Récit
La météo incertaine actuelle a un peu le don de jouer avec mes nerfs pour préparer les sorties…
J’avais finalement le week-end disponible et j’avais donc bien sûr envie d’essayer mes nouvelles raquettes… Après quelques hésitations je me suis décidé à accompagner Scal qui comptait bivouaquer sur les Hauts-Plateaux du Vercors avec Phil. Mes hésitations venaient surtout de la météo (le dimanche était annoncé bien médiocre) et de l’itinéraire prévu : Scal, à la forme physique toujours étincelante voulait monter depuis St Agnan mais pour ma part comme je comptais prendre la pulka ça faisait beaucoup de dénivelée en peu de temps, avec la promesse d’avoir des obstacles comme les arbres couchés en travers du chemin… Mais Scal me rassure la veille : on t’aidera si besoin !
Bref je me laisse tenter et c’est parti ce samedi matin, un peu avant 8h. La première difficulté vient de la route : il y a pas mal de monde sur l’A48 pour aller profiter du ski et la circulation finit par être très dense, avec des ralentissements fréquents. Sur un nouveau ralentissement je tilte que la voiture devant s’est complètement arrêtée, je suis debout sur les freins et ma voiture s’arrête à 15 cms du pare choc de la voiture devant, et je vois aussi la voiture derrière moi en perdition qui s’arrête à peu près pareil après avoir quelque peu zigzagué. Nous repartons et je ne tarde pas à comprendre : deux voitures viennent de se cartonner une centaine de mètres devant sur la voie de gauche.
On repart plus tranquillement et j’arrive enfin sur le plateau du Vercors : les petites routes secondaires sont bien blanches et je retrouve Scal et Phil sur le parking de St Agnan. Une surprise pour moi : ce sont deux MULs et ils soupèsent mon sac avec des éclats de rire en disant « et dire qu’on était comme ça avant ». Et pourtant pour un bivouac hivernal je n’ai pas l’impression d’avoir pris beaucoup de superflu, enfin on verra !
Nous partons sans tarder : comme prévu la montée est raide, au bout de 20m de montée il y a des arbres en travers de partout donc je ne cherche pas plus : le sac à dos quitte la pulka pour gagner mon dos et de temps en temps Phil ou Scal me décoincent la pulka dans les branches.
Nous finissons par atteindre le pas qui mène au grand creux (déconseillé aux raquettistes car il franchit une barre rocheuse). Comme j’en ai ma claque des montées raides et encombrées de végétation, je poursuis sur la route forestière de Pré Rateau alors que Scal et Phil montent droit au grand creux. Nous contournons donc la montagne du Grand Larve chacun de notre côté : par le nord pour eux et par le sud pour moi.
Nous poursuivons en remontant le joli sentier central jusqu’à l’intersection du GR91 où nous retrouvons un bon paquet de traces. Nous descendons vers le sud pour bivouaquer aux abords de la Jasse du Play. Quand nous y arrivons un feu de cheminée accueillant est allumé et 5-6 personnes qui semblent fort sympathiques y sont et nous invitent à rester. Mais nous avons chacun un objectif : Phil veut faire un igloo ou au moins un trou à neige, pour ma part je veux avoir quelques idées précises sur le montage d’une tente dans la neige et Scal est un peu là en maître de cérémonie. Donc, tels les pieds nickelés en partance pour de nouvelles aventures, nous quittons la cabane chaleureuse pour nous enfoncer sur le plateau alors que la nuit tombe.
Le coin idoine ne tarde pas à être trouvé et chacun s’affaire : Scal installe son tarp avec des travaux de terrassement importants, Phil creuse son trou à neige et pour ma part j’installe la tente, plutôt satisfait : les ancres à neige tiennent bien et la différence de température avec l’extérieur est quand même assez nette. Le dîner n’est cependant pas très long car le froid est bien vif et chacun veut vite gagner son duvet. Pour ma part c’est plutôt une bonne nuit (meilleure qu’en été) ; je suis juste réveillé un moment car j’ai vraiment très froid aux orteils : c’est parti pour la deuxième paire de chaussettes. Je suis encore réveillé vers 4h du matin par un grand cri : c’est Phil qui vient de finir son trou à neige… (non : il m’arrive de plaisanter)
Au petit matin il fait bien froid : tout est gelé, la gourde, le bouchon du thermos, la montre (zut j’aurais voulu voir la température), le bord du sac de couchage là où je respirais… Bon néanmoins la sensation est moins frisquette que la veille au soir et nous profitons du moment avant de repartir vers 10h30 vers le sud et la jasse de la Chau. Nous recroisons les skieurs sympathiques qui ont dormi la veille à la Jasse du Play.
A la jasse de la Chau Phil fait le calcul qu’il nous reste bien 5h pour rentrer, et je réalise effectivement en regardant la carte que les solutions de retour sont effectivement longues, alors que j’avais promis à Mme Ced de rentrer tôt. Du coup je trace (surtout que nous sommes en descente et qu’il y a une trace excellente faite par les skieurs donc là la pulka est à la parade).
Nous arrivons au bout de la clairière du Pichet, je n’ai pas vraiment faim donc je salue Scal et Phil qui s’arrêtent là pour déjeuner et je file vers le nord par quelques sentes qui doivent me permettre de récupérer la route forestière des Charbonnières pas mal plus vite. L’ambiance est étonnante : il neige bien, je longe des longues prairies aux multiples traces d’animaux mais pas de traces humaines dans la poudreuse à profusion : de quoi se sentir perdu ! J’aurai au final particulièrement apprécié ce passage malgré tout. Enfin je débouche sur la route et zut : pas de traces, il n’y a plus qu’à les faire mais clairement ce n’est pas le terrain absolument idéal pour la pulka, même si le côté quasi plat et large est tout de même bien agréable. Peu avant la baraque des Bachassons je tombe à nouveau sur la trace des skieurs et à nouveau le miracle se produit : la pulka est parfaite et je file à grande vitesse pour rejoindre St Agnan…
J’y arrive à 17h45, il neige toujours avec un vent de sud assez sensible. C’est parti pour le retour sur Lyon qui est au final aussi stressant qu’à l’aller, car à partir de St Exupéry la neige tient au sol et les routes blanchissent…
Quelques photos à venir.

Pulka et MULs