Encore un coup de bol !
Du mauvais temps comme ça, moi j'en veux tous les jours ! Alors que se dissout une vilaine mer de nuage basse et poisseuse, au loin se prépare une une vague de mauvais temps. Se trouver à la conjoncture de ces deux événements est un privilège, par un hasard incroyable, j'en suis !
De plus la neige qui devait être monstre pourrie, ne l'est pas tant, une couche dure rapidement recouverte d'une couverture de neige fraiche sinon poudreuse du moins légère et épaisse. Le paysage attire mon regard comme un aimant, manque de bol il est derrière, aussi la marche est quelque peu délicate. Heureusement une belle trace vient d’être faite, et elle perdurera jusqu'au sommet !
Au lac Charlet, j'observe une minute de silence – tout seul cela ne se remarque pas trop – une minute de silence pour mon ami Jacques, grand amateur de Messiaen devant l'éternel, il a rejoint son maitre depuis bien des années... Entre le fait que le lac porte son nom et la proximité de la villégiature de Messiaen, le souvenir est forcement tenace ! Bref, je poursuis sur cette trace quasiment idéale, je n'aurais même pas besoin des couteaux. Plus haut un couple de petit vieux me double avec entrain, c'est beau d'avoir la caisse ! Pour ma part, la simple vue du Pérolier éclairé d'un dernier rayon de soleil suffit à mon bonheur, j'arriverai la-haut quand j'arriverai !
Sur la dernière crête sommitale, une petite bise bien fraiche me gèle le coté droit et plus particulièrement l’œil droit. Heureusement ce n'est pas trop long et en plus au sommet la brise passe par dessus ce qui permet un calme relatif propice à l’enlèvement des peaux et accessoirement de profiter du paysage. Il est temps de descendre.
Belle petite descente dans une neige assez bonne, il suffit de viser les combes où la neige s'est déposer plus doucement qu 'ailleurs. Je ne m'attendais pas à une si bonne neige. 900 mètres de dénivelée sans avoir a réfléchir sur la trajectoire, c'est un luxe rare au mois de décembre. De retour à la voiture, le mauvais temps peut venir, il est d'ailleurs déjà sur les sommets avoisinants, il ne reste plus qu'a rentrer, en écoutant une découverte sublime, Richard Hawley.... Guitare, harmonica de verre et voix sur un rien de mélodie :
As the dawn BreaksI hear a songbird's melody
and she's singing just for me...
Y a pas que Messiaen qui est inspiré par les oiseaux !