"... Je mesure les pentes au clinomètre pour éviter de dire des bêtises comme on l'a fait durant des années (...) On a dit qu'on pouvait skier dans du 60 ou 65°, alors que les descentes les plus difficiles ne dépassent pas 55°..." explique Pierre Tardivel, revenant d'une énième première. [face nord du Grosshorm - 8 juin 2000]
Bien sûr, selon les conditions, on se fera plus peur sur une neige dure à 40 °que dans trente centimètres de poudreuse à 45°...
Et pour tourner? c'est ici pour une leçon virtuelle, et hop!
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Pente raide = pente comportant des passages à 45°, ou présentant une inclinaison moyenne supérieure à 40° sur un grand dénivelé.
Pente extrême = pente comportant des passages supérieurs à 55°, ou présentant une inclinaison moyenne supérieure à 50° sur un grand dénivelé.
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En 1935, Schintlmeister et Krügler descendent la face nord du Hochten (Tyrol) : 45° sur 1000 mètres...
Le ski extrême, ce serait quelques trente-cinq années plus tard : en 1967, Sylvain Saudan descend le couloir Spencer à l'Aiguille de Blaittière, et, en 1968 le Couloir Gervasutti au Mont-Blanc du Tacul. Il en enchainera bien d'autres avec tout l'arsenal médiatique à ses côtés (dépose hélico, porteurs, etc.).
Heini Holzer écrème lui-aussi les grandes pentes des Alpes, mais dans un style plus épuré (chute mortelle en 1977).
Anselme Baud,
Patrick Vallençant,
Jean-Marc Boivin,
Pierre Tardivel,
D. Chauchefoin,
Gérard Chantriaux,
J-P. Bonfort,
Volodia Shahshahani, reprennent à leur compte cette technique qui se rapproche étroitement de l'alpinisme : aller là où les yeux ont vu en montant à pied, et, redescendre les skis aux pieds...
Telle est l'éthique, avec la frustration parfois de ne pas pouvoir redescendre à skis... Mais entre renoncer et revenir au bercail ou... à vous de choisir!
- Chronologie de la pente raide 1967-2000 (Tableau tiré du magazine Alpinisme et randonnée, n° 227, décembre/janvier 00/01 [p 54], par Pierre Tardivel).
Dans le même temps que cette conquête des pentes raides dans les Alpes, des skieurs s'expatrient sur les pentes raides en hautes altitudes...
Bref retour en arrière, en 1930 descente des flancs du Ramtang Peak (à 6550 m) par Schneider et Smythe ; descente du Col Meade - 7138 m (Kamet) par Holsworth en 1931.
En 1964, Stammberger -autrichien- descend la face ouest du Cho-Oyu, depuis 8100 m. Soit soixante mètres sous le sommet!
1978 : Afanassief et Jeager attaquent la descente de l'Everest à l'altitude de 8200 m.
Echec au Broad Peak pour Vallençant et Bettembourg, faute de neige!
La tempête repousse A. Baud, puis S. Saudan en 1979 Daulaghiri.
Morin se tue dans la descente de l'Annapurna en 1979 [Lire Les tigres des neiges - Bernard Germain].
1981 : Millinger et Wörgötter -autrichiens- réussissent la descente du Manaslu.
En 1982, succès de Saudan au Gasherbrum I (8068 m).
1984, Patrice Bournat réalise la descente du Gasherbrum II (8035 m). Thierry Renard part du sommet à l'automne 1985 pour descendre la face sud-ouest avec Michel Metzger.
Automne 2000, la descente intégrale de l'Everest est réalisée par
Davo Karnikar.
Cette descente clôt d'une certaine manière la course à la plus haute descente...
Et le 27 mai 2024, Bartek Ziemski chausse ses skis au sommet du Kangchenjunga, mettant un point final au dernier des 8000 encore vierge de traces à ski !
Mais, restent encore bon nombre de sommets et de faces vierges de trace!
