Les mystères de la variation
Aujourd'hui la Chartreuse est en mode accueillant, Ce Grand Som, qui n'en est pas à ma première visite, se montre aujourd'hui sous un angle particulièrement hospitalier. Autant la
dernière fois le sommet fut le siège de conditions instables et sombres, autant cette fois ci le ciel semble s'ouvrir aux visiteurs éphémères que nous sommes.
Pas un nuage au matin, un ciel lavé et pur comme l'azur se doit de l'être. C'est par l'arête sud que nous passerons cette fois ci, c'est plus long, mais plus honnête puisque la manip de bagnole est inutile. Par là, c'est une première pour Luc. Le sol est gorgé des averses d'hier ce qui rend la progression parfois pénible. A partir du col du Freney, heureusement la plateforme devient plus caillouteuse.
A la brèche de la Suiffière, une douce brise thermique nous accueille, poursuivons par l'arête sud. De fil en aiguille le sommet est atteint en même temps que sonnent les cloches du monastère. La vue est magnifique sur les sombres sapinières d'où émergent ici et là les taches vert-clair d'une prairie maintenant touffue et grasse. Et toujours aucun signe négatif pour l'envol !
Nous ne tardons pas à nous préparer face au soleil éclatant. Si les alentours sont encore libres des nuées humides, sur la barrière orientale, au dessus du Grésivaudan, les nuages sont nombreux bien qu'encore inoffensifs. Luc est prêt mais semble m'attendre, alors une fois les suspentes démêlées, il ne reste plus qu'à patienter jusqu'à la bouffe qui ne tardera pas si l'on s'en réfère à leur fréquence rapprochée. Effectivement quelques minutes plus tard, je suis en l'air. Le ciel est d'un bleu cobalt, les montagnes se découpent nettement jusqu'au fond des Savoie. C'est un vol somptueux, avec des thermiques doux et bien localisés, rester au dessus de la Suiffière et reprendre jusqu'au sommet est une gourmandise consommée avec délectation. Pourtant je ne poursuis pas le vol vers le Charmant Som, c'est bien là la seule fausse note de la journée !
On pourrait faire mille fois le Grand Som que jamais les conditions ne seraient semblables et c'est là tout le délice de ces sorties.