Aujourd'hui est un grand jour, c'est dimanche, le jour du seigneur. Aussi toutes les petites sœurs du couvent de Chalais sont en effervescence, la traditionnelle messe de dimanche attire toujours une foule de prieurs venus des quatre coins du département. En arrivant au monastère, nous saluons deux d'entre elles affairées à l'accueil des pèlerins. Ne sachant pas comment les saluer je m'aventure quand même à leur souhaiter une bonne journée.
- Bonjour Mesdames, mais plutôt devrais-je dire mes Sœurs ?
- Les deux sont possibles, me répondent elles. Ne sommes-nous pas des dames avant d'être des sœurs ?
Je lis dans leurs yeux une grande admiration, non pas pour ma personne rassurez-vous, mais plutôt à l'attention de notre compagnon du jour, Jeannot en l'occurrence, puisque c'est le petit fils de Dieu... En effet son père s'appelait Jésus !!! D'ailleurs Jeannot nous portera bonheur puisque les conditions de vol seront absolument merveilleuses. De larges et doux thermiques nous soulèveront jusqu'au-dessus de l'église du couvent.
Nous volerons portés par les paroles de la cantate du dimanche BWV 96 du divin Jean Sébastien Bach que pourraient chanter sous nos voiles les fidèles, dont les notes s'échapperaient de l'exquise chapelle du monastère :
Conduis-moi donc, ô Dieu, sur le bon chemin,
moi qui suis sans lumière,
qui en suivant mes sens
ai si souvent coutume de m'égarer ;
mais tu n'as qu'à marcher à mon côté, qu'à me conduire avec tes yeux,
alors mon chemin me mènera certainement au ciel.
Ach, führe mich, o Gott, zum rechten Wege,
Mich, der ich unerleuchtet bin,
Der ich nach meines Fleisches Sinn
So oft zu irren pflege;
Jedoch gehst du nur mir zur Seiten,
Willst du mich nur mit deinen Augen leiten,
So gehet meine Bahn
Gewiss zum Himmel an.
Nous retrouvons Jeannot et Jacqueline au pied de L'Aiguille de Chalais pour partager un délicieux repas sous le signe de l'Espagne avec une Sangria limonade qui accompagne la Fameuse Fideüa, un plat typiquement Valencian.