Récit
Ceux qui suivent mes aventures ont certainement lu ma déconvenue d’il y a deux semaines lors de ma recherche de coéquipiers sur internet. Aujourd’hui je tente à nouveau le coup avec plus de précautions. J’ai rendez vous ce matin avec Christiane. Christiane ? Christiaaane ! La mathématicienne !! (et non « Christiaaaane ! L’esthéticienne !! »). Christiane est en mission au CEA de Grenoble qu’elle a choisi pour ces montagnes enneigées. Comment ça me direz vous ? encore quelqu’un qui ne connaît pas la région et qui sait pas faire de ski ? Pas du tout ! Ce coup-ci à la question de l’ARVA, aucun problème, à la question de la dénivelée, encore moins. C’est normal, Christiane est autrichienne, elle est née sur des skis. Elle me dit même avoir fait une sortie de 1800m de d+ cette année… là je me demande si cette fois ça va pas être moi le boulet !
Comme elle ne connaît pas la région, j’ai choisi Prabert, la mecque du ski de randonnée grenoblois, destination hautement touristique. D’ailleurs en arrivant au parking Christiane hallucine un peu devant les 150 voitures garées le long de la route (on était pourtant pas les derniers). Là je pense qu’elle se demande un peu où je l’emmène… Surtout que je ne tarde pas à lui dire que la ballade commence par un petit échauffement de 3km sur une route pas très intéressante.
On chausse derrière la barrière (fermée), l’occasion de croiser Anny (aus Saint Mury) and Co. Le départ est un peu rapide pour Christiane, mais moi tout ce monde devant ça ne me donne qu’une envie : doubler !
Pour ça c’est peine perdue : la file des randonneurs s’étire tout du long de cette interminable route ; dans la forêt ensuite il faut faire la queue… Enfin on arrive à l’aiguillage d’Aiguebelle. L’avantage de Prabert c’est la multitude d’itinéraires. Or ne connaissant ni les conditions du moment (risque 3, beaucoup de vent hier), ni les capacités de ma coéquipières c’était un gros avantage. Cela dit il arrive un moment où il faut choisir. Là j’ai le malheur de dire que pour la Dent du Pra il y a un passage à 35°. Or on ne rigole pas en Autriche, risque 3 : 35° prohibé ! Surtout qu’il y a 15 à 20cm de poudreuse ultra légère… (oui mais du coup c’est bien un peu de pente avec de la bonne neige non ? non… ah bon…). Bon ben du coup c’est parti pour l’Aigleton avec l’idée d’une descente côté Est.
Le monde se disperse enfin même s’il en reste. Au col je montre à Christiane la trace qui monte vers la Dent du Pra, j’avoue c’était un peu de la provocation… Mais elle n’a d’yeux que pour les beaux virages d’en face en direction de la belle étoile. J’avoue que moi aussi ça me tente (la dent du Pra par l’Aigleton me dit moyennement dans ces conditions). Le temps des cogitations et d’une petite pause et c’est Anny qui réapparait…
La descente versant Est est excellente, on a l’impression de voler dans cette neige qui se fait oublier tellement elle est légère. Il n’en fallait pas plus pour nous inciter à repeauter en direction de la Belle Etoile. La trace passe comme souvent dans la petite ravine à droite. L’occasion de taquiner Christiane qui est partie devant sur les risques d’une pareille trace dans un creux avec des contrepentes à …35° !
On ne tracera pas à côté pour autant, le brassage c’est pour un autre jour. On pousse jusqu’au Grand Clôt où le vent commence à se faire sentir. Le couloir sud de la Belle Etoile est tracé mais n’a pas l’air terrible (le couloir lui-même, en dessous ça à l’air bon). Comme il faut en garder encore un peu pour la descente on s’arrête là.
La descente est à nouveau extraordinaire (« c’est chénial » dira Christiane !). Il y a bien quelques traces de nos prédécesseurs mais dans cette immensité c’est anecdotique. Moi qui avait plutôt un style « old –school » avec petits virages, je me fais plaisir en grande courbe à près de 40km/h dans le bas. Quand je vous dis que cette neige est extra…
Dans le four solaire du bas la température est très agréable, il n’y a pas un poil de vent. Nouvelle petite pause avant d’entamer la remontée sur l’Aigleton tranquillement, il faut dire que ça commence à faire dans les jambes…
Versant Ouest de l’Aigleton il y a plus de trace et une neige un peu travaillée par le vent sur la partie haute. On descendera donc sous les falaises du Pic du Pin, nouvelle occasion de lui montrer le couloir du pas du Pin en cours de traçage… Bon ce sera pas pour aujourd’hui ! Au passage Christiane croise même une connaissance, comme quoi le monde est petit…
En dessous la neige est plus trafolée mais encore excellente. On retrouve la foule dans le chemin sous le habert puis vient le boarder cross, partie que j’apprécie tout particulièrement mais que Christiane n’a peut être pas apprécié à sa juste valeur, la faute à une légère fatigue probablement due à un échauffement matinal. A sa décharge je reconnais qu’il était en neige un peu dure par endroit.
En dessous il n’y a plus qu’à se laisser glisser sur la route jusqu’à … 200m de la barrière pour ne pas trop abîmer les skis.
Bref, une très bonne journée en montagne avec des conditions optimales (même dans les pentes à plus de 30°) et une coéquipière qui a assurée tout du long.
Petite anecdote : j’avais oublié mon portefeuille dans la voiture et j’ai stressé tout du long en me remémorant les histoires de vitres cassées. Heureusement la fréquentation a du bon, tout était là au retour.
D+ : 1690 selon le GPS

Esth