Récit
Depuis pas mal de temps, j'éprouvais l'envie de me confronter aux fameux sangles de Chartreuse (je ne savais pas encore lequel). J'avais même acheté "Randonnées du vertige" de Pascal Sombardier, que je feuilletais souvent, mi-ambitieux, mi-liquéfié...
Différentes raisons, parmi lesquelles la plus conséquente est ma fiottitude du vide, me retenaient. Par ailleurs, ce n'est guère le genre de sentiers qu'il est judicieux de découvrir en solo et aux horaires correspondant à ma pratique. La semaine dernière, Ced, m'avait proposé de me joindre à lui pour une petite sortie mais j'ai du renoncer à l'avant-dernier moment. Ce week-end, Julien était dispo, enthousiaste pour un sangle et devait également rentrer avant la nuit à Lyon.
Départ programmé à 10h00 de Lyon. Julien aura un peu de retard (on ne change pas une équipe qui gagne)
Nous arrivons aux Varvats et sommes prêts à démarrer vers 12h30 . Nous débutons la marche par la piste 4x4 qui devra nous conduire au Vallon de Pratcel. Les parties en forêt ne sont pas celles qui me passionnent le plus. Nous croisons le concessionnaire de l'alpage qui redescend quelques charolaises (Mon Dieu, comme elles ont l'air bonnes). Je ne pensais pas qu'elles étaient capables de tant d'agilité sur des chemins escarpés. Je repense alors à ce connard de Bison, nôtre âne-rental du Vercors, qui nous aura moulu les génitoires pour bien moins que ça. Julien propose que nous louions une vache la prochaine fois.
Arrivé à la clairière de Pratcel, nous nous engageons vers le pas de l'Echelle où nous trouvons aisément la sente en direction du Rocher de Fitta (après une petite digression). Le chemin est agréable sous les encorbellements rocheux. Nous arrivons au pied du pilier qui marque le départ du sangle et nous offrons une pause sandwich. Le temps est assez venteux et c'est quand même assez impressionnant : le repas nous offre un temps de réflexion avant que nous nous engagions. Seul, j'aurais fait demi-tour, mais Julien insiste à raison. Le départ du sangle (le premier mini-cirque) est en fait le plus intimidant. Ensuite, le sentier se glisse dans de larges cirques. La trace est bonne, mais il faut quand même être TRES vigileant.
En avançant, je regarde en bas. C'est pas rassurant... Je regarde donc en haut. Je vois alors de bonnes fissures de 1cm découpant de bons gros blocs prêts à se détacher... C'est pas rassurant non plus. Je regarde donc devant. Nous envisagions initialement d'enchaîner Fouda Blanc + Pinet mais avec le vent, nous décidons de couper par le pas du Fouda Blanc au milieu. Nous arrivons à l'entrée du dernier cirque avant le pas et faisons demi-tour. Je ne suis pas convaincu d'être très à l'aise en escalade, surtout avec ce vent et je préfère refaire en sens inverse ce que je viens de faire, parce que je suis sûr que ça passe. Pour une défloration, ça me suffit. Julien me rappelle qu'il s'oppose philosphiquement aux aller-retours et qu'il préfère les boucles. Je préfère pour ma part les aller-retours aux aller-simples.
Nous reprenons notre trajet à l'envers et la première portion me semble plus facile qu'à aller. Est-ce parce qu'on dédramatise et s'habitue à cette verticalité?
Au final, cette première rando du vertige me laisse un sentiment mitigé. Le vide et la verticalité confèrent à la vue et au panorama une incroyable beauté, une véritable impression d'isolement et d'ailleurs... Toutefois, il s'agit d'une randonnée sous-pression : quand on marche sur ces sangles, on n'a spécialement le droit d'avoir la tête ailleurs : l'émerveillement et la rêverie sont donc quelque peu altérés par la consicence d'être là dont dépend globalement votre survie. J'imagine qu'avec l'habitude, ce second volet semble moins prégnant...
Nous regagnons le pas de l'Echelle et suivons les marques bleues du sentier de crête. Le but serait d'atteindre le pas du Fouda par le haut pour préparer la prochaine fois. Nous avançons en longeant la crête alternant herbes et lapiaz... Il est 17h30, le temps est médiocre et nous devons revenir à Lyon vers 20h30 : nous décidons donc de redescendre. Nous arrivons aux Varvats à 18h40 et regagnons Lyon en express. Au total; 13km et 1000 m de D+

Fouda