Ski de rando
Ski avec le cougnate (Col du Sabot)
Voilà bientôt cinquante ans que nous nous sommes liés d'amitié le cougnate et moi. C'est d'ailleurs avec lui que nous avions fait notre...
Le 12-01-2024 par Michel Pila · Grandes Rousses - Arves · Col du Sabot 2100 m
Je me fais fort de dire à qui veut l'entendre que depuis quelques années j'ai une pendule dans le crâne, rendant caduque l'usage du réveil pour me lever le matin ! Hier soir alors que nous décidons d'un objectif ambitieux nécessitant un départ aux aurores, j'insiste auprès de ma belle sur la vacuité du réveil matin en raison de ma toute nouvelle faculté temporelle. Eh bien croyez-moi si vous voulez mais ce matin c'est l'aube naissante qui m'a péniblement tiré des bras de Morphée... Deux heures trop tard. En conséquence de quoi, il a fallu en catastrophe trouver un itinéraire de repli moins matinal.
C'est ainsi que nous nous retrouvons sur les coups de 10h30 au parking de Villette au-dessus de Vaujany avec pour dessein l'ascension du modeste Col du Sabot. Une belle mer de nuages entretient une fraîcheur givrante en dessous de nous pendant que le soleil illumine déjà notre parcours. Il suffit de suivre l'une des nombreuses traces de montée en variant l'itinéraire en fonction des aiguillages rencontrés. La neige est dure dans la trace mais encore bien légère en dehors de la tranchée, comme si le fait de la toucher la rendait irrémédiablement mauvaise. Nous prenons un rythme de sénateur idéal pour ne pas trop suer tout en profitant pleinement du décor couvert de sucre glace.
Puisqu'une trace continue au dessus du col, nous poursuivons la balade jusqu'à la limite de la gencive des Rochers Motas. L'action conjuguée du chaud soleil et de la neige glaciale en sous-couche entraîne la formation de sabots désagréables ralentissant encore notre cadence, aussi renonçons nous rapidement à poursuivre vers les sommets. Par ailleurs un léger vent du sud nous pousse à redescendre prestement pour nous installer confortablement à l'abri d'une congère afin de faire la pause méridienne. Évidemment, en déballant le pique-nique, la salade de riz manque à l'appel. On se contentera donc du délicieux pâté au maroilles dont l'inconvénient principal réside dans l'odeur persistante du fromage sur nos doigts gourds, bonjour le parfum dans les gants !
Il ne reste plus qu'à terminer la descente sur une neige bien meilleure que prévu pourvu que l'on s'écarte des traces. Une neige encore poudreuse quoiqu'un peu lourde au soleil redouté. Avec un peu d'astuce, nous ferons presque toute la descente à l'écart des traces, excepté quelques courts troncs communs inévitables et en neige dure. Voilà une belle journée au soleil avant de replonger dans la grisaille au niveau de la station de Vaujany.
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