Récit
Ce qu'il y a de bien avec le parapente, c'est qu'en hiver on n'est vraiment pas pressé, au contraire, il faut attendre que la mer de nuages se dissipe. C'est donc sans stress que je commence la marche sur la petite trace de raquettes, la glace ne dure pas longtemps et elle laisse rapidement place à une belle neige bien damée et crissante sous la semelle. Tranquillement l'altitude est acquise et la sortie au dessus de la mer de nuage demeure toujours un temps fort. Il faut évoluer maintenant sous la voute azurée, c'est bon ce soleil qui vous réchauffe le dos malgré les moins dix degrés ambiants.
Aujourd'hui pour atteindre le sommet, il vaut mieux suivre les traces de raquettes qui contournent la cime par le sud et puis, quand le sentier s'écarte de l'objectif, c'est le quart d'heure pénible. Il faut tracer jusqu'au sommet dans une neige bien profonde par endroits et sans raquette on s'enfonce beaucoup. Mais à l'approche de la crête, la neige se fait de plus en plus dure. C'est même carrément une vrai patinoire sur le plat sommital. Il faut marcher sur des œufs pour ne pas se prendre un râteau. Pour les autres éléments heureusement c'est idéal, une douce brise vient de la bonne direction, et la mer de nuages se morcelle juste là où je vais. Reste le détail de la croute de glace, comment gonfler le parapente sans s'en prendre une ?
Alors il faut effectuer une petite répétition sans la voile pour voir s'il est possible de courir, finalement pas de souci, on casse la glace en s'élançant à pas lourds, ce qui donne un semblant d'adhérence. Tout compte fait avec cette brise parfaite la voile se lève sans résistance, il ne reste plus qu'a galoper à grand pas vers la cassure, et hop, me voilà en l'air.
Vol sans histoire dans un paysage des plus agrestes. A noter une présence d'un vent du sud de plus en plus soutenu durant la descente... :oops: tant et si bien que ça n'avance plus beaucoup J'aurais aimé avoir une marge de sécurité en m'avançant au-delà du terrain d'atterrissage, mais rien à faire, le vent est rude bien que laminaire, c'est bien simple, je n'ai pas pu faire un seul virage, soit un plan de vol à deux de finesse! et les trois cent derniers mètres pratiquement à la verticale du terrain !
