Récit
Ce sommet apparaît comme une évidence depuis la route de Bourg d'Oisans. Et pourtant je n'y suis jamais monté à cause de la proximité de la station...
Ce matin le ciel semble dégager et malgré une météo qui s'annonce moyenne je tente quand même (de toute manière j'espère pas grand chose).
En montant depuis Venosc on ne peut oublier la télécabine même si elle ne fonctionne pas. Le coin est sympa mais déjà en bas on sent l'influence de la station. Arrivé aux 2 alpes ça fait bizarre. C'est en fait la première fois que j'y vais en été, et y a même pas la neige pour cacher ces délires architecturaux de tous les ages.
La montée vers pied moutet s'effectue ensuite en bord de piste, autant dire qu'il y a pas grand chose à voir. Pourtant il y a bien des traces de marmottes dans les plantations de mélèzes mais je n'en verrai aucune. Le caractère un peu plus sauvage commence au pied de pied moutet (en faisant abstraction du restau d'altitude et des arrivées de TS). La montée est raide et les passages avec les mains cassent un peu la monotonie. Par contre moi qui pensait passer au dessus de la brume de fond de vallée en montant c'est râpé. L'atmosphère est humide rend les ombres opaques et la vallée du Vénéon est bien masquée. En plus des nuages restent accrochés sur la point de Confolens et ne veulent pas en partir. L'arête finale n'est pas très aérienne mais elle présente tout de même un caractère alpin qui n'est pas pour me déplaire. Je suis quand même déçu car je venais pour la vue et Belledonne se coiffe de nuages ce qui n'arrange pas les choses.
Heureusement j'avais une deuxième carte à jouer : celle de la découverte du versant sud, accessoirement classé en ZNIEFF.
Depuis le sommet j'avais remarqué la présence de chasseurs sur le versant nord, arrivé à la bergerie le son des clochettes est encore plus distinct et j'hésite à me lancer dans la forêt (oui, j'ai toujours peur des chiens, et des chasseurs aussi !).
Je me lance enfin dans un versant à l'ombre peu engageant. Au bout de 5 min j'entends de plus en plus nettement un chien... Et je pense là que si quelqu'un m'avait vu il se serait bien marré :
sachant que l'animal ne va pas tarder à débouler, je monte sur la première branche d'un sapin dont la moitié est taillée et lance un coup de sifflet (ça c'est plus pour les chasseurs !). Le toutou ne tarde pas à apparaître et ce crétin s'arrête au pied de l'arbre sans même me voir, ne comprenant pas d'ou vient le bruit (je précise que j'ai pas grimpé dans l'arbre comme un chat jusqu'à la cime, je suis juste monté sur la première branche à 1m du sol sur laquelle je me tiens debout !). A force d'appeler le bestiau (je me demande ce qu'il peut bien chasser avec ce flaire là...!!!), il finit enfin par me voir, me fait des courbettes et s'en va en remuant la queue après avoir flairé mes bâtons. Lui et moi rassurés je peux continuer mon chemin sans encombre jusq'au sapey en traversant un sombre bois de sapins.
Comme il se doit, au sapey je fais le tour du troupeau de mouton avant d'arriver aux charmantes maisons ou les chasseurs sont en train de casser la croûte (aaaah la chasse sportive !).
Je m'enfonce alors dans le versant Est dont j'attends beaucoup pour sauver ma sortie. Les couleurs d'automne sont là (sans encore être à leur apogée) et le chemin file à flanc dans des taillis plus ou moins clairs. Deux passages de rochers sont câblés, l'un sur une rampe sans difficulté, l'autre au passage d'une ravine. J'imaginais ce versant comme un vaste éboulis mais c'est plus rocheux que ça et le sentier est bon (bien qu'il y ait des éboulis quand même). Plus bas je découvre pas mal de lavande (c'est plus la saison mais l'odeur en trompe pas) mais pas la moindre bestiole. j'ai beau scruter le versant (ce que j'avais déjà fait depuis le sommet), pas une corne, un pelage ni même une plume qui dépasse. Tant pis, j'aurai beau espérer jusqu'au bout et malgré les traces je ne verrai rien du tout. Le retour à Venosc est un peu long surtout que ça remonte à la fin !
Je pense qu'il vaut mieux faire cette ballade en début d'été pour bénéficier des fleurs dans ce versant chaud.

pas loin...
A-crocs-branches...