Rochers de la Peyrouse par la vire dans le
sens nord-sud

Rochers de la Peyrouse par la vire dans le
sens nord-sud

  • Altitude départ : 1020
  • Altitude sommet : 2011
  • Dénivelé : 900
  • Distance : 3 km
  • Temps de montée : 3 h
  • Temps de descente : 2 h
  • Orientation : Est
  • Balisage : Aucun balisage. Excellente trace faite par le passage des chamois et bouquetins
  • Itinéraire :
    • en boucle

Itinéraire

Le départ de cet itinéraire est choisi sur la crête de la barrière est du Vercors, au niveau de la petite selle herbeuse marquant la sortie du couloir Dérobé, juste au sud du pas Étoupe. Il y a plusieurs façons de parvenir à ce départ, en venant du versant est depuis Bourg Menu, soit par le pas de Serre-Brion au sud, soit par la pas Morta au nord. Dans les 2 cas, la description de ces itinéraires se trouve dans Bivouak, ainsi que de façon détaillée dans le livre-topo de Pascal Sombardier « Chartreuse et Vercors, les randonnées du vertige » publié aux Éditions Glénat.

Le sommet du couloir Dérobé se reconnaît facilement, dix mètres plus haut que le pas Étoupe, par les 2 pins qui se trouvent là.
Descendre facilement dans le versant est, et dans le couloir Dérobé, sur une trentaine de mètres de dénivelé, en empruntant une très nette trace de chamois et bouquetins. Sur la rive droite se voit alors le départ de la vire, que la trace remonte. On suivra cette trace sur toute sa longueur, sans avoir à se poser de question d'itinéraire.

Après un premier éperon herbeux, il faut traverser horizontalement dans une partie où l'exposition est importante (même si la trace reste nette). On arrive à un couloir étroit. Descendre dans ce couloir par un court passage qui demande quelque attention et l'usage des mains. Sortir du couloir 10 mètres plus bas, en rive droite, dans les rochers rouges sous un surplomb.
La progression continue sur la trace, de plus en plus facilement, et les panoramas deviennent de plus en plus beaux. Franchissement d'un deuxième éperon herbeux, puis d'un large entonnoir qui monte au troisième éperon. On débouche alors sur l'éperon où se trouve le départ de la voie d'escalade « Rochers de la Peyrouse_Directe de la face est »

http://www.camptocamp.org/routes/55433/fr/la-peyrouse-directe-de-la-face-e-du-sommet-n

Lors du débouché sur cet angle de la falaise, l'on pourra (peut-être!) surprendre des chamois qui se mettent à l'ombre de l'auvent, 50 mètres plus au sud.

La vire devient alors rocheuse et en balcon, ce qui la rend très ludique (ce passage est d'ailleurs trop court !). Par une diagonale descendante vers la droite on parvient à une barre rocheuse, de quelques mètres de haut, qui se franchit aisément en utilisant une large fissure. La suite de la descente est évidente car on se trouve alors pile à la verticale au-dessus de l'abri de la Peyrouse : du coup, on quitte la trace.

Remarque : du pied de la large fissure, la trace continue horizontalement vers le sud. Elle se perd, au bout de 100 mètres, après le franchissement d'une arête rocheuse.

Depuis le sommet du couloir Dérobé, la longueur de cette vire est d'environ 500-600 mètres et on peut compter une petite heure pour en faire le parcours (cela dépend surtout du temps des arrêts que l'on fait pour profiter du panorama, car l'ambiance est ici très belle, ainsi que du nombre des photos prises...).

Précautions

Casque et piolet indispensables.


Commentaires difficultés

Randonnée du vertige empruntant une sente de chamois et bouquetins. Exposition plus importante que sur la vire de Serre-Brion. Un passage en traversée descendante demande l'usage des mains.
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Topo créé le :

Monestier de Clermont -- Saint Andéol -- Bourg Menu


Situation




Sortie du 14-08-2012

Vire des Rochers de la Peyrouse

J'avais repéré cette trace de chamois la semaine dernière, lorsque avec Cathy et Rafaël nous avions descendu le pas Étoupe. Et depuis lors, elle était inscrite à la liste des balades à faire.
Ce mardi, je me retrouve dans le couloir sous le pas Étoupe et il n'est que 9 h à peine : je vais en profiter pour explorer le secteur, histoire de ramener quelque chose dans la besace.

D'abord ce fut la bonne surprise de trouver ce passage si agréable, et si commode, du couloir Dérobé. Je me retrouve ainsi sur les crêtes en quelques minutes seulement alors que je ne m'y attendais vraiment pas. Tout en casse-croûtant sur l'éperon sommital, j'admire à nouveau la trace qui file dans l'herbe de la vire, juste en-dessous. Elle est franchement nette, sans aucun cailloutis qui l'encombre, ce qui signifie une forte fréquentation du chemin. C'est bon signe !

Effectivement, dès le départ, la trace est bonne, très bonne. On se croirait sur un GR. C'est splendide ! Après le premier éperon, se découvre un cirque assez grand dans lequel la trace continue à l'horizontale. Bien qu'un peu plus fine, elle reste correcte, ce qui est franchement utile compte tenu de la forte déclivité côté gauche : ici, aucune erreur n'est possible, sinon on glisse et roule loin en-dessous...
Un couloir se présente, à traverser. Il a l'air moyennement sympathique.
L'accès au fond du couloir, par sa rive gauche donc, demande de l'attention, mais se fait finalement bien. Quelques mètres à descendre ensuite dans le fond, sur un cailloutis plutôt dur, et c'est la sortie en rive droite, dans un zone où le sol est rouge et bien meilleur qu'on ne l'aurait cru, sous un gros surplomb. Cette sortie est même plus agréable que je ne l'avais imaginée, vue d'en face.

La suite devient un enchantement.
La traversée continue, toujours sur cette belle trace, et amène au deuxième éperon.
De là s'ouvre un nouveau cirque, plus grand que le précédent, qui monte jusqu'au point culminant de la vire. En dessus de cette vire, des surplombs joufflus, d'une couleur gris-bleutée lessivée de larges coulures blanchâtres, dominent. En dessous, le vide se creuse en une barre rocheuse au calcaire fracturé et semblant peu solide. Entre deux, la vire resplendit avec son vert intense, et se resserre au fur et à mesure de son élan vers le haut. La trace quant à elle monte, légère, fine, culottée ! Elle s'approche des surplombs, pénètre dans les sols rouges à la commissure de la vire et de la falaise, et parvient, en un dernier rebond, à atteindre l'arête élégante qui se découpe dans le bleu du ciel...
Je reste là, longtemps, appareil photographique en mains, à admirer ce paysage si beau, tout à la fois repoussant et attirant, et dont je ne me lasse pas. Heureusement, je le sais d'expérience, que ces passages-là sont bien plus effrayants vus de loin qu'ils ne le sont en réalité quand on est dedans. C'est cela qui me rassure et me permet de continuer à avancer. C'est aussi l' envie de savoir ce qu'il y a à la suite...

Au moment où je débouche sur l'arête élégante, un bruit de cavalcade me fait lever les yeux. Un troupeau de 7 chamois vient de me voir, et quitte aussitôt l'abri ombragé de l'auvent sous lequel ils se reposaient. Ils courent droit dans la pente, soulevant un gros panache de poussière qu'une brise de chaleur amplifie faisant alors croire à un petit nuage. Immobile, je les suis des yeux, et en quelques secondes ils ont disparu sous une barre rocheuse, définitivement inaccessibles. C'est à peine croyable : l'intermède n'a pas duré dix secondes...

Après l'arête élégante, la vire s'approche de la falaise, se colle à elle. Un passage terreux, puis un passage rocheux, puis un balcon ludique, m'amènent vers la fin, je le vois bien.
Il faut descendre, maintenant...

Dans l'éboulis qui file vers le bas, je cherche l'équilibre, déstabilisé par ces cailloux qui ne tiennent pas en place. Je me retourne. Un énorme bombé de roches impressionne, là, juste au-dessus. Une escalade parcourt ces fissures qui montent, presque rectilignes, jusqu'au sommet. D’antan j'y serais allé ! J'aurais mis mes mains dans leurs anfractuosités, j'aurais saisi leurs aspérités, et serais sorti, heureux, enthousiasmé, sur les crêtes finales de ces superbes falaises !
Aujourd'hui, ces jeux-là ne peuvent plus avoir cours. Le corps, les muscles, l'esprit, ne suivent plus. L'effort est trop grand, qui ne peut plus être assumé.
Alors je m'adonne à d'autres choses, des choses différentes, plus adaptées à l'âge et aux capacités qui restent. Les vires dans les falaises, les cheminements des chamois et des bouquetins, sont devenus le nouvel attrait de ce terrain aux multiples possibilités. J'y trouve les mêmes saveurs qu'avant, et parfois même plus qu'avant car il y a, comme c'est le cas aujourd'hui, un parfum d'aventure. Ce parfum tient à la recherche du chemin dans les subtilités du décors, aidé bien sûr en cela par les traces des bêtes qui sont ici dans leur maison. Mais cette recherche, ces découvertes, ouvrent finalement bien plus d'horizons intérieurs que le simple fait, comme ça l'était avant, de suivre un itinéraire décrit sur une page ou dans un paragraphe...

Voilà : nulle nostalgie dans ces réflexions.
Simplement une description de ce que sont les évolutions, logiques, dues au temps qui passe.
Ce qui me compte, c'est que l'enthousiasme soit toujours là.
Et je crois que c'est bien le cas...

Photos de la sortie

Commentaires

scal
20-08-2012 23:12:34

déjà le couloir Dérobé c'est un nom prometteur et discret qui augure de belles choses... ensuite tu l'as superbement mis en valeur par le récit ( ça fait plaisir de relire ta prose sur biv ! ) ou par les photos ; donc sûr, il n'y a qu'un pas à franchir pour venir apprécier ce nouveau Pas ! Improbable initialement son coté pratique et l'élégance qu'il dégage pourraient bien le rendre incontournable ! actuellement je vais m'éclipser quelques temps ( 1 séjour suivi de quelques semaines d'itinérance) mais en octobre la saison sera idéale et tu auras certainement encore parfait cette belle œuvre de défricheur :)

François LANNES
20-08-2012 22:14:42

Scal, Je n'attendais que ça : que tu viennes un peu sur le versant est, et quittes quelques minutes tes Erges et autres Pots du versant ouest. Viens par là. J'aimerais bien que tu me dises ton avis sur cette alternative au pas Étoupe, toi qui l'as fréquenté quelques fois déjà ce pas "pas parfait". Je suis curieux de t'entendre donc sur le sujet de ce couloir Dérobé. Quant à ne pas trop descendre, pour traverser d'un pas à l'autre, c'est bientôt prêt. Ne reste qu'un petit détail à régler et tout sera fini (bientôt). Je vous tiendrai au courant.


scal
20-08-2012 22:01:16

François est un fin gourmet, il a bien du se ménager une fin de tablette tout en délectation :) vu des Erges ça devrait être bien sympa une sorte de traversée de l'Etoupe à la sente de Serre Brion sans trop redescendre...


François LANNES
20-08-2012 21:50:32

T'as bien raison : la tablette est pas mal entamée... Mais il en reste encore. Et je te promets que, si tu trouves le "prolongement" , il y aura un autre (gros) carreau à sucer ! Tu verras : ce n'est pas encore fini...


Rafaël Rodon
20-08-2012 21:44:32

François LANNES
C'est comme avec le bon chocolat : il faut faire durer le plaisir.
exactement, mais pour ça soit tu suce ton carreau tout doucement, soit tu reprend un morceau.... Mais dans le coin tu a bientôt bouffé toute la tablette :lol: Mais bon tu va bien en entamer une autre. :wink:


François LANNES
20-08-2012 21:21:14

Salut Raf, Bien content que cette vire te tente ! Tu vas voir : elle est si agréable qu'elle en est trop courte. On a à peine le temps de s'y mettre, qu'on l'a déjà "toute croquée" ! C'est comme avec le bon chocolat : il faut faire durer le plaisir.


Rafaël Rodon
20-08-2012 19:13:08

Elle est vraiment attirante cette vire :shock: ça ma l'aire d'être une vrai merveille. Plus que la vire c'est l'itinéraire complet qui semble une merveille. A coup sur l'alternative de descente aux desagréables (même si praticable) couloirs Etoupe et Peyrouse. j'irai voir ça sous peu. Sans doute à la montée.


François LANNES
20-08-2012 18:45:11

Bonsoir Ced, Je vais répondre à ton commentaire (qui m'a fait bien plaisir), et vais essayer de clarifier ma position. Ben oui, le texte est gentillet, comme tu le dis. Je n'allais tout de même pas faire un texte à la mode 1960, comme ceux racontant les pires conditions possibles, dans les pires parois et les pires difficultés qui soient. D'abord je n'ai pas les moyens pour aller faire de telles sorties, et puis cela ne m'intéresse pas d'écrire de telles choses. Pour moi, la montagne est belle, et mérite qu'on lui fasse des paragraphes où se sentent le plaisir et la joie d'y être. C'est plutôt cela qui me guide quand j'écris à son propos. Mais c'est vrai que cette balade reste quand même une randonnée du vertige. Et puis une qui, malgré une trace très correcte, n'est pas à prendre à la légère. J'ai choisi la cotation R5 (même s'il ne s'agit plus là de randonnée au sens propre du terme) pour avertir de suite de la situation dont il s'agit. J'ai indiqué aussi que l'exposition y est plus importante qu'à la vire de Serre-Brion, pensant que cette vire bien connue pouvait donner un point de référence à pas mal de personnes. J'ai signalé enfin qu'il fallait de servir des mains à un endroit, sans que cela puisse vraiment se qualifier d'escalade. Tout cela pour permettre, à qui lit ce topo et le compte-rendu de balade, de comprendre où il envisage d'aller. Les photos sont là, heureusement, pour compléter le texte et visiblement elles semblent bien rendre cet office. Elles sont là aussi, et peut-être surtout, pour mettre en valeur les lieux et tâcher d'en restituer l'ambiance. C'est sûr que cette trace passe sur des balcons bien penchés vers le vide. Il faut s'habituer à cela, si l'on veut pouvoir marcher ici sans problème. L'expérience m'a montré que l'on arrive à s'y acclimater, tout en veillant à rester prudent bien sûr. Mais je regrette ces aspects un tout petit peu trop techniques dans cette vire. Cela empêche qu'elle puisse être vraiment empruntée par les randonneurs. Elle aurait pu constituer un magnifique retour à tous ceux qui montent sur les crêtes par le pas de Serre-Brion, plutôt que d'aller jusqu'au pas Morta. Mais voilà, elle est un peu plus difficile que le Serre-Brion, et ne permet pas cette alternative pour tout le monde... C'est dommage. Ce qui reste, et je ne m'y attendais pas en envisageant d'aller sur place, c'est que ces passages sont vraiment magnifiques. Ils méritent un "coup de projecteur", même s'ils sont moins aériens que ceux de la vire Haute du Ranc Traversier. Je trouve qu'ils sont aussi beaux que ceux de Serre-Brion (et ce n'est pas peu dire), et un peu plus longs : on a donc le temps d'en profiter plus !


ced
20-08-2012 10:06:15

Bonjour François, A lire le texte ça me semblait presque gentillet, mais les photos sont tout de même impressionnantes !



  • Horaire : 3 h
  • Dénivelé : 900 m

Autres sorties

Date Titre Auteur
26-08-2012

Parcourt réalisé à la montée. Vraiment une belle vire pas trop dif...

Rafaël Rodon

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