Récit
Après les trombes d'eau hier, il est étonnant de voir ce matin un ciel aussi dégagé, il faut en profiter. Bien que les balises annoncent des vents inconstants, je me risque sur ce coin de la Savoie souvent épargné des rafales. Effectivement au départ c'est le calme plat, le sentier est recouvert de feuilles mortes toutes molles et silencieuses par l'effet de l'humidité. Quelques chiens de chasse aboient dans le lointain, sans doute derrière une pauvre bête, la solitude est totale. La grisaille et l'humidité rendent l'ambiance un peu déprimante, pourtant le calme persiste jusqu'au col de Sciaz ce qui ne manque pas de me plonger dans un optimisme débordant, je vais redescendre par les airs...
C'est sans compter sur la fatalité. A peine cent mètres sous le sommet les rafales ont commencé à se faire sentir, d'abord gentiment, puis de plus en plus insistantes. Sur la crête sommitale la sanction tombe, des vilaines rafales troublent la quiétude ambiante, oh pas souvent, mais les ronflements que produit le vent dans les branches maintenant nues des frênes est sans appel. Ça pousse bien entre trente et cinquante... Hors de question de se lancer la dedans. C'est dommage car le reste du temps la brise est tout à fait fréquentable. Je pousse donc jusqu'au sommet oriental et arrive au cairn en même temps qu'un autre randonneur. La brise est fraîche et toujours aussi inconstante. L'herbe est recouverte d'une petite couche de neige qui rend la pente plutôt glissante.
Compte tenu de la prévision annonçant une augmentation des vents, j'opte pour un repli sur le versant Est de la montagne, puisque je ne vole pas, au moins faire une boucle nouvelle et variée. La descente sur le col du frêne est assez plaisante maintenant que je suis passé sous le vent. Au col du frêne le premier véhicule qui passe me redescend pas loin de mon point de départ. Finalement une jolie petite sortie même si la voile n'a pas été dépliée, ça ne peut pas fonctionner à tous les coups !
