Points d'intérêt : © contributeurs OpenStreetMap (ODbL)
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Récit
Un court moment de calme
Ce matin, je n’ai guère le temps de baguenauder dans les montagnes alors un traditionnel Col de l’Arc est tout indiqué. Pas beaucoup de route, atterrissage proche de la voiture et orientation Est, inutile d’attendre le soleil, il viendra toujours assez tôt. L’air est calme, pas une feuille ne bouge. Le silence qui m’enveloppe aiguise ma perception: Un coq chante, un coucou me suit inlassablement, les matines résonnent au loin dans la brume. Ces sons réveillent en moi des vieux souvenirs enfouis, réminiscences d’une époque révolue et pourtant pas si éloignée où nous passions nos vacances à la campagne. C’était le soleil qui imposait son tempo, au rythme de son ascension dans le ciel. C’est marrant comme certains souvenirs restent ancrés dans la mémoire, un son, une odeur, une ambiance même ! En somme la montée s’est passée tranquillement, la tête ailleurs.
C’est au moment de la pause qu’il a bien fallu revenir aux choses de ce monde et plus particulièrement aux indices des conditions au sommet. Les cirrus évidemment ne disent pas grand chose. En revanche, et pour mon malheur, quelques discrets cumulus passent à une vitesse inquiétante. Si encore ils étaient à 3000m, cela ne me dérangerait pas, mais je vois sur Belledonne que le plafond est vers 2200 …. Bon ici rien ne bouge, alors continuons. A la sortie de la forêt il y a bien les premiers thermiques, mais rien de bien méchant. C’est sur les 100 derniers mètres que tout a changé, les pins rabougris au col sont agités, bien que ce ne soit pas la tempête, le vent du Nord se manifeste par de belles rafales tout de même. Etant donné le calme apparent juste en dessous, je ne traîne pas et redescends de 80 m. Ici le vent est de face et laminaire, ça fera bien l’affaire. Vol superbe dans une mer d’huile, j’aime ces instants de calme où le regard accroche toute une infinité de détails sur les flancs de la montagne. Ici un éboulement tout récent, là un repaire de chamois confortablement installés sur une vire secrète, ou encore cette cascade qui n’est visible que du ciel. Courtes minutes, mais combien agréables.
10 heures du matin au milieu du champ, ma journée peut commencer.

Du fran