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Sortie : Belle Descente !

Belle Descente !

Données de la sortie

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  • Date : 10-04-2026
  • Durée : 05:00
  • Dénivelé : 3000 m
  • Distance : 24 km
  • Altitude chaussage : 1030 m
  • Altitude déchaussage : 1030 m
  • Risque avalanche : 1/5
  • Sport : Ski de randonnée

Hélène m'a confessé vouloir refaire la Vallée Blanche que nous n'avions pas faite depuis 30 ans. Aussi, devant cette période incroyable de beau temps, je décidais il y a deux jours d'organiser la sortie. Seulement ce matin, alors qu'il faut partir aux aurores, j'ai les boules car tout va de travers. La météo encore excellente avant-hier annonce du mauvais temps à Chamonix, faire la Vallée Blanche dans le brouillard est plutôt dangereux avec toutes ces crevasses et puis cela n'offre aucun intérêt d'y aller sans rien y voir. Du coup j'ai mal dormi, j'ai les boules d'avoir claqué 180€ pour rien, tous les prétextes sont bons pour râler, l'essence est trop chère, on va jamais trouvé un parking libre et si on le trouve il va être hors de prix, les gorges de l'Arly sont fermées, j'ai oublié de mettre en charge mon téléphone cette nuit, etc, etc... Heureusement Hélène ne se départit pas de sa bonne humeur et me laisse bougonner dans mon coin.
 
Finalement mon moral remonte en arrivant à Combloux, le Mont-Blanc apparaît majestueux dans un ciel magnifique ! C'est joyeux que nous arrivons à Chamonix, moi parce que la journée va être magnifique, Hélène parce que je suis enfin de bonne humeur. Nous garons la bagnole et enfilons les baudriers avant de fourrer crampons, corde, piolets et broches à glace dans le sac en plus de tout le reste. Prendre le téléphérique de l'Aiguille du Midi est toujours une expérience impressionnante, on passe de la vallée à 3800 m en quelques minutes, à des altitudes où l'air se fait rare. Effectivement, alors que nous chaussons les crampons pour descendre l'arête de glace effilée, nous respirons avec difficulté. Passé le petit portillon, on entre de plein fouet dans la haute montagne, les pentes de glace sous nos pieds sont vertigineuses. Heureusement les chamoniards ont bien fait leur boulot, une belle petite vire a été aménagée à même la glace, deux cordes de chaque côté font office de main courante, c'est du billard. Le temps que je redoutais terrible est absolument délicieux, seule une petite brise venue du nord nous refroidit quand la vire s'aventure en versant septentrional.
 
Une fois sur le replat, nous échangeons nos crampons pour nos planches que nous détachons de nos sacs et c'est parti pour une descente toujours aussi spectaculaire. Les distances sur le glacier sont énormes et les sommets qui nous entourent sont prestigieux. Chacune de ces cimes de granit et de glace a été le théâtre de bien des exploits palpitants aux dénouements pas toujours glorieux et parfois même funestes. Ici et là, au pied des voies légendaires s'élancent des alpinistes chevronnés, Chamonix est bien la capitale des montagnards même si certains ne sont là que pour frimer. De notre côté, sur les gigantesques étendues de neige nous glissons lentement vers la vallée, bizarrement il n'y a pas grand monde, il s'agit de suivre ce qui semble être la trace la plus usitée afin d'aborder les terribles séracs du Géant, cette cascade de glace monumentale, chaos impénétrable de blocs de glace et de crevasses insondables. Heureusement les chutes de neige exceptionnelles de l'hiver ont bien bouché les trous. Les quelques skieurs qui descendent ne se doutent pas qu'ici a trépassé Louis Lachenal, le vrai vainqueur de l'Anapurna. Ils passent bon enfant tout en sifflotant de plaisir sur une neige maintenant souple et agréable (parce qu'en haut c'était plutôt de la tôle ondulée). Il est passé tellement de gens ces derniers jours que c'est un champ de bosses, on dirait presque une piste noire sauf qu'au détour d'une bosse il arrive parfois qu'il y ait un trou sombre et lugubre, une crevasse réapparaît.
 
Pour manger sereinement, nous décidons de nous installer en aval des difficultés, à l'endroit qu'on appelle la Salle à Manger. Sur un bloc de granit erratique nous déballons notre pique-nique avant de festoyer, entourés de chocards avides de menus reliefs. Festin royal entouré de l'envers des Aiguilles de Chamonix, Blaitière, Grépon, Charmoz pour ne citer que les plus connues. En face de nous la Verte et les Drus, on en prend plein les mirettes. Si la suite de la descente n'offre pas des pentes ludiques à dévaler, glisser longuement tout en ayant le museau tourné vers ces cimes merveilleuses est un plaisir de chaque instant. Nous poursuivons la descente jusqu'à nous trouver à la verticale du terminus du Montenvers, seulement le glacier a bien fondu depuis notre dernière visite, on est 100 m plus bas ! Une fois encore la capitale des Alpes a bien fait les choses, un nouveau petit téléphérique nous évite la fastidieuse remontée.
 
C'est au moment de déchausser qu'arrive à fond de ballon une fille suivie d'un aréopage de cinéastes, elle effectue un dernier et gracieux dérapage avant de s'arrêter juste à côté de nous. Évidemment on la reconnaît tout de suite, c'est la fille de tous les exploits et notamment celui d'avoir été la première à s'envoler du K2 avec Zeb !!! C'est Liv Sansoz, notre idole ! Nous la félicitons chaleureusement de nous faire rêver. Très gentiment elle nous donne des nouvelles, manifestement la notoriété ne lui est pas montée à la tête. Il ne nous reste plus qu'à emprunter le petit téléporté avant d'attendre le prochain petit train à crémaillère. Vous connaissez mon adoration pour les voies ferrées de toute configuration, ce voyage de retour en vallée dans les vieilles voitures rouges est un plaisir supplémentaire à cette incroyable descente des hauts sommets du massif du Mont-Blanc. Nous quittons cette ligne ferroviaire mythique irrémédiablement liée à la ville de Chamonix et partons flâner en centre ville avec nos pompes de ski et nos planches sur le dos. Notre présence en tenue de ski ne semble pas étonner les touristes du monde entier, c'est le grand bazar. Chamonix est à la montagne ce que Saint Tropez est à la mer, bref une fois nos emplettes réalisées nous filons au parking se débarrasser de tout ce pesant matériel pour enfiler un short beaucoup plus adapté aux températures du jour.
 
Finalement on a bien fait de revenir, cette descente est toujours aussi spectaculaire, c'est un truc à faire au moins une fois dans sa vie, et même plusieurs fois !

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Face nord de l'aiguille du Midi
Sur le fil de l'arête de l'aiguille
Pas grand monde aujourd'hui
Y a plus personne sur l'arête
On commence par de grands espaces
Premiers séracs
Une bonne neige
Poursuite de la descente
Attention à la glace
Belle Descente !
Belle Descente !
Belle Descente !
C"est immense !
plus bas c'est presque plat, fartage obligatoire
devant l'ancienne grotte de glace
Hélène avec Liv Sansoz !
On termine dans le pittoresque petit train du Montenvers

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