Récit
On était partis samedi de Saint-Etienne pour faire l'Obiou le lendemain, mais la pluie persistante de ce samedi nous en a dissuadés (encore humide donc trop dangereux ?). Donc on s'est rabattus sur la Tête de l'Aupet... C'est la 2e fois que l'Obiou nous fait ce coup-là (il y a 2 ans on s'était rabattus sur le Nid...).
Ce dimanche matin donc, on est partis du virage dans un épais brouillard. On ne voyait RIEN ! Le moral des troupes n'était pas non plus au beau fixe, mais Gérard qui ouvrait la voie (et qui ne la connaissait pas plus que nous) à la boussole avançait imperturbablement... Après la cabane pastorale (ouf), dans les pentes de caillasses, l'absence persistante de toute visibilité n'a pas arrangé le moral... Le miracle s'est produit vers 1800-1850 m. D'un coup, le voile gris s'est déchiré au-dessus de nos têtes, et ce qu'on a découvert alors était féérique : droit devant et de chaque côté, d'immenses parois éblouissantes au-dessus de nous, sous un ciel d'un bleu intense sans le moindre nuage ! Et quand on a compris, très vite, qu'on était bien au fond du vallon des Narrites, le moral des troupes a explosé ! La suite n'a été qu'un enchantement permanent : la remontée du vallon, puis l'accès à la crête par une belle vire dans le rocher à droite , et l'ascension jusqu'à l'antécime (où la faim nous a fait sortir les provisions du sac), puis un dernier coup de cul dans les derniers "escaliers" jusqu'au sommet. Paysage magique : de tous côtés, la mer de nuages, dont seuls émergeaient les hauts sommets, étincelants, du Dévoluy bien sûr, mais aussi des Ecrins, du Vercors, etc., jusqu'au Mont Blanc ou au Queyras... On en a presque oublié qu'on était partis de Saint-Etienne pour monter à l'Obiou... Le gardien du gîte (impeccable) de Saint-Disdier nous a suggéré le moyen de briser ce mauvais sort pour une 3e tentative l'an prochain... mais on ne vous le dira pas ici, sinon ça va encore rater !

Obiou