
Cela faisait 2 ans que j'y pensais, le temps d'accumuler la motivation nécessaire et les bonnes conditions d'un mois d'Août. Parti finalement seul de La Souille (1358m) à 6h ce samedi, un peu inquiet devant les quelques difficultés à venir et un intinéraire que je pensais paumatoire, avec un sac un peu lourd pour parer à toute éventualité (casque, crampons, piolet + baudrier, corde et la quincaillerie pour un éventuel petit rappel à la descente), c'est bien heureux que j'arrive au sommet, 5h +1600m et 2 pates de fruit plus tard. Belle ambiance haute montagne sur le parcours et vue au sommet sur Meige, Barre des Ecrins, Obiou, Grande Casse, Mt Pourri, Mt Blanc ... Finalement, l'itinéraire se lit bien mais reste quand même bien exposé et un peu technique à quelques passages surtout à la descente. En résumé : remontée en crampons du raide névé du couloir arrivant sous le col de la Balmette, prendre la banquette à droite (cairn) pour accéder au col (sinon mur en 4b à passer), puis remonter l'arête nord sur 30m, un passage en 3b pas trop exposé pour entrer dans le couloir (friend coincé et anneau corde juste au dessus) puis escalader la branche gauche du couloir débouchant sur une sorte de vire en face Est, suivre à gauche les qlqs cairns (sur conseil de poyo, j'avais placé une croix en adhésif jaune pour retrouver le passage dans le brouillard à la descente). Ensuite remontée facile de l'éboulis de la face Est, l'itinéraire revient vers l'arête nord, plaque commémorative, puis le 1er câble (pas utile mais rassure sur l'itinéraire), encore qlq éboulis et bons rochers, une brèche pour franchir une sorte de boite aux lettres, puis de suite le 2e câble à droite pour passer une petite vire de 5 m et enfin des rochers faciles pour arriver sous le sommet par le sud-est dans des rochers bien pourris et délités. Casque bien utile car les rares bouquetins au-dessus parpinnent fort. Après 30 min au sommet et la montée du brouillard, la descente s'avère plus délicate, les mains très utiles dans ces passages de 2/2+, à tester les prises dans ces rochers très délités et ces pierres qui partent en dessous pour un rien. Ma croix en adhésif jaune placée près d'un cairn à la sortie du couloir sera rassurante durant la descente dans le brouillard. Conditions du jour (31/08/13) : couloir du col de la Balmette en neige dure jusque 50m sous le col, ensuite l'itinéraire du Grand Pic est complètement sec (arête nord normale). Brouillard à la descente dès 11h. Au retour jolie traversée du glacier de Freydane pour la visite des crevasses & bédiaires (10cm à 1 m de large, 1 à 4 m de profondeur) dans l'ambiance de ce vrai petit glacier actuellement à 40-50% en glace vive. Mais comme la plupart des quelques glaciers restant en Belledonne, il est en régression comme le montre le montage que j'ai fait à 8 ans d'intervalle et malgré le très bon enneigement de l'hiver 2012/2013.
Réponse (tardive) des lyonnais... Merci à vous également pour l'échange et les renseignements. On n'a fait qu'observer le Grand Pic depuis le Col des Balmettes (enfin, plus exactement, de l'arête côté Pic Lamartine, car nous sommes montés trop à gauche, tout au fond du "cirque", vu du glacier de Freydane, dans un couloir facile, mais une fois sur l'arête, impossible d'aller vers le sud et le Grand Pic. Du glacier, il aurait fallu monter beaucoup plus à droite, près du Grand Pic). Cette reconnaissance (déjà superbe en elle-même) nous a permis de vous voir descendre le couloir d'accès où une belle pluie de cailloux a dégringolé naturellement juste avant que vous ne vous y engagiez. Le principal (et très sérieux !!!) problème reste donc les chutes de pierres. Pour la nécessité de la corde, je ne sais pas... Sinon, montée à la Pointe de Sitre raide mais valant la peine. 800 moutons étaient dans le secteur. Discussion avec le berger. Et pour finir, en réponse au SMS envoyé pour le compte de Lucien "Tout va bien. on arrive plus tard", la réponse de Lucienne : "Plus tard ?????" (9/8 19h 14)...
d'accord avec toi lucien38 sur la difficulté de retrouver le chemin de sortie (la cheminée), c'est bien pour cela que j'avais indiqué cette précision dans le topo. J'ai douté moi aussi bien qu'ayant pris soin de me remémorer cette échappatoire à la montée... c'est une sortie rude mais belle non ? tout y est : recherche d'itinéraire, difficulté générale de montée, sommet valorisant, solitude loin de la foule de la croix... Quant au temps, peu importe, l'essentiel dans une course comme celle ci est d'assurer ses pas et son chemin ! plus qu'à faire la traversée complète, mais l'itinéraire péteux à souhait (d'après les topos) donne à réfléchir !