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Sortie : Y a plus de saison !

Données de la sortie

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  • Date : 05-10-2026
  • Durée : 03:00
  • Dénivelé : 1050 m
  • Distance : 6 km
  • Temps de vol : 26' m
  • Plafond max : 2100 m
  • Sport : Parapente

Données de l'itinéraire

Participants à la sortie

Aucun participant renseigné pour l'instant.

On pensait bien être peinards en partant voler au Châtel au mois d'octobre dès les premières lueurs du jour, et bien pas du tout. 

Pourtant on commence la randonnée dans la fraîcheur automnale, les encombrants nuages d'altitude se sont vite dissipés en même temps que nos craintes, une belle journée s'annonce. Pour varier nous montons par la Pierre à Sacrifice, cet itinéraire n'a rien de commun avec notre parcours habituel, s'il n'y a pas besoin de mettre les mains dans les passages les plus raides c'est en raison des énormes marches typiques du Dévoluy. Le sentier se faufile à travers les faiblesses des falaises successives avant d'aboutir au plateau sommital immense. L'impression étrange de léviter au dessus des plaines du Trièves est presque palpable, on avance vers la borne géodésique comme dans un rêve, un peu comme dans un monde à la Moebius. Une gigantesque prairie sèche où poussent ici et là de rares arbustes rabougris, et de chaque côté le vide, l'arrivée par le nord au Châtel est unique au monde. 

Question aérologie l'affaire est plutôt simple, une légère brise souffle du sud-ouest, mais plus on monte plus cela se complique, le soleil du matin réchauffe le versant oriental, une brise thermique s'installe à l'opposé du vent météo. En attendant nous arrivons enfin au sommet, le paysage est somptueux, c'est une belle randonnée. Il va falloir choisir entre la brise thermique d'un côté et la brise dynamique de l'autre. Le soleil devenant de plus en plus lumineux, nous optons pour le versant oriental où l'ascendance semble se renforcer. 

Les voiles sont dépliées, et devant l'inconstance du courant d'air, j'assiste Hélène en lui remettant le parapente en place après un coup de vent de travers. Quand elle est fin prête le vent passe de cul, plus moyen de décoller, pourtant il y a clairement une ascendance devant nous si l'on en juge au ballet des vautours tournoyant au loin devant le relief, ils passent rapidement au-dessus de nous. Patience, me demande Hélène, moi qui n'en ai pas. Il doit bien se passer dix minutes avant que la flamme daigne se remettre dans le bon sens, c'est le moment ! Une impulsion et ma douce s'envole comme une plume au vent, Elle monte droit dans le ciel alors qu'il n'est même pas 11 heures. À mon tour je me prépare mais le vent change encore et se met à tournoyer, allant jusqu'à entortiller ma voile autour de mes chevilles, la brise devient folle. D'autres vautours viennent prendre l'ascenseur loin du relief et semblent ricaner,  voilà un thermique sous le vent, c'est pas bon. 

Alors je commence à mettre la voile en boule pour aller au vent d'ouest de l'autre côté, mais ce n'est pas bon, je retourne au décollage initial. Après bien des cycles pourris qui usent ma patience, une fenêtre semble se dessiner, j'en profite pour prendre l'air et m'envoler finalement très facilement. Ouf, il m'aura fallu plus d'une demi-heure d'attente. En l'air c'est pas la joie, le thermique n'est absolument pas confortable, il est sous le vent du relief. Assez rapidement je décide de me tirer de ce guêpier seulement le vent d'ouest me barre la route, heureusement que j'ai du gaz sous les pieds, j'avance tant bien que mal en perdant énormément d'altitude. Enfin je bascule sur le versant ouest beaucoup plus calme, c'est maintenant une longue glissade vers Mens. 

En chemin je croise encore deux ou trois pétards dignes du printemps, quand on sait que le mois d'octobre a déjà débuté depuis cinq jours, comment peut-on encore nier l'évidence du dérèglement climatique ? 

À Menglas, sitôt posés nous enlevons toutes les épaisseurs pour plier tranquillement les voiles, la différence de température avec le sommet est surprenante. Il ne me reste plus qu'à remonter à vélo chercher la bagnole garée un peu plus haut pendant que notre copain qui habite juste à coté discute avec Hélène. Nous terminons la matinée par un pique-nique à l'étang de Mens où nous observons les cumulus bourgeonner de toutes parts avant de prendre de l'extension au-dessus des reliefs qui nous entourent.

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