Récit
Si nous n'avons pas pénétré plus avant dans le coeur des Ecrins, c'est que j'ai cru bien benoîtement que les derniers névés de l'hiver nous opposeraient une résistance farouche, barrant le passage aux plus hauts sommets. Néanmoins, le dôme de Cote-Belle, sommet satellite aux avant-postes des plus hautes cimes, permet d'en mesurer toute la sauvagerie tout en restant les pieds au sec.
Pour accéder au sommet, il faut emprunter de vieux chemins d'un autre temps, celui d'avant internet, où le temps s'écoulait lentement au rythme des saisons. Ici un mur moussu, là une source froide et limpide qui gicle dans de grands bassins clairs. Plus haut la forêt cède la place à d'immenses prairies remplies de fleurs odorantes. Pour une raison obscure, les anciens ont jugé bon de faire passer le sentier à travers une barre rocheuse, par une alternance de tunnels sombres et de passerelles au-dessus de profondes gorges, étonnant parcours assez ludique qui demande néanmoins une grande attention.
Après avoir traversé le Col d'Hurtière, où le paysage s'ouvre sur le sud, il reste à gravir la dernière pente herbeuse, véritable mosaïque de fleurs colorées. Myosotis nains, anémones pubescentes, gentianes de Koch, orchis aux couleurs exubérantes, on en prend plein les yeux. Et pour finir la balade, un retour par les airs, c'est la cerise sur le gâteau. Que c'est bon de vivre dans un environnement pareil ! Ce n'est pas pour rien que nous somme dans le Valbonnais, le Bon Val on y aime !
