Mais où va dormir Babayaga ? Telle fut notre interrogation en arrivant au sommet. En effet l'étrange cabane perchée sur des pattes de poule plantée sur le magnifique belvédère de la Peyrouse n'est plus.
Conscients des vertus touristiques du massif du Conex, notamment en ce qui concerne le volrando, nous repartons galvanisés vers La Mure dès potron-minet. Cet objectif offre une multitude de chemins pour se rendre là-haut et aujourd'hui c'est par Notre-Dame de Vaulx que nous marchons. Le sentier n'est pas vraiment tracé, les herbes hautes gorgées d'humidité trempent rapidement nos godasses, aussi faut-il réfléchir avant de s'engager sur les prairies trop luxuriantes. Heureusement, plus on monte moins la végétation est épaisse, nous permettant ainsi de progresser tranquillement en zigzag entre les arbres de plus en plus espacés, les pieds au sec. Les prairies sont couvertes de fleurs avec un nombre impressionnant d’orchidées de toutes sortes, plus haut les gentianes de Koch ont sévèrement morflé, le coup de froid aura eu raison du bleu intense de leur calice allongé.
L'arrivée au sommet est toujours un grand moment, le lac de Monteynard dans lequel se reflète le Mont Aiguille se découvre d'un coup d'un seul, le sphinx Obiou trône impérial drapé d'hermine au-dessus du Trièves, le sombre Oisans se découpe en contre-jour, le panorama donne le tournis ! Nous découvrons donc les méfaits de l'hiver, la petite cabane n'a pas supporté les impressionnantes chutes de neige, elle est complètement ratatinée, un enchevêtrement de poutres et de planches, encore une friche industrielle qu'il va falloir évacuer !
Question vent c'est bon, une brise bien stable souffle du nord, tous les paramètres sont au vert. Alors tranquillement et seuls au monde, on déballe le matos sur l'herbe rase comme un terrain de golf, c'est quand même autre chose que la cohue de Saint Hilaire ! Il est 10h à peine passé quand nous prenons notre envol et déjà le vario couine au-dessus de la forêt ! Pourtant on ne peut pas dire que le soleil est cuisant, un épais voile de cirrus ne laisse filtrer qu'un pâle disque d'or. La descente ne durera pas très longtemps, d'autant plus que nous posons sur le terrain officiel puisque tous les champs de Notre-Dame de Vaulx sont soit en culture soit en foin épais. Ce terrain officiel parfaitement balisé de trois manche à air permet une approche optimale. Alors que nous pensions tremper les voiles dans une herbe haute gorgée de rosée, une légère brise de sud aura séché les plus hautes herbes, nous laissant un tissu exempt de toute humidité, il faut quand même plier sur la route avant de partir chercher la caisse garée un peu plus haut.
Non vraiment ce vol rando est un des plus beaux du coin, et si facile, ce qui ne gâche rien !