Sarrat de Culège par Cazarilh-Laspènes,
depuis Bagnères-de-Luchon

Sarrat de Culège par Cazarilh-Laspènes,
depuis Bagnères-de-Luchon

  • Altitude départ : 620
  • Altitude sommet : 1475
  • Dénivelé : 750
  • Temps de montée : 2h
  • Temps de descente : 15 mn de vol
  • Orientation : Sud
  • Balisage : balisage locale jaune 53 au début
  • Itinéraire :
    • en boucle

Itinéraire accès

De l'attéro, passer sous les rails du chemin de fer et marcher 500 m en direction du Luchon. Un petit sentier part à l'assaut de la montagne à droite juste après la gare (en face de la chapelle, rue de la Liberté). Il commence à monter vers le nord, puis opère une longue traversée vers le sud. La vue sur la ville est très belle aux endroits dégagés. La longue traversée continue vers l'ouest pour arriver à l'extrémité du charmant village de Cazaril-Laspènes (1000m). Traverser ce magnifique village accroché aux flancs de la montagne, et à sa sortie , avant la belle chapelle élancée, prendre le chemin empierré à droite pour une grande traversée ascendante vers l'Est. Suivre ce sentier bien marqué jusqu'à la grande croupe.

A 1170m une intersection, quitter le sentier principal au moment où il change d'orientation pour prendre un chemin secondaire qui suit la croupe à gauche, il est signalé par un petit panneau. Des beaux décollages vers le sud s’échelonnent jusqu'au sommet que l'on atteint par une large courbe direction Ouest au début puis Nord en finale .

Itinéraire vol

Décollages : D' Ouest à Est en passant vers le Sud. Attention par fort vent de nord on est sous le vent ! (dans ce cas il faut aller au cap de Salières par les crêtes, 1 h de plus) vers l'Est, la présence de fougères complique la préparation et l'envol, dans ce cas bien placer la voile au sommet. Vol : RAS, il y a souvent un beau thermique, juste sous le décollage. Attéro : FFVL à coté de l'aérogare. Attention survol au delà de la piste interdit (piste incluse).

Précautions

Le Sarrat de Culège ne culmine qu'à 1475m, parfait en cas de vent en altitude, il s'atteint par un chemin varié et surtout splendide. C'est une balade conseillée par le syndicat de Luchon et il faut bien reconnaître qu'ils ont raison !

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Topo créé le :

Toulouse > Montréjeau > Luchon > Aérodrome


Situation




Sortie du 13-08-2011

Le sentier au petit matin

Secours en montagne

Une perturbation est annoncée ce qui me laisse un court créneau. Un départ zéro carbone est  toujours un point positif pour la balade. Montée agréable jusqu'au petit village de Cazarils où le soleil arrive en même temps que moi.  Le ciel est maintenant limpide, point n'est besoin de presser le pas. Au sommet, l'ambiance est calme et déjà chaude, presque lourde et les mouches sont collantes. Pourtant les prémices d'une dégradation semblent malgré tout se dessiner, au loin par dessus les hautes crêtes passent des nuages moutonnés, il ne faudrait pas trop trainer.

Le terrain d'envol vers le sud est une belle pente, cependant la végétation y est foisonnante, chardons, fougères, herbes épaisses sur une hauteur qui dépasse souvent les 50cm... pas facile pour courir. Déplier la voile sur cette large couche de végétaux est étonnant, comme si la voile flottait au dessus du sol, portée par les multitudes de brindilles de toutes sortes. Une fois fin prêt dans la sellette, il me faut patienter afin d'avoir au moins un souffle d'air de face, mais rien, l'air est désespérément  immobile, inerte, comme figé dans une torpeur inquiétante d'avant l'orage. Je débute la course d'envol, mais instantanément je sens bien que cela ne le fera pas. La voile reste aussi molle que l'air qui m'entoure. Après une trentaine de mètres j’arrête la course, inutile d'espérer décoller avec si peu de portance.

Après avoir mis en boule la voile, je remonte sur le sommet et choisis une pente qui me semble plus régulière, un peu plus à l'ouest. L'air est toujours aussi humide et lourd, remettre la voile en place alors que j'ai enfilé toutes les épaisseurs finit par me transformer en sauna ambulant.
La voile est installée avec précaution, en écrasant les plus grands chardons qui pourraient s'accrocher dans les suspentes. Face au paysage, j'attends la bouffée, mais rien ne vient, l'air est définitivement nul. Alors impatient devant ces jolis moutons qui parcourent le ciel au sud, je tente un second décollage. la voile offre une résistance... ce que je croyais être un bon signe de prise au vent n'est en fait qu'un vilain chardon écrasé qui, pour se venger de l'avoir plié, s'agrippe à une fine petite suspente de l’extrémité gauche de la voile, elle pivote donc sur la gauche avant d'enfin se libérer de cette végétation agressive... Il s'agit de se recaler sous la voile, cependant dans cette toundra épaisse, il m'est difficile de voir le relief. Alors que j'allais y parvenir, en pleine course dans la pente, un trou me fait perdre l'équilibre, et paf je m’étale de tout mon long sur le coté, le bras gauche en arrière. une douleur fulgurante à l'épaule se fait sentir pendant que tout s'immobilise et que la voile me tombe doucement dessus comme une feuille morte.

Je reste un moment abasourdi, non pas que la chute fut violente, mais plutôt par la douleur qui, bien que calmée, me transperce l'épaule gauche. Au bout de quelques minutes, il s'agit de faire l'état des lieux, tout va bien mais impossible de faire le moindre mouvement avec le bras gauche. C'est quand je tâte l'épaule qu'il faut bien se rendre à l’évidence qu'elle est complètement déboitée, à y regarder de près, l'humérus est à 4 ou 5 cm de son emplacement normal, il est maintenant sous la clavicule... L'épaule est comme raccourcie et présente un creux impressionnant à l'endroit ou devrait être le bras. Alors doucement je reprends une à une les suspentes de mon bras valide, forme une boule informe de la voile, me relève péniblement et remonte difficilement la pente, le bras gauche plaqué contre le corps et la main gauche agrippée à la ceinture du pantalon. Une fois sur le sommet, il faut faire le point.

Je suis seul sur un sommet improbable, pas question d'appeler les secours, puisque le bras s'est démis, il doit bien être possible de le remettre soi-même. A la John Wayne, ce doit bien être facile! La présence d'un immense arbre renversé me donnera, par sa vaste ramure encore en place, le support de mon opération de réduction. Je passe donc le bras gauche par dessus une grosse branche et commence à tirer doucement le bras tout en me laissant porté de tout mon poids sur la branche. Si la douleur devient insupportable, le bras en revanche ne revient absolument pas dans son logement. Bon dieu mais comment il s'y prenait John Wayne ? Au bout de quelques douloureuses tentatives qui n'auront pour seul résultat tangible que de me faire perler les gouttes de sueurs sur le front et monter les larmes aux yeux, j'abandonne cette tentative héroïque de réparation autonome... J'ai plutôt l'impression d’être un acteur des bronzés qui tente une réduction de luxation à coup de bâton de ski dans la gueule.

Que faire ? Descendre, alors que le moindre mouvement me fait cruellement souffrir et que faire de la voile? Et absolument personne pour m'aider ! C'est sûr, les balades dans les coins sauvages, c'est bucolique, mais quand y a un os, c'est nettement moins agréable. Alors, mettant ma fierté dans ma poche, j'en ressors le téléphone – dont la batterie est complétement à plat – et tape les trois chiffres des secours, le 112. Rapidement je tombe sur le standard de Toulouse, compte tenu des éléments que je lui transmets, il me redirige vers les pompiers, qui eux-même me transfèrent sur le PGHM de Luchon. L'interlocuteur est manifestement chevronné, il connait le Sarrat de Culège! Rendez-vous est pris pour un sauvetage dans les prochaines minutes, et on raccroche. 

En attendant les secours, je me suis mis en tête, assis dans les hautes herbes à coté de ma voile, de la  ranger dans son sac. Alors, poignée de chiffon par poignée de chiffon, j'ai consciencieusement bourrer la voile et les ficelles dans le sac de ma seule main droite valide - manque de bol pour moi, je suis gaucher -, l'entreprise aura fini de me tremper de sueur, mais petit à petit j'y suis arrivé. Les mouches qui tournent autour de ma tête sont agaçantes, j'en gobe d'ailleurs une ou deux rien qu'en respirant un peu fort ! En attendant les secours il m'a semblé sentir quelques brises idéales pour décoller en provenance de la vallée... J'ai pu, durant les quelques minutes d'attente, me poser bien des questions existentielles du genre : ne serait'il pas le temps d’arrêter toutes ces conneries dangereuses et de revenir à ma première passion, le train électrique ?

C'est sur ces considérations que mon téléphone s'est mis à sonner:
- Les secours sont près de vous, veuillez signaler votre présence.
Bien que je n'ai rien entendu, je signale à qui veut l'entendre ma position, une personne me répond! Ce sont deux gendarmes du PGHM qui sont montés depuis Cazarils en moins de 30 minutes! Ils me prennent en charge très gentiment et me disent attendre le docteur pour tenter une réduction de la luxation. Quelques minutes plus tard, le bruit d'un hélico se fait entendre, il arrive au dessus de nous et se pose dans une minuscule clairière juste derrière mon décollage dans un tonnerre de rafales. Le docteur, une jeune femme, saute de l'appareil et vient vers moi pendant que s'immobilisent les pales dans un silence revenu. Après un rapide examen, décision est prise de tenter la réduction en deux essais. Le gendarme propose son aide en sortant une sangle de son sac. Houla, c'est quoi sa méthode? En fait ça a super bien marché, pendant que le gendarme soulevait la sangle passée sous le bras, le docteur a tiré le bras vers le bas, au moment où j'étais le plus détendu et dans un bruit étrange de succion, le bras est revenu dans son logement. A ce moment là c'est une libération, plus de douleur, ou si peu, l'impression d'avoir retrouvé mon bras, je leur aurais bien fait la bise.

Comme il faut faire une radio de contrôle, ils proposent de me descendre à Luchon et de poursuivre ensuite avec les pompiers à Saint Gaudens. Nous montons tous dans l'hélico, je suis impressionné par cette incarnation de la technologie... des boutons et des cadrans partout, et un vol d'une douceur incroyable, par le hublot de queue je vois le terrain de décollage qui s'éloigne... Ce n'est pas aujourd'hui que je redescendrai pas les airs, enfin pas sous ma voile. Pour ma sortie zéro carbone, j'ai tout faux.  Comme j'ai prévenu la famille, le comité d'accueil est là à l'attéro. Nous finirons la matinée à Saint Gaudens - bonne nouvelle pour les gosses : ils iront au macdo.

Il est regrettable que Loïc ne fut pas là au sommet avec moi, car à deux je pense qu'on serait venus à bout de cette mésaventure de manière autonome.
Un grand merci à tous ces gens qui travaillent dans les secours sans jamais porter un jugement de valeur sur les circonstances de l'accident.

Photos de la sortie

Commentaires

Luc
21-08-2011 23:02:56

Mister Pila a l'air d'avoir repris sa vitesse de croisière :wink: Gaff à toi !

Bipbip
16-08-2011 22:46:00

Salut Michel , bon j'espere que ce n'est pas grave et que ça ne va pas t'empecher de revoler rapidement :) Je vois que tu as fait comme moi , tu as voulu tester l ' EC145 apres l ' Alouette :wink: sinon , plutot que le train électrique , si tu veux , je peux te préter mon (pico) hélico radio-commandé : ça te rappellera un peu plus le pilotage :lol:


Aurélien B.
14-08-2011 19:46:16

Eh bien, Michel, ravi que ça se soit bien terminé ! :shock: La petite touche d'humour malgré tout : nickel :wink: Bon rétablissement !


  • Horaire : 2h
  • Dénivelé : 750 m
  • Temps de vol : 0 m
  • Plafond max : 0 m

Autres sorties

Date Titre Auteur
15-08-2010

Au sommet, c'est pas la joie, les chaussures sont deux petites piscine...

1 Michel Pila

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( ) bivouak.net

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