Les cyclistes hollandais ont investi depuis longtemps Bourg-d'Oisans et l'Alpe d'Huez à tel point d'ailleurs que le Tour de France y reste deux jours, heureusement ma tenue orange me permet de me fondre dans le décor. Décidément les manifestations sportives m'intéressent de moins en moins, je n'ai pas vu une image de la coupe du Monde, pas plus que je n'ai vu les cyclistes du tour de France à la télévision. Ce n'est pas tant que je n'aime pas le sport, bien au contraire, mais c'est plutôt ces compétitions internationales suivies par des millions de personnes qui me font peur.
Nous préférons largement ce petit sentier sauvage riche d'histoires, c'est en effet un chemin qui mène directement à des mines d'or ! Nous poursuivons notre marche vers le village perché de Villard Notre Dame dans une solitude absolue. Après une pause à la fontaine de la place, nous en terminons avec la montée jusqu'à la Croix de la Côte où nous trouvons des conditions parfaites pour décoller. Parfaites c'est vite dit, la pelouse où nous étalons nos voiles est couverte de grandes herbes sèches terminées par un gros fruit sec, les suspentes s'y accrochent sans cesse, difficile de démêler tout ça. Une fois préparée, Hélène s'élance face à la brise thermique, la voile monte bien, le décollage semble parfait, je confirme à ma douce le bon état du suspentage. C'est sans compter sur ces maudites herbes dont l'une vient s'entortiller avec quelques suspentes hautes. Si l'aéronef semble voler correctement, Hélène sitôt en l'air tente manifestement de démêler l'embrouille. En fait la clé dans les suspentes n'est pas gênante et tout rentrera dans l'ordre tout seul un petit plus loin. A mon tour, je m'envole dans le thermique non sans redoubler de vigilance sur l'état de ma voile. Le vol est carrément magnifique avec l'Etendard et les Aiguilles d'Arves en toile de fond. Sous nos pieds brille l'étonnant lac du Buclet dont la couleur bleue tire sur le cobalt, la Romanche domptée par les digues draine son lit de galets. Le terrain officiel nous accueille à bras ouverts, tondu de près très récemment puisque les roules de foin ne sont pas encore ramassées.
Nous plions rapidement pour rentrer directement à la maison mais le Tour de France nous rattrape, le GPS annonce 65 minutes de bouchons dans la décidément horrible vallée de la Romanche. Tous les Bataves sont sur la route pour aller acclamer Jonas Vingegaard ! Un plan B est décidé au premier ralentissement, passer par le col d'Ornon, descendre vers La Mure avec une halte au délicieux lac de Valbonnais dont les eaux claires et fraîches sont une invitation à la baignade, et pourquoi pas même déjeuner en terrasse devant les eaux miroitantes ? Aussitôt dit aussitôt fait ! Nous qui pensions rentrer tôt afin de préparer notre départ imminent pour les Balkans, c'est raté.
Bonne nouvelle nous dit-on, les espagnols sont champions du Monde. C'est une bonne chose, on adore Pedro Sanchez !