Récit
Enfin ça vole !
Après 10 jours de rafales de nord de plus en plus glaciales, le souffle daigne enfin s'apaiser avant de tourner sud en se renforçant, bien évidemment.... Il s'agit de s'engouffrer dans la brèche et de profiter du calme avant la tempête: Une petite balade en bordure des Bauges.
J'aime bien ce petit hameau d'Arvey, il y règne une douce quiétude au milieu des prairies, loin de tout équipement touristique, ça sonne vrai. Malgré les températures largement négatives, les bovidés sont placides sur la prairie sommitale. Il est heureux que ces bêtes massives encaissent des températures extrêmes, car lors de mon passage dans la prairie encore à l'ombre, elles se contentaient de déguster du sorbet de foin dans un flux glacial qui dévalait du sommet.
C'est ce même air qui me glace les mains et le visage, il ne m'inspire par trop, n'y aurait il pas un reste de vent du nord ? Mais non, sur l'arête sommitale, c'est une petite brise constante de Sud-Est. Il ne m'en faut pas plus pour être heureux. La voile est donc installée à l'est du sommet, pile poil dans l'axe du vent. Tiens il me semble que la brise forcie. Une préparation sommaire est de mise puisque maintenant, avec ce vent, le gonflage de face est de rigueur, dans cette pente raide c'est pas simple. En plus j'ai un mal fou à attacher la sellette, mes mains sont toutes engourdies. Pourtant c'est essentiel pour décoller ! Ce serait ballot de se prendre un but à cause d'une préparation impossible.
Je ne m'appesantirai pas sur le vol de courte durée, mais plutôt sur mon atterrissage dans ce champ de 5 hectares. Vu la taille du terrain, je ne me suis pas trop focalisé sur le point d'impact. C'est seulement au dernier moment, dans l'arrondi que j'ai regardé le sol où je devais me poser.... j'ai failli écraser un chat qui chassait, tapi dans l'herbe, il a eu aussi peur que moi. Mais loin de se démonter, il a dressé les poils du dos, gonflé sa queue en panache avant de bondir toutes griffes dehors sur mes pieds, que je prenais pourtant soin de relever.
Du coup je me suis un peu posé en vrac (bonjour ma cheville fragile). J'ai tout de suite cherché la pauvre bête aplatie comme une galette mais c'est tout au bout de l'immense champ que je l'ai aperçue, elle filait ventre à terre, terrorisée.

c'est balot!
c'est balot!