Récit
C'est une balade que j'avais faite il y a bien longtemps avec Jeannot, elle pouvait coller avec un retour par les airs, compte tenu de ma petite condition et de la neige encore bien présente sur les sommets, c'est le moment ou jamais... après avoir laisser la caisse à un endroit stratégique entre l'attéro et le départ de la montée, j'emprunte le petit sentier horizontal qui longe les entreprises de béton précontraint. Il passe au pied de la grande falaise dans une solitude presque oppressante sous l'ombre humide des grandes roches sombres. Soudain, une porte se présente à 10 mètres du sol,une courte Via ferrata permet d'y accéder. Ni une ni deux, je pose la voile et entame une reconnaissance. C'est un petit parcours historique sans doute pour accéder à des carrières. Le plus grand porche a été aménagé en une école d'escalade avec des voies abominables. La présence incongrue d'une énorme peluche au sommet d'une voie ajoute encore à l'ambiance glauque et humide. Suite à ce bref intermède, la voile est remise sur le dos et j'attaque enfin la montée.
La COREPHA a bien fait les choses, des lacets ont été aménagés dans les parties les plus raides du sentier, et ils ne manquent pas, les raidillons. L'arrivée au belvédère des maquisards est un grand moment, on s'extirpe du vallon glacial pour trouver une douce et chaude lumière sur des prairies en fleurs. Les signes d'un passé riche en événements surgissent au gré d'un sentier qui s'enfonce dans une épaisse végétation faite essentiellement de buis. Ici un point de surveillance, là un ancien four en ruine, plus loin encore une source moussue, la balade est riche et variée. Au Col de Tençon, changement de décor, on évolue dans un versant sud chaud et raide, le sentier conduit sans détours au plateau du Grand Ratz, petit passage au sommet par des sentes presque invisibles.
Je me suis gouré en descendant sur le décollage, c 'est en arrivant sur le village du Grand Ratz que je me rends compte de la boulette. Demi tour pour trouver l’embranchement qui décidément est dur à voir puisque je vais rebrousser trop longuement sur la piste. Un petit coup de GPS OruxMap me remet sur le droit chemin. Une petite moto pétaradante surgie d'en face, et disparaît dans les sous bois... c'est la seule personne que j'aurai vu de la journée. En arrivant sur le décollage, la biroute est parfaitement orientée. Compte tenu de ma nouvelle voile qui n'a encore jamais volée, j'opte pour une petite séance de gonflage dans un champ vers la butte à Paccard.
A mon retour le soleil disparaît derrière un voile d'altitude réduisant l’influence de la plaine sur ce site magique. La brise mollie d'un coup alors que j'escomptais tenir un peu. Une fois dans la sellette toujours pas de soleil et encore moins de vent de face. Je me pose devant la voile et scrute le paysage, de petits camions colorés s’échinent sur la grande côte de l'autoroute, la campagne est animée d'une présence humaine très active, ici une voiture, là un tracteur s'affaire dans les champs. La vue est vraiment dégagée sur ce site où je n’étais pas venu depuis plus de 15 ans.
Finalement de faibles thermiques cycliques orientent correctement la biroute, c'est à la faveur du suivant que je décolle facilement. Cette nouvelle voile est parfaite pour la montagne, pas trop lourde, solide et tranquille à monter au dessus de la tête. Pour le vol, ben il n'y a vraiment rien. Pas de soaring et vol minute jusqu'à l'attérro. Voila un bien joli tour où la marche variée permet une visite précise de ce relief que certains annoncent comme étant la pointe extrême du Jura ??? n'est-ce pas loufoque ?

Grand Ratz