L'année 2013 commence comme l'année 2012 s'est terminée : par un but parapentesque....
Pourtant, voilà plusieurs jours que les oracles annoncent de parfaites conditions. Cependant au réveil j'ai quelques doutes en apercevant la brume épaisse qui masque tous les reliefs, elle ne laisse apparaître qu'une lugubre vallée... Affamé par trois mois de jeûne, il m'en faut plus pour me décourager.
Comme il y a trop de neige sur les sentiers du bas, Je laisse la voiture au hameau du château, et monte à Engins en stop avec un sympathique automobiliste, en discutant, nous nous trouvons des points communs comme par exemple un parapente dans le coffre ou encore quatre enfants à la maison... Il me dépose au carrefour d'Engins, non loin du barrage et de ses eaux émeraudes. Point ne sera besoin de chausser les Yaktrack acheté hier dans la caverne d'Ali Baba du vieux campeur (jamais vu une telle abondance de matériel, effrayant !) en effet la neige, bien que tassée par les nombreux passages, est crissante et adhérente. Suivre la trace des raquettes dans cet univers brumeux est une tache monotone qui me convient parfaitement, je rumine les événements de la semaine sans me soucier de l'avancement de la marche.
Arrivé au hameau du Sornin, le doute n'est plus permis, cela ne volera pas, la couche est bien trop épaisse, maintenant il serait souhaitable pour la qualité de la sortie que j’émerge de cette purée. C'est vraiment au dernier moment que la brume se teinte progressivement du bleu de la lumière. Les sapins perdent leur allure fantomatique, le soleil les anime d'une présence bienfaisante, les branches sont finement ourlées d'un givre diaphane. Voilà un spectacle qui redonne à la sortie un peu de lustre. La dernière longueur entre les sapins est laborieuse dans une neige profonde.
Au sommet c'est vraiment dommage
1) la brise est gentille
2) sa direction est parfaitement orientée pour l'envol
3) L'absence de neige à l'endroit du décollage est idéale
4) la douceur est agréable
Manque de bol, les nuages viennent mourir juste sous la corniche, masquant la première partie du vol où la visibilité est nécessaire, il s'agit de passer par dessus le hameau suivant une trajectoire précise et puis surtout de ne pas s’approcher des nombreuses lignes électriques qui encombrent l'entrée du vallon. Bref c'est pas prudent. Un petit coup de fil à
Milou pour me confirmer l'épaisseur trop conséquente de la couche nuageuse et la décision de redescendre à pied est entérinée.
Petit plaisir à la descente : je saute dans la pente raide juste sous le décollage, si cela ne décolle évidemment pas, ça glisse parfaitement sur les fesses dans une neige douce et rassurante jusqu'à retrouver la trace de montée. Et puis à Engins il a bien fallu refaire du stop pour terminer la descente...
Les conditions requises pour le vol sont plus que jamais une délicate alchimie des paramètres météorologiques, comme l'illustre si bien cette aérienne version :
Le vent nous portera
Sornin