Mont Hunter par l'arête ouest

Mont Hunter par l'arête ouest

  • Altitude départ : 2130
  • Altitude sommet : 4777
  • Dénivelé : 2700
  • Temps de montée : expé
  • Orientation : Ouest
  • Itinéraire :
    • en boucle

Itinéraire

Première descente à ski du Mont Hunter pour Lorne Glick, John Whedon, Armond du Buque, Andrew McLcan

Cf cliché de l'itinéraire + compte rendu de la sortie.

Camp de base à 2160 m, camp avancé à 2600 m.
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Topo créé le :

Anchorage > Talkeetna > avion jusqu'au camp de base.


Situation




Sortie du 14-05-2003

" […] Début de l’aventure. Atterrissage à Anchorage puis trajet de quatre heures en camion jusqu’à Talkeetna où le beau temps se fait attendre pour repartir en coucou direction la chaîne de l’Alaska. Déposés juste en-dessous du traditionnel camp de base de Kahiltna, nous déchargeons des centaines de kilos de vivres et de matériel, que nous portons ensuite à notre camp de base à 2130 m d’altitude. Anticipant de longs épisodes de mauvais temps, nous emmenons avec nous tout le « nécessaire » -lecteurs CD, baffles, des œufs, du bacon, quatre tentes, des livres et une abondante quantité de whisky.

Le premier objectif est d’ouvrir une ligne dans une cascade de glace afin d’installer un abri pour le matériel à 2600 m. A la suite de cette opération et de cinq jours de météo exécrable, nous accomplissons une cérémonie Puja en offrande aux dieux de la Montagne avant de nous lancer dans l’ascension de la voie à 9h00 du soir (14 mai) sous une pleine lune bienveillante. A skis, nous ne serions jamais à plus de quelques heures de nos tentes, si bien que nous laissons au camp tout le matériel de bivouac pour grimper seulement avec de légers sacs à la journée. A la sortie du couloir principal, nous tombons sur l’arête ouest à 3600 m, une crête à très forte exposition que nous commençons à remonter. Pas d’incident majeur si ce n’est la chute d’Armond la tête la première dans une crevasse et un froid persistant (-30°C), qui s’atténue lentement sous l’effet d’un superbe lever de soleil.

Douze heures et exactement vingt-huit minutes après le départ, nous sommes au sommet. Il y a un long moment de bonheur intense, que seule vient interrompre notre conscience que le plus périlleux est à venir. Chaussant les skis au niveau du plateau sommital, nous entamons des virages sur nos fragiles traces de montée en faisant crisser nos planches. D’emblée, noyés sous la poudreuse, nous slalomons entre des tours de glace, risquant des traversées aériennes le long d’une ligne de crêtes toujours plus étroites. Lorsque finalement l’arête se rétrécit à l’extrême, il n’y a pas d’autre alternative que de prendre le couloir terminal à 50°. Plongeant mon regard sur les 1000 mètres qui nous séparent de notre tente, petite tâche jaune bien loin en dessous, une vague de panique et de nausée me submerge. La réflexion n’étant pas la meilleure alliée dans de tes moments, je prends le parti de « débrancher mon cerveau » et me jette dans la pente, comptant sur les réflexes acquis au cours d’une vie de ski et de virages pour m’en sortir la tête haute. L’heure suivante s’écoule dans un silence tendu qui nous voit déraper dans une poudreuse instable suspendue sur une vieille couche de glace dure. En respectant les distances de sécurité entre les uns et les autres, nous enchaînons nos virages, l’oreille toujours aux aguets face aux éventuels départ d’avalanche ou cris d’avertissement des compagnons situés en dessous.

Enfin, après avoir sauté la rimaye, nos skis nous mènent jusqu’à la moraine dans un impressionnant dédale de séracs. Débordant de joie d’avoir survécu à la descente, nous sommes en train d’admirer nos traces au moment même où une avalanche les balaye. C’était comme si la montagne, seule et unique maîtresse des lieux, nous signifiait qu’elle nous avait fait une faveur en nous laissant skier ce jour-là… Peu après, le vent mêlé de neige effaça nos traces, nous laissant avec nos souvenirs de cimes, de camaraderie, d’aventures et de l’envie irrépressible d’y revenir un jour. Ah, si toutes les courses se passaient aussi bien que celle-ci !

Andrew McLean [source : document Black Diamond 03].


  • Horaire : 12 h
  • Dénivelé : 2200 m
  • Altitude chaussage : 2600 m
  • Altitude déchaussage : 2600 m
  • Risque avalanche : 3/5
  • Participants : Lorne Glick, John Whedon, Armond du Buque, Andrew McLean.

Identification

( ) bivouak.net

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