Récit
Ça faisait longtemps!
Il devient difficile de trouver des créneaux en ce moment, alors quand le manque de neige concorde avec un arrêt inopiné de la soufflerie et qu'en plus ça tombe un samedi, il faut faire un effort et braver les températures glaciales.
Peu de neige sur le parcours, c'est tout juste blanchi par endroit d'une espèce de fine couche de neige qui ressemble à s'y méprendre à du polystyrène.... mais en beaucoup plus froid. Peu de vent durant la montée, les guêtres sur mes chevilles sont totalement hors sujet, quant à la polaire, une fois sur la crête finale, elle s'avère tout à fait idoine et me permet de rester au plus près du fil pour surveiller les conditions qui sont limites.
En effet une petite bise, venant du sud et malgré tout bien fraiche, siffle dans les branches dénudées. Manifestement les 150 km/h de la semaine passée n'ont pas fait trop de dégâts : les arbres sont encore debout ! Alors il faut poursuivre au moins jusqu'au sommet. Là-haut c'est le gros doute, 20 – 25 km/h de Sud mais bien laminaire. Les mains gantées sont bien planquées dans les manches de la polaire et du coupe-vent (autrefois appelé k-way) , je regarde le paysage et étudie les possibilités de vols. Si la direction du vent est bonne, sa force l'est un peu moins. En plus il fait -5° alors poireauter dans cet air glacial n'est pas une partie de plaisir. Pourtant on m'attend à Villard pour midi.....
Je me prépare donc pour une séance de gonflage et plus si affinités. Effectivement, la brise mollie alors que j'étale grossièrement la voile. Le vent est maintenant fréquentable et la voile monte délicatement dans cette brise parfaitement laminaire. Quelques minutes à tenir la voile et une fois prêt dans ma tête, je m'approche de la pente à petits pas, une enjambée et hop dans le ciel glacé.
Le vol est à peine perturbé par ce vent du Sud qui doit être moins fort loin du relief. De temps en temps, il y a bien un ample mouvement de la voile mais rien de méchant. L'impression de ne plus descendre est étonnante. Il faut dire que le vide est conséquent, il est difficile de trouver ses repères. Comme la dernière fois, plus on descend, plus le vent de vallée est fort. Je me rassure en disant que l'absence d'écume sur les vaguelettes à la surface de la retenue est bon signe. Pourtant l'épaisse fumée d'un gros feu de branchage s'étire longuement au sol vers le nord sans pouvoir prendre d'altitude. Les champs étant immenses, pas de souci, ce sera attéro en marche arrière. Cette maudite brise thermique qui dévale la vallée de l'Isère est souvent forte en hiver.
Voilà un beau vol qui clôture sans doute l'année 2009, il est à noter qu'elle se termine comme elle avait commencé : Par un beau vol du plateau du Sornin !
