers l'estive complètement grillée. Manifestement cela n'a pas l'air de déranger les moutons qui broutent tranquillement le paillasson, pas plus que notre présence ne semble déranger le patou. Il faut dire que ce sentier est assez parcouru par de nombreux touristes en ce mois d'août caniculaire. L'avantage de monter tôt, c'est que le parcours est à l'ombre, toutefois en commençant la marche à 9h, le soleil nous talonne tout au long de la montée sans heureusement nous rattraper. Nous restons donc dans la fraîcheur de l'ombre portée par l'immense Dent de Crolles qui nous surplombe. De petites rafales de vent nous inquiètent durant la montée mais en arrivant au pas de l’Oeille, juste avant le sommet, trois parapentes s'envolent au-dessus de nos têtes, ça devrait être bon.
En effet, en arrivant au sommet nous sommes accueillis par une délicieuse petite brise venant du sud et parfaitement orientée pour un décollage comme on l'aime. Nous préparons donc les voiles sans plus tarder sachant probable le renforcement de la brise. Le vol encore une fois est somptueux, le départ se fait sur place, un pas en avant et on se retrouve au-dessus des immenses falaises ocres et vertigineuses. L'espace dégagé laisse une impression d'immensité, on se trouve bien petit 1700 m au-dessus de la vallée de l'Isère face à trois massifs, Belledonne à l'est, la Matheysine au sud et, illuminée par le soleil du matin, l'imposante barrière du Vercors. C'est gigantesque.
Alors que nous planons vers la vallée depuis un bon moment, décolle une mini voile, il descend à toute vitesse et va devoir atterrir en même temps que moi sur le terrain officiel mal commode déjà soumis à des rafales thermiques pernicieuses. Hélène déjà au sol me prévient de l'inconstance du vent. Nous allons nous poser en même temps, le jeune par le haut, moi par le bas. Alors que je m'apprête à faire une approche en U, une rafale vent de cul accélère mon approche, je n'aurai pas le temps de terminer mon dernier virage, je me pose comme une bouse au milieu du terrain. Toute honte bue, je me relève et rejoins le bord du terrain. C'est la deuxième fois que je me prends une pelle cette année, ça commence à bien faire !