Récit
Ce matin, c'est bien l'heure à laquelle blanchie la campagne, l'herbe de Puygros est toute givrée! les gants ne sont pas de trop, les températures sont presque négatives (si tant est que le zéro puisse être négatif). Cependant le chemin raide aura tôt fait de mettre mon diesel à température. Le sentier se déroule dans fraicheur du matin, j'ai beau être matinal, déjà un trailer descend avec son chien, nous échangeons quelques mots et chacun continu de son coté, en arrivant dans la prairie finale, la brise est déjà montante malgré l'exposition et l'heure indue. Le sommet est peuplé de randonneurs et l'herbe pour y accéder magnifique, rase et verte, un vrai terrain de golf !
A la cime les conditions sont bonnes mais sans plus, un très léger vent d'ouest ne facilite par l'envol de la croix. Qu'a cela ne tienne, il y a une superbe croupe mieux orientée à l'est du sommet. Alors que je rêvasse au sommet, un avion taxi passe en tirant un planeur sur la face Est de la galoppaz. Ça à l'air de ramer. Et puis sur le sommet suivant ils montent brutalement, le taxi lâche son client et voilà que le planeur monte en larges cercles, manifestement une journée de feu se prépare. Il est 10h15 et le planeur est en quelques minutes 500 plus haut que la butte insignifiante.
Aussi éloigné que porte le regard, c'est a dire pas bien loin avec cette brume, chaque sommet possède son chapeau de coton blanc.... il n'y a guère que sur le mien où rien ne se passe, faut dire que ce n'est pas vraiment un site du matin. Après un décollage un peu foireux pour cause de vent de travers, le parcours est agrémenté que quelques petites bulles amusantes. Un Chamois détale sous mon ombre. A l'attéro je recroise le trailer en voiture qui me propose de me reconduire à ma caisse, j'ai beau lui dire qu'elle n'est pas loin il tient à me raccompagner... Sympa !
C'est sûr, aujourd'hui les parapentes vont faire des kilomètres ! En rentrant sous la chartreuse, c'est la foule des grands jours, des papillons de partout, ça butine sur tous les sommets, des grappes d'une vingtaine de voiles dans chaque thermique. J'hésite un moment et puis j'entends déjà l'ambiance, les gens qui se pourrissent pour la priorité... et puis je dois rentrer, l'apéro m'attend, là au moins tout le monde est d'accord.
Siroter une bière après une belle petite sortie comme ce matin suffit à mon bonheur ! Et si en plus passe une petite fantaisie de Mozart comme la K475 par exemple, me voilà comblé !

Question de priorit