Sommet du Cheval Blanc depuis Chavailles
par le Col de Talon

Sommet du Cheval Blanc depuis Chavailles
par le Col de Talon

  • Altitude départ : 1130
  • Altitude sommet : 2323
  • Dénivelé : 1750
  • Temps de montée : 5h30
  • Temps de descente : 4h30
  • Orientation : Nord-Ouest
  • Balisage : Cairns du départ au pied du Col de Talon. Plus rien ensuite, mais le parcours de crête est évident.
  • Itinéraire :
    • en boucle

Itinéraire

Cette extraordinaire randonnée s’adresse à des marcheurs endurants. Elle commence par une marche d’approche déjà conséquente, avec notamment la montée un peu pénible au raide et sauvage Col de Talon. Mais ensuite, quel régal, quel somptueux parcours de crête, sûrement l’un des plus beaux des Alpes du Sud ! Il se termine en apothéose au sommet du Cheval Blanc, au terme d’une longue chevauchée de crêtes où sommets et cols ("baisses") se succèdent sans répit. Cela dit, comme toute chevauchée qui se respecte, elle peut être interrompue à tout moment (il faut compter aussi avec le temps du retour par le même itinéraire !) - par exemple au beau sommet "intermédiaire" de Paluel, ou encore à celui de la Mulatière… À chacun(e) de l’adapter en fonction de ses ressources physiques ou de ses contraintes horaires.

Du parking de Chavailles, traverser le village. Au carrefour, ne pas prendre à gauche la direction Heyre, mais continuer tout droit vers le Col de Talon (visible au fond sur la crête). Après 100m environ, quitter la route goudronnée et prendre à droite une large piste d’abord horizontale puis descendante. Lorsqu’elle vire en épingle à droite et passe sous une bergerie en moellons, repérer à gauche un gros cairn : quitter là la piste et descendre à gauche dans les caillasses, d’abord tout droit puis successivement à droite puis à gauche (raide !) jusqu’au torrent de Chanolette tout en bas.

Traverser ce torrent à gué (1133m) puis remonter en face en sous-bois (trace), à droite d’un affluent. Suivre les quelques cairns. Plus haut, le sentier désormais bien marqué oblique à droite (ouest). Lorsqu’il sort de la forêt et bute contre un champ (cairn), tourner à gauche en lisière jusqu’à une large piste juste au-dessus (1275m, cairn). Suivre alors cette piste vers la gauche. Plus haut, cette piste passe à droite d’une vaste prairie avec une ferme (Le Cougnas, 1284m). Continuer en forêt sur cette piste qui monte vers le sud et le Col de Talon.

Vers 1400m, un cairn à gauche indique un changement de direction. Suivre alors la trace qui part provisoirement à gauche (est), avant d’entamer plus loin une large boucle pour contourner un gros mamelon (bien suivre les cairns), et de sortir la forêt pour remonter enfin vers le sud et le Col de Talon. Vers 1580m, la trace débouche sur un vaste plateau parsemé de murs ruinés et d’enclos en pierre (La Meiris). Le traverser (sud-ouest puis sud) vers le Col de Talon tout proche.

Remonter alors au mieux le raide couloir sous ce col : soit par la rive droite (à gauche donc – il y aurait des cairns mais je ne les ai jamais trouvés…), soit par les gros blocs d’éboulis au milieu du couloir, soit encore par le fond du ravin (rive gauche) où coule souvent un filet d’eau au milieu des blocs (facile au début, mais plus délicat vers la sortie sous le Col, où on peut préférer rejoindre les gros blocs de l’éboulis sur la gauche).

Du Col (1869m), il ne reste plus qu’à entamer la longue et magnifique traversée des crêtes à droite (sud-ouest puis ouest). Tout ce parcours de crêtes voit se succéder montées et descentes, avec notamment de beaux sommets intermédiaires comme le sommet 1992 (le premier), le superbe sommet de Paluel (2305m, 300m de montée à lui tout seul avec quelques gradins très faciles) ou encore plus loin celui de la Mulatière (2282m, au-delà d’une croix commémorant 2 accidents d'avion de 1948). Ensuite, après la Baisse de Chanolles, commence l’ultime montée (sud) au sommet des sommets : le Cheval Blanc, avec son tout nouvel observatoire et sa station météo, visibles de loin. Le panorama, déjà grandiose tout au long de la crête, est ici fabuleux vers les quatre coins de l’horizon…

Le retour s’effectue par le même itinéraire (au prix d’autant de montées et de descentes qu’à l’aller, ce qui permet de revoir toutes les merveilles à l’horizon (sous un autre angle)… et au sol (le festival de fleurs, ininterrompu et magique encore au coeur de l’été).

Précautions

Carte et boussole très utiles. Emmener au moins 2l 1/2 d'eau, surtout en été, il n'y a aucun point d'eau sur le parcours (après le torrent du départ). Bien calculer son horaire avant le départ...


Commentaires difficultés

La remontée du Col de Talon est un peu éprouvante, la randonnée complète est longue, et le dénivelé cumulé important.
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Topo créé le :

De Digne-les-Bains, prendre au Nord la D900 vers La Javie. A La Javie, prendre la D107 vers Blégiers, Chanolles. Au premier carrefour, quitter la D107 pour la D807 en direction de Chanolles, et de là à Chavailles.


Situation




Sortie du 01-08-2014

Col de Talon et dbut de la crte

Depuis qu’en août 2003 ( !) j’avais failli mourir de soif à la redescente du versant ouest du Cheval Blanc (que j’avais eu l’imprudence de gravir droit dans la pente, sous un soleil de plomb, depuis Archail via la crête du Pré de l’Evêque et le Col de Cine !), je ne suis plus retourné au Cheval Blanc. Mais là, l’envie m’a enfin repris d’y remonter, mais plus raisonnablement depuis Chavailles via le Col de Talon, avec près de 3 litres d’eau… et l’intention de fouler, si possible jusqu’au sommet du Cheval Blanc, l’immense crête de cette montagne magique.
Une autre tentative, encore plus ancienne, par ce dernier itinéraire m’avait déjà laissé un mauvais souvenir : suite à une longue et infructueuse recherche de la bonne voie, j’avais quand même fini par accéder je ne sais comment au Col de Talon, mais dans un tel état d’énervement et de fatigue que je n’étais pas allé bien loin sur la crête…
Cette fois donc, j’ai soigneusement étudié l’accès (un peu tortueux il faut bien l’avouer – d’où mes précisions dans le topo !) jusqu’au Col de Talon, et malgré un petit écart involontaire mais assez vite rectifié, je suis arrivé sans trop de retard au pied du couloir sous le Col. Météo idéale, très beau mais pas trop chaud, quelques nuages par ci par là, que demander de mieux ? Et puis absolument personne de toute la journée, sauf un petit chamois dans les éboulis sous le Col et quelques marmottes au loin sur les alpages (apparemment, vu parfois l’absence de trace dans les herbes entre 2 cairns, cet itinéraire n’est pas très fréquenté).
Le raide couloir m’a quand même donné du fil à retordre ! Question : par où passer au mieux sans trop s’épuiser ? Le mieux avais-je lu serait de passer sur la gauche du couloir (rive droite donc), où il y aurait une ligne de cairns. J’ai cherché, en vain. Donc j’ai tenté successivement les pentes herbeuses (assez glissant), les gros blocs de l’éboulis au milieu du couloir (assez pénible), et enfin le fond rocheux du ravin tout à droite, qui se remonte finalement assez bien… sauf vers le haut, où certains pans de rocher, trop lisses à mon goût, m’ont fait sortir du ravin et terminer dans l’éboulis, plus rassurant à cet endroit…
Une fois arrivé au Col, non ce n’est pas "la fin des difficultés", mais le début d’une seconde tranche, infiniment plus gratifiante il est vrai : le régal commence ! Montées, descentes, dans un paysage de rêve, je ne sais plus où donner du regard, d’autant que la vue porte très loin aujourd’hui, il y a tant de sommets et de vallées à identifier… mais aussi tellement de fleurs à admirer à mes pieds, je marche sur une crête tapissée sans cesse de nouvelles variétés : joubarbes, orpins, saxifrages… et tant d’autres que je ne connais pas se succèdent, rouges éclatants, jaunes vifs, bleus intenses, mauves profonds… un vrai feu d’artifice !
L’ascension du Paluel sur le fil est un plaisir en soi, et puis les sommets plus modestes et les baisses défilent, et peu à peu la cime du Cheval Blanc qui m’a paru si lointaine se rapproche. Sur l’un des sommets, je vois des bouts métalliques tout tordus dépasser du cairn, c’est quoi ce truc… j’essaie même d’extraire ces machins informes… quand soudain je suis pris d’un doute… mais oui… ne seraient-ce pas des débris de l’avion qui s’est écrasé ici sur ces pentes en 1948, faisant plein de morts, sans compter ceux qui leur ont succédé quelques jours plus tard, dans le second avion venu à leur recherche et qui a connu le même sort ? L'hypothèse se renforce peu après, avec la croix métallique (construite semble-t-il avec les débris du 1er avion ?) fichée sous la crête peu avant le sommet de la Mulatière : devant une telle accumulation de merveilles entre ciel et terre, j’avais totalement oublié cette terrible double catastrophe !
Et quand, passée la Mulatière, je regarde ma montre, je vois qu’il est déjà 15h30 : à regret, je décide d’arrêter là ma chevauchée, car il me reste encore le même long chemin à refaire… dans l’autre sens ! Et si je ne veux pas rentrer à la nuit, le demi-tour s’impose. Déçu, je décide de revenir dès que possible, mais bien décidé alors à respecter un timing en béton !
Malgré cela le retour sera encore un immense plaisir, je découvre même quelques superbes bouquets d’edelweiss qui m’avaient totalement échappés à la montée !

Photos de la sortie


  • Horaire : 5h30
  • Dénivelé : 1750 m

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( ) bivouak.net

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