Ski de rando
juste ce qu'il faut (Le Chapotet)
Entre un réveil à 5h et un autre 2h plus tard, mon choix a été vite fait.Je retrouve Sam chez lui à 8h et 15' après nous sommes ski aux pieds pour un Chapotet....
Le 13-02-2022 par Michel Pila · Belledonne · Le Chapotet 2076 m
Après deux balades au départ de Prabert, quel plaisir de randonner dans la Vallée des Huiles, c'est le jour et la nuit ! Rendez vous compte, nous avons laissé la caisse au bout d'une route sauvage et sur le bord du chemin, nous étions l'unique voiture du coin ! Autant vous dire combien la sensation d'être seuls au monde est autrement plus réelle qu'à Prabert avec ses centaines de bagnoles comme à la foire du Trône.
Rien que pour aller au bout de cette piste c'est déjà l'aventure, il faut passer sous des arbres abattus par une tempête qui a dû être sauvage et violente. Nous n'insisterons pas trop sur cette route puisque de toute manière nous sommes ici pour marcher alors inutile de forcer les passages glacés de plus en plus fréquents. Et puis rapidement la neige est devenue épaisse et plus douce, les arbres se sont espacés ce qui laissera au skieur toute latitude dans ses courbes. Mais pour l'heure il est temps de remonter ces pentes magnifiques au dessus du petit chalet aux allures canadiennes. Comment ne pas évoquer la 9eme de Dvorak devant un tel paysage? L'immensité de la verte vallée de l'Isère au fond du panorama que surmontent ces étendues de neige scintillante nous transporte subitement dans le Grand Nord canadien, et toujours personne à l'horizon !
Après les pentes esthétiques du versant nord, nous rejoignons la crête, elle nous permet de voir le splendide massif des Grands Moulins sous son angle le plus âpre. Le vent jusque-là insignifiant est sensible au passage de l'épaule pour devenir de plus en plus glacial et fort au fur et à mesure que nous prenons de l'altitude. Un blizzard, comme on doit en subir sur les terres arides de l'Alaska, nous cueille au sommet, pas question de pique-niquer ici. C'est plus bas près de la pointe de Ramavoula aux consonances indiennes que nous posons le sac pour un repas peinard face à la vallée des sources du Gargoton. Toujours pas le moindre skieur, tout au plus un petit groupe de raqueteurs est passé tout à l'heure mais maintenant plus rien, rien ne viendra troubler notre solitude au cœur de ces grands espaces, un sérénité comme le Largo de la neuvième !
Les vastes étendues de neige encore vierge nous permettront par ailleurs une descente épique et agréable avec toujours cette sensation unique de vivre dans un autre monde, celui de Dvorak bien-sûr.
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