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Romans, autobiographies
Balaïtous et Pelvoux
de Henri Beraldi - Avant-propos de Michel Record · Rando Editions
Parus pour la première fois en 1907 et en 1910, les deux tomes de Balaïtous et Pelvoux, œuvre de l’écrivain et bibliophile Henri Beraldi, sont ici réédités en un seul ouvrage. Un livre de passion, celle d’hommes de silence et d’effort, d’héroïsme même, jusqu’à y laisser le corps et l’âme : les officiers géographes, les géodésiens.
Le Balaïtous, sommet majeur des Hautes-Pyrénées, et le Pelvoux, haut massif cristallin des Écrins, ont en commun d’être des défis à la topographie, des abîmes ouverts sous le regard des historiens. Tous deux, culminants et glorieux, ont inscrit leur puissance labyrinthique dans la vie et dans la mémoire de ces hommes qui n’étaient en rien impatients de renommée : Peytier, Hossard, Junker, Durand. Franz Schrader dit d’eux : « Ces hommes étaient les serviteurs d’un devoir et d’une idée. Aucune de nos passions d’alpinistes n’agitait leur âme». L’ascension du Balaïtous demeura inconnue pendant près de quatre-vingts années ; l’écho de l’exploit comme étouffé par la nécessité unique et sèche du calcul, de la mesure. Durand, le conquérant silencieux du Pelvoux, devint graduellement fou.
Beraldi fait vivre cette histoire, ces histoires, ces « petits événements dont l’ensemble est grand ». La volonté, la conscience des géodésiens mise au défi de la routine et de l’incompréhension administrative. Schrader encore : « Son livre est fait ainsi de précision visible et d’émotion invisible, et c’est ce qui le rend parfaitement beau ». Au-delà des mesures d’angle et des années d’efforts englouties dans les archives ministérielles, enfouies dans les éclipses de la chronique, Beraldi établit une légende fervente, tissée des arcanes de géographies singulières, mais aussi des replis d’ombres tragiques.
Les pyrénéistes et les alpinistes d’aujourd’hui, pour mieux apprécier encore leurs terrains d’aventure et de contemplation, feront leurs ces pages de péripéties quotidiennes, si éloignées de ce que l’on nomme aujourd’hui médiatisation, pour approcher l’intensité du travail géodésique, pour accéder à la noblesse de consciences élevées.