Usage du piolet en rando

pascal sombardier
24-11-2007 20:44:15

Eh bien tant mieux... On dit que c'est un syndrome typiquement français de vouloir coller une étiquette sur tout, de "catégoriser", comme tu dis. Mais en ce moment, les syndromes "typiquement français" ont du plomb dans l'aile et il est parfois bon de se remettre en question... En tout cas, pour moi, les cotations chiffrées ne s'appliquent qu'à des activités très techniques, comme l'escalade : 6b, tu passes, 6b+, tu passes pas... ou demain.

babas38
24-11-2007 20:34:44

Allons messieurs!! Attention, je n'ai jamais dit qu'il fallait emporter des crampons dans les gradins herbeux. Personnellement je me les réserve encore pour la neige ou la glace! Concernant l'histoire des cotations évoquée par Pascal Sombardier, c'est effectivement délicat de "catégoriser" des itinéraires, alors qu'il me semble que de plus en plus les pratiques se "mélangent". Je pense que de plus en plus de pratiquants sont ni des spécialistes d'alpinisme, ni d'escalade, ni de randonnée, ni de canyoning, ni de spéléo, mais qu'ils ont une culture "montagne" qui relève de toutes ses pratiques à la fois. Ce qui fait qu'apparaissent des itinéraires qui mélangent ses pratiques, mais qui ne me semblent pas pouvoir ce classer dans ces différentes catégories à la fois.


Jean-Michel Pouy
24-11-2007 20:26:20

mais c'est très sérieux l'aération des sols... lubrique, ludique ou lombric... ici aussi il y a débat... quelle brique sélectionner ? Ce ne sont pas les adeptes du lubricompostage qui vont dénigrer l'utilisation de ces vers... qui je pense font de l'ombre aux crampons et autres piolets... enfin, tout ce débat est fort épouysant :wink: Alors annélide charné ou crampons Charlet ?


pascal sombardier
24-11-2007 19:40:53

cette discussion avait une certaine tenue, et pouy voilà....


Jean-Michel Pouy
24-11-2007 19:32:18

Alors, en terrain herbeux la scarification mécanique consiste à creuser de grandes "rayures" dans le sol (de haut en bas et non le contraire) avec le piolet. Tenue ferme du manche et mouvement ample de la tête (du piolet). Cependant les avis divergent aussi sur la longueur du manche de ce dernier. Court pour une scarification "nerveuse" ou long pour une scarification plus "douce", c'est à voir avec l'expérience vous diront les adeptes de SM (Scarification Modulable). Donc le débat reste ouvert... "Piolet ou crampons" ? (voire les deux)


pascal sombardier
24-11-2007 19:00:35

Certes, mais s'il faut se mettre à la "scarification mécanique", alors qu'on ne sait même pas ce que c'est....


Jean-Michel Pouy
24-11-2007 18:54:09

comme le dit Pascal, les crampons en terrain herbeux risquent de dégrader le sol... certes... mais l'utilisation de ces instruments peut s'avérer judicieuse dans certains cas... Là aussi il y a débat ! http://www.plantyfolia.com/plantyforum/phpBB2/scarificateur-vt59.html


pascal sombardier
24-11-2007 17:48:49

La dernière intervention me paraît pertinente, plus positive en tout cas que les éternelles discussions sur les cotations en rando qui ne trouvent jamais de solution et s'avèrent peu utiles en définitive (le débat actuel sur C2C à ce sujet est particulièrement révélateur). Un commentaire rédigé est toujours plus appréciable et plus précis. D'où vient ce besoin de tout transcrire en lettres et en chiffres ? Et si en plus, chacun y va de son petit système : les T, les R, les chiffres seuls, etc...... Quant aux crampons : s'il y a de l'herbe, il y a moyen de poser ses pieds sans y avoir recours. Le piolet sert à assurer sa position. Des crampons sur les gradins herbeux, personne n'y pense vraiment, et, comme le dit Vivagel, ça risque de dégrader le terrain...


babas38
24-11-2007 14:14:20

Difficile quand même de dire si c'est de la randonnée ou pas. Par exemple si on fait une randonnée glaciaire, on utilise ce genre de matériel (Piolet-crampons-baudrier ...) et on est en train de parler de randonnée. Pour moi le plus important ce n'est pas forcément une question de sémantique, mais c'est surtout un problème d'inadéquation entre les moyens qu'on emporte (préparation matériel-itinéraire) et l'environnement que l'on rencontre. Et finalement peu importe de savoir si on est en train de faire de la randonnée ou autre chose, l'important est d'avoir le matériel adéquate à la situation que l'on va rencontrer (et bien sûr de savoir l'utiliser!!). Il ne faut pas en avoir trop peu, comme il ne faut pas en avoir trop aussi (le surpoids n'étant pas aussi un facteur de sécurité!). C'est finalement avoir conscience au mieux de sa pratique, sachant que cette conscience se développe de ses expériences (bonnes ou mauvaises!!)


Vivagel
24-11-2007 11:58:30

Oui effectivement, je pensais aussi à l'utilisation des crampons ! Mais bon là ça me semblerait très marginal quand même, bien que sans doute parfois excessivement utile sur de courts passages. Mais là on quitte peut-être un peu le domaine de la randonnée. Et en plus les trous faits dans le sol par les pointes des crampons ne disparaîtraient pas comme dans la neige, et finiraient peut-être par "massacrer" le terrain.


babas38
24-11-2007 11:47:38

Pour moi le piolet est un formidable "outil" dans les terrains escarpés surtout dans des pentes raides herbeuses. Il offre une solidité et une stabilité que le bâton de marche n'offre pas. On peut s'en servir d'appui, d'ancrage, tailler une marche ... Je me souviens d'une sortie où j'aurais préféré en avoir un, plutôt que de m'agripper à des touffes d'herbes. C'est un outil rassurant, et cela me semble à juste titre, car il apporte un réel confort dans la progression, donc un élément de sécurité supplémentaire. Par contre, la question pourrait-on stopper une glissade sur une pente d'herbe raide avec un piolet, difficile d'y répondre. Dans tous les cas, je pense que cela rique d'être douloureux. Pour ajouter un commentaire sur les outils emportés en randonnée, je me souviens lors d'une discussion avec le gars qui tient le bar du col de Marcieux, parlant du Pas du Petit Tas, celui nous a dit que certains l'avais déjà fais avec les crampons aux pieds dans l'herbe. Ils n'empruntaient pas alors la dalle (celle avec le câble), mais passaient peut-être plus sur la droite. Personnellement, je n'ai pas encore testé les crampons sur l'herbe!!!


jean-will
24-11-2007 11:24:39

François LANNES
Quant à savoir si je m'arrêterais grâce à lui, lors d'une glissade sur la pente... ???? Là, c'est une sacrée question. Et je ne sais pas y répondre. Je n'ai pas fait de test... J'en avais fait sur la neige, un test, parce que cela ne fait pas mal de glisser sur la neige. C'est même amusant. Mais dans une pente d'herbe et cailloux, c'est moins rigolo d'essayer !
Effectivement sur neige il est possible de s'arrêter en se retournant et en plantant le piolet. sur pente herbe et cailloux, j'imagine mal le résultat : si le piolet se plante dans la terre ou se bloque sur un cailloux : Aie !! = arret brutal du piolet quasi certain. Là je crais fort que le choc ne fasse qu'arracher le piolet des mains (?).. qui veut essayer ? :?


François LANNES
23-11-2007 21:34:26

Pour ma part, j'ai effectivement pris le piolet dès le deuxième randonnée du Vertige que j'ai faite (lors de la première, je n'avais pas réalisé son fort intérêt, et cela s'est traduit par quelques frayeurs !!!). Et depuis je part toujours avec, même s'il ne s'agit que de sentiers "tranquilles". Remarque bien que ""tranquille" n'est pas vraiment ce que je préfére... Mais quand même, lorsque le chemin est normal, je m'en sert de canne et je suis tout content. Par contre, je m'en suis servi deux fois en situation d'urgence, pendant la montée. C'est à dire que j'ai fait du piolet traction, planté dans l'herbe + terre, dans un endroit raide. et je peux te dire que là, cela m'a vraiment été utile. Je ne recherche pas les risques, mais je m'étais mal engagé, dans un passage où il n'aurait pas fallu aller, et donc c'est l'outil qui m'en a sorti... Je ne me souhaite pas d'avoir à recommencer. Par contre je suis là pour en parler... Et pour aborder ce qui est plus normal, le nombre de fois où je l'ai planté par la pointe, non pas pour m'extiper d'un mauvais pas, mais plutôt pour me rassurer dans une traversée un peu raide, ce nombre de fois-là est bien plus important. A toutes les sorties, c'est le cas. Pour compléter les explications, je dirais un mot sur la longueur du manche. Par attachement pour mon piolet, je le garde tel qu'il est : 83 cms, ce qui est très long. Pour les travers faciles, il me va très bien. Pour les pentes raides, il est trop long, et je "m'emberlificote" avec, de temps à autre. Il m'arrive maintenant d'envisager d'en prendre un plus court, ce qui n'est pas sans m'arracher le coeur... Quant à savoir si je m'arrêterais grâce à lui, lors d'une glissade sur la pente... ???? Là, c'est une sacrée question. Et je ne sais pas y répondre. Je n'ai pas fait de test... J'en avais fait sur la neige, un test, parce que cela ne fait pas mal de glisser sur la neige. C'est même amusant. Mais dans une pente d'herbe et cailloux, c'est moins rigolo d'essayer !


pascal sombardier
23-11-2007 19:28:13

Ta conclusion me surprend un peu, car tous les gens qui tournent vraiment dans ce genre de terrain ont maintenant un piolet, et ceux qui en ont pris l'habitude ne peuvent plus s'en passer. Il est vrai que le poids de la tradition est particulièrement lourd, comme on le voit sur la plupart des sites montagne... Je te renvoie à des réflexions qui animaient Biv' il y a quelque temps, et qui me semblent toujours d'actualité : http://www.bivouak.net/topos/course.php?id_course=2120&id_sport=2


Vivagel
23-11-2007 19:09:54

Bon ben merci pour vos réponses, en particulier Pascal pour ses informations très complètes. J'en conclus quand même que parmi les nombreux habitués des randos expos qui fréquentent ce site, l'usage du piolet reste quand même peu répandu.


GLaG
22-11-2007 20:26:30

Je n'ai pas encore eu à me servir réellement de mon piolet-canne... Faisant partie des gens qui apprécient les bâtons (enfin, un seul me suffit, sinon c'est trop compliqué avec les deux appareils photo et le fourre-tout à l'épaule :? ), c'est un bon compromis : un peu plus lourd, je sais néanmoins que je le prendrai toujours, car il me sert au moins de bâton, alors qu'un piolet court comme celui dont parle Pascal resterait 95% du temps dans la voiture ou à la maison. Et je l'ai, donc, pour les passages délicats plus ou moins imprévus (névé, pente raide d'herbe). Il est en revanche très encombrant pour tout ce qui se rapproche de l'escalade. J'ai fait quelques essais de glissade+arrêt sur herbe, ça me semble aussi efficace que sur neige pour une petite glissade. En cas de grosse chute avec vitesse déjà prise, Pascal a raison, le manche et la forme générale le rendrait moins efficace qu'un piolet court. Bref en résumé, il faut voir ça comme un bâton de marche avec option piolet en cas de nécessité, et pas l'inverse.


pascal sombardier
22-11-2007 17:38:07

Oui, c’est Glag qui utilise un piolet-canne, sans doute utile pour une rando relativement classique. Personnellement, pratiquant souvent des terrains escarpés, je pourrais difficilement me passer aujourd’hui de ce qui constitue à la fois un moyen de progression et une sécurité (relative). C’est comme une troisième main… Au début, j’emportais un piolet assez long, mais je l’ai abandonné au profit d’un marteau-piolet court (photo), plus précis, plus maniable et présentant un meilleur ancrage grâce à son poids et à sa lame banane. Il faut en effet éviter un outil trop léger, car on n’a pas d’impact pour le planter efficacement. La lame banane (incurvée vers le haut) fut une révolution à la fin des années 70. Ce modèle est d’ailleurs un des premiers avec une telle lame que Charlet fabriqua pour moi alors que je grimpais les premières cascades de glace. C’est donc un modèle unique, que le Chacal de Simond supplanta. Mais voyez, 30 ans après, la qualité de fabrication fait qu’il sert toujours, sans une rayure, alors que je le malmène sans cesse dans des gradins herbeux. Évidemment, une pioche serait plus utile qu’un marteau, mais j’ai toujours quelques pitons à la ceinture, donc… Il est clair qu’il ne faut pas emmener un outil trop sophistiqué comme on en voit aujourd’hui pour la cascade de glace, surtout qu’il serait dommage de l’abîmer, au prix où c’est… - Dans quel terrain ? Les gradins herbeux par excellence. La face ouest de Vachères dont il est question sur le site en ce moment est un terrain de prédilection où il m’est arrivé de me tirer sur mon piolet planté dans une motte de terre. En revanche, j’avoue que dans les Échelons de Bure, qui est un escalier principalement rocheux, il m’a vite embarrassé et je l’ai mis sur le sac. - Arrêter une glissade ? Ce n’est pas utopique. Sur la vire d’Archiane, j’ai fait un saut périlleux involontaire à cause d’une pierre instable. Je me suis retrouvé à 4 pattes 2 m plus bas, j’ai planté le piolet et cela m’a sauvé la vie. Depuis, je ne le quitte plus… Honnêtement, je doute que cela aurait marché avec un outil plus long ou moins incisif. - Il existe enfin une utilité non négligeable du piolet en terrain terreux qui consiste à tailler des marches. Toutes ces considérations sont également valables pour la neige bien sûr, mais cela n’a rien de nouveau. Il est vrai que beaucoup d’accidents arrivent dans la neige et pourraient ss doute être évités, mais c’est vrai aussi en terrain escarpé sec (c’est même là qu’il y en a le plus), ce qu’on oublie trop facilement.


Geoffroy Rémi
22-11-2007 16:49:45

Pardon : le "piolet-bâton" signalé par GLaG... (rendons à César...). [/i]


Geoffroy Rémi
22-11-2007 16:39:08

"C'est une bonne question !"... Une chose est sûre : vu la quantité de randonneurs qui se tuent chaque année sur un névé, il me paraît clair que tant qu'on marche encore sur névé, le piolet (traditionnel ou pas) s'impose. Même en rando glaciaire, beaucoup font encore l'erreur, une fois sortis du glacier dans la redescente, de fixer leur piolet sur le sac en même temps qu'ils se désencordent logiquement. Ma petite expérience m'a appris que tant qu'on n'est pas sorti du dernier petit bout de névé de la course, il est essentiel de garder à la fois les crampons aux pieds et le piolet dans la main... Mais ta question porte surtout si j'ai bien compris sur le terrain sans neige. Pour ma part, je n'ai pas d'expérience en la matière, mais je peux concevoir que sur des pentes herbeuses très raides (surtout en terrain souvent glissant genre Bauges...), un piolet léger peut s'avérer bien utile le cas échéant pour retenir une chute. Je retiens à ce propos le "piolet-bâton" signalé par Pascal, ça me paraît très intéressant pour ce type de terrain (et même sur terrain glaciaire, où on a souvent envie de garder les bâtons le plus possible, avant de les laisser pour le piolet). Quant au terrain caillouteux/rocheux, je suis plus perplexe (dans un pierrier très raide ?!?). Sur ce point, j'attends les réactions et les expériences avec beaucoup d'impatience...


Vivagel
22-11-2007 12:57:59

Merci Thierry. Mais ces messages ne donnent pas vraiment d'information sur la façon d'utiliser le piolet, qui doit être différente je suppose de l'utilisation qu'on peut en avoir sur neige. En particulier, comment enrayer un début de glissade avec le piolet ? Je m'imagine difficilement faire comme sur la neige, me retourner à plat ventre, coiffer le haut du piolet avec une main et cramponner le manche de l'autre, et enfoncer la pointe dans le sol ! Si c'est juste pour s'équilibrer pendant la marche, un bâton suffit.


Thierry
21-11-2007 14:41:07

Bonjour, Quelques réponses ici : http://www.bivouak.net/forum/viewtopic.php?t=3416&id_sport=2


Vivagel
21-11-2007 13:04:41

Bonjour, certains utilisent un piolet pour des randos pédestres assez expos. Peuvent-ils nous faire part de leur expérience, dans quels cas et sur quels terrains utilisent-ils le piolet, piolet canne uniquement ou autre technique, quel type de piolet a leurs préférences, comment comptent-ils retenir une glissade avec sur du terrain sec, etc ... ?


 

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