Publication d'un article sur bivouak.net
Afin de garantir notre ligne éditoriale, la rédaction d'articles sur bivouak.net est modérée. Merci de faire votre demande à contact@bivouak.net et nous reviendrons rapidement vers vous.
Au plaisir de vous lire.
L'équipe de bivouak.net
Jour 1 - Geneve Etoy - 50 bornes
Conscients de la terrible conséquence de notre production massive de CO2, nous décidons de voyager à vélo et pour optimiser encore plus l'opération, c'est en train que nous nous rendons à Genève.
Prendre un billet sur le site SNCF n'est déjà pas facile alors ajouter à cela la réservation de deux places pour les vélos sur un autre site internet et vous aurez un casse-tête chinois de la plus haute complexité. Tant et si bien qu'une fois réservés les trains et la moitié des places de vélos, le logiciel nous dit qu'il n'y a plus de place pour les vélos, et nous avons pris des billets de train non échangeables ! Après bien des appels aux différents services et deux bonnes heures de stress, nous obtenons enfin une réservation qui tient la route.
Ce matin 45 minutes avant le départ du train, nous partons guillerets de la maison sur nos vélos, catastrophe le vélo d'Hélène refuse de s'allumer. Faux départ, nous retournons au garage où par miracle l'engin récalcitrant se remet à fonctionner, ouf ! Nous voilà devant la gare en priant pour que notre rame soit sur le quai A nous évitant ainsi de passer par le souterrain. Évidemment le panneau indicateur nous affiche le quai B, nous obligeant ainsi à porter les vélos harnachés dans les escaliers, on y laisse une bonne énergie.
Incroyable à la SNCF, le train est à l'heure ! Nous nous installons confortablement sur les sièges en face de nos vélos et profitons du paysage qui défile tranquillement. Bien évidemment, fidèle à sa réputation la SNCF nous annonce l'impossibilité de repartir de la gare de Chambéry, il y aurait un individu malveillant errant sur la voie au niveau d'Aix les Bains... Cette petite contrariété va nous faire poireauter en gare 45 minutes qui ne seront bien-sûr pas rattrapées.
Enfin nous voilà dans la belle ville de Genève avec nos vélos opérationnels, direction le rivage du lac à travers les ruelles. La première vue sur le lac est saisissante, nous sommes juste en face du célèbre jet d'eau. L'impression de puissance est étourdissante, ça crache à plein débit. Commence alors notre balade sur les berges du grand lac. Un peu excités par la beauté du paysage, nous nous écartons du parcours préconisé par l'Office du tourisme suisse pour coller au maximum au bord de l'eau. On ne tarde pas à se faire pourrir par un vieux suisse acariâtre, c'est pas une piste cyclable ici, qu'il nous dit en éructant. Nous nous confondons en excuse et poursuivons notre boussinade puisque bons nombres de cyclistes nous doublent. Plus loin nous retrouvons la piste cyclable que nous tâchons de suivre plus sérieusement.
Au bout d'une vingtaine de kilomètres, l'appel de la baignade est trop fort, au premier panneau "plage" nous garons les biclous, enfilons les maillots et validons la journée par un bain délicieux dans les eaux vives du Léman. L'eau est fraîche puisque Nemo nous indique seulement 23 degrés, c'est plus qu'il n'en faut pour nous délecter dans les eaux du Rhône bien large à cet endroit du lac.
La suite de la randonnée est plaisante en suivant les indications judicieuses de Google qui nous fait découvrir des coins superbes à l'écart des grandes routes et de la piste cyclable plutôt monotone. Le temps est superbe, nous roulons en toute insouciance parmi les magnifiques villas jalonnant le parcours. Nous passerons même devant la propriété de Schumi que nous n'avons pas vu sur son balcon. Ce soir nous sommes dans un motel sympathique accueillis chaleureusement par une suissesse charmante. Elles nous donne les codes et nous offre un surclassement et le petit déjeuner en prime !
Jour 2- Etoy Evian - 90 bornes
N'en déplaise aux excités de la pédale dont nous avons croisé quelques spécimens durant notre trajet, nous ne regrettons pas notre large timing. En effet pas question de prendre la trace la plus directe, il s'agit pour nous de visiter chaque anse, chaque port, chaque sentier des douaniers sans oublier la pierre de Jean-Jacques Rousseau !
Après avoir testé l'itinéraire vélo de route qui n'offre absolument aucun intérêt, nous bifurquons sur celui que propose Google, il est futé et nous permet de passer par des sentiers incroyables en bord de lac. Certes, parfois c'est blindé de piétons dans les grands ports mais la plupart du temps ce sont de charmants chemins jalonnés de splendides maisons. Franchement on n'est pas chez les indigents, quand on voit l'immobilier, ça sent le pognon à plein nez. Néanmoins il ressort de cette déambulation une certaine insouciance, une douceur de vivre qu'il n'est pas désagréable de partager. Au diable les mauvaises nouvelles, vivons l'instant dans toute sa plénitude, on se fera du mouron plus tard. Tout au long du rivage, nous rencontrons des baigneurs de tout âge, des adorateurs du soleil mollement allongés sur leur serviette et parfois des groupes attablés autour de tables pliantes remplies de victuailles.
Sur les coups de midi, juste après le splendide château de Chillon, nous faisons halte sur une plage avec une table à pique-nique disponible. Manger est une chose, se baigner est une priorité. Nous déballons le repas et tombons nos frusques dans la foulée avant de plonger dans les eaux incroyablement transparentes du lac. Au large un vieux bateau à aubes génère dans son sillage une houle venant se briser sur la jetée et les galets de la plage. Je ne pensais pas que ce tour fut aussi beau et varié, le parcours alterne sentiers, pistes cyclables et chemins perdus. Parfois il n'y a que la route pour progresser quand la rive du lac est trop raide mais alors nous prenons de l'altitude et découvrons des points de vue sensationnels sur ce lac dont la langueur nous pénètre doucement.
À Montreux nous errons sur la digue comme ont pu le faire en leur temps les musiciens de Pink Floyd ou de Deep Purple. Ces derniers ont d'ailleurs composé "Smoke on the water" en contemplant un incendie lors d'une scéance d'enregistrement. En effet un spectateur a tiré une fusée éclairante pendant un concert de Frank Zappa au casino de la ville, provoquant un incendie qui a détruit le bâtiment. Témoins du drame depuis leur studio d'enregistrement, les membres du groupe ont vu la fumée se propager au-dessus du lac Léman, inspirant le titre et les paroles de la chanson ! Bref nous aimons ces lieux chargés d'histoire.
Après avoir parcouru l'intégralité de la rive droite du lac, il est temps de traverser le puissant Rhône jetant ses eaux troubles dans le lac et commencer à revenir sur Genève, par le côté sud français sur sa plus grande partie. Sans être déshéritée, cette rive gauche, si elle n'a pas le faste de la Suisse, n'en est pas moins délicieuse et pimpante. Nous faisons le détour jusqu'au romantique Rocher de Rousseau, il nous fera tirer la langue par une route terriblement raide. Nous terminons notre journée à Evian en prenant soin bien-sûr d'aller boire à la source Cachat qui, comme toute résurgence célèbre qui se respecte, offre santé et longévité à tout ceux qui la boivent !
Jour 3 - Evian Genève - 45 bornes
La soirée fut agréable dans cette petite ville d'eau, le vieille hôtel Continental au charme suranné a parfaitement rempli sa fonction pour la nuit. En plus d'être propre, nous apprécions son ambiance feutrée avec les parquets craquants sous les tapis et les lustres étincelants. Si les meubles de la chambre sont d'époque, le matelas, élément essentiel de la chambre, est flambant neuf. Quand au petit déjeuner dans le grand bar, il est servi avec du pain croustillant et des viennoiseries encore chaudes, autant dire que nous sommes partis plein d'énergie sur les routes de la Haute-Savoie.
La dernière partie entre Evian et Genève n'est pas la plus belle néanmoins c'est la moins touristique et au prix de quelques détours vers de charmants petits ports secondaires, nous trouverons des merveilles. Thonon ne nous emballe pas plus que cela, Yvoire en revanche mérite le détour avec un village médiéval typique, d'ailleurs très prisé des touristes. Nous y faisons nos emplettes avant de repartir vers le sud. En route nous trouvons d'immenses plages sans aucun vacancier, elles sont tellement désertes que les commerces semblent abandonnés et définitivement fermés, en plein mois d'août, ce n'est pas banal. En tout cas c'est parfait pour nous, au moins on est tranquilles pour manger sur les vieilles tables mises à disposition il y a bien des années.
Après une pause de plusieurs heures agrémentée de quelques baignades, nous repartons pour la dernière section loin du rivage. Alors que nous franchissons une nouvelle fois la douane, apparaît au loin notre objectif, le fameux jet d'eau de Genève . Nous retrouvons le luxe et le calme de la Suisse sans toutefois trouver la volupté. La dernière descente nous amène définitivement au bord du lac, nous roulons bon train avec le vent dans le dos quand soudain apparaît une curiosité, un ponton circulaire posé sur l'eau. Cet espèce d'œil de Sauron nous interpelle, il s'agit de plonger dans cet étrange trou parfaitement rond, comme si s'était la bonde du lac !
Enfin nous arrivons près du jet d'eau, il faut absolument aller au plus près de cette curiosité qui doit consommer une énergie colossale. Contre toute attente, il est possible de marcher jusqu'à deux mètres du puissant jet et gratuitement en plus. On se sent bien petit devant ces tonnes d'eau qui jaillissent avec fracas du bout de la digue.
Nous aurons fait plus de 200 bornes et surtout grimpé plus de 2000 m de dénivelé sans trop nous en rendre compte. Cette boucle est vraiment à faire en trois jours pour bien se laisser prendre par le charme intemporel de ce lac paisible sous le soleil. On ne regrette pas de l'avoir réalisé d'autant plus qu'il complète joliment notre collection de tours de lacs à vélo. Après ceux d'Annecy, du Bourget, de Paladru, de Laffrey, d'Aiguebelette, du Monteynard et même celui du Sautet (pas le plus facile), le Léman est un morceau de choix !

bien venu au club, prendre le train avec des vtt de surcroit "nucléaire" c'est une aventure de tous les instants, nous avons vécu de grand moment de doute nous aussi lors de notre périple jusqu'à la mer.
part exemple à Valence ou le controleur à laissé des familles complète sur le quai un dimanche soir alors qu'elles avaient des réservations vélos car plus de place et bien d'autres...une sacrés gageure.
en tout cas beau périple.
un conseil faite le tour du barrage de Vouglans sur 2 jours c'est magnifique et peu de route
bivouak.net est un site collaboratif de passionnés de sport de montagne qui ne peut exister que par la volonté d'échanger sur nos pratiques.
Si vous n'avez pas encore de compte sur bivouak.net, dépêchez vous de nous rejoindre pour pouvoir échanger sur vos pratiques, proposer de nouveaux topos, ajouter vos photos pour illustrer vos courses, commenter et décrire vos sorties, voir les stats sur votre saison, annoncer des conférences près de chez vous sur la montagne et bien plus!.