Les cotations


En avant propos, nous pourrions dire que l'on rencontre rarement deux jours de suite les mêmes conditions de neige, car la neige se transforme. Et par conséquent, les conditions d'un jour ne seront pas forcément les mêmes le lendemain. La cotation peut être alors à revoir à la hausse si par exemple une pente n'est point transformée...
Au fil des années, plusieurs systèmes de cotations se sont succédés et, se superposent encore aujourd'hui [en France].
 
La cotation de Blachère

Cette échelle de cotation a été mise en place par G. Blachère dans les années 1940.

Elle se décline ainsi :
• SM > Skieur Moyen. • BS > Bon Skieur. • TBS > Très Bon Skieur.
En complément s'ajoute la lettre A, signifiant Alpinisme.
Ainsi TBSA veut dire Très Bon Skieur Alpiniste. Ceci engage le skieur dans un itinéraire glaciaire, crevassé, de pentes raides...
 
La cotation de Philippe Traynard

Philippe Traynard, professeur d'université à Grenoble et sa femme Claude sont auteurs de la célèbre trilogie 101, 102, 103 sommets à ski.

Pour évaluer ses courses, Philippe Traynard utilise la cotation de Blachère, mais il y ajoute une échelle de cotation précisant la difficulté de la pente, ou les passages caractéristiques. Il proposa cette cotation dans La Montagne, en 1969.

Cette échelle va du S1 au S6, voici la lecture que l'on peut faire en 1989 dans le Guide des Ecrins et Haut Dauphiné, [préfacé par Ph. Traynard] :

• S1 > Route ou chemin horizontal ;

• S2 > Pente faiblement vallonnée ;

• S3 > Pente plus forte où le skieur peut encore décider lui-même de l'endroit où il doit tourner ;
• S4 > Pente supérieure à 35° ou présentant des obstacles naturels (barres rocheuses, crevasses) obligeant le skieur à une grande précision dans ses évolutions.
• S5 > Pentes à la limite des possibilité d'un très bon skieur.
• S6 > Pentes exceptionnelles. Dés 50° par forte exposition, ou au-delà de 55°.

François Labande dans Ski Sauvage, en 1983, utilise la cotation de P. Traynard, mais il y ajoute un septième degré. Il caractérise ainsi ce 7ème degré : "l'idée peut en être donnée par les sauts de barres qu'effectua Jean-marc Boivin dans la face est du Cervin".

• S7 > plus de 55°, et/ou saut de barres.
E. Cabau et H. Galley précisent dans leur topo-guides en 1998 : "En principe, une course F ne dépasse pas le S2, une course PD comporte des passages de S3, une AD du S4, une D du S5, une TD du S6. Nous avons cependant choisi de majorer nettement la difficulté en cas de forte continuité de la pente (S4 sur 600m sera ainsi cotée D, tout comme S5 sur 200m)".
 
La cotation Alpine

Ce système de cotation vient de l'alpinisme et de l'escalade, on compte sept degrés :

• F > Facile ; • PD > Peu difficile ; • AD > Assez Difficile ;
• D > Difficile ; • TD > Très Difficile ; • ED > Extrêmement Difficile.
• et EX > Extraordianairement Difficile.
Dans les années 70, le ski de pentes raides est au goût du jour. Et, c'est l'envolée dans l'alphabet des cotations : TD, ED!!!!
Aujourd'hui, nous sommes peut-être passé un cran plus haut! Comment évaluer la descente de l'Everest à ski par Davo Karnicar, ou encore celle entreprise par le jeune Marco Siffredi dans le couloir Hornbein? Là s'ajoute en effet l'altitude et les conséquences sur l'organisme... Attendons voir quelques répétitions!
Volodia Shahshahani dans son ouvrage Ski Alpinisme paru en 1984 se prenait à rêver : "Et il est vraisemblable que demain en surgira un huitième (et dernier?...) qu'on ne saurait décemment baptiser que 'Divinement Difficile' tant il est vrai qu'ici bas notre vocabulaire se tarit."
 
Les cotations de Volodia Shahshahani
Volodia Shahshahani propose une échelle de cotation qui comprend cinq degrés. Voilà de quelle manière il les qualifie dans un de ses Toponeige :

• 1 : " Niveau initiation mais il s'agit déjà de ski sur terrain alpin et non de ski nordique. Les pentes n'excèdent pas 30°, les passages ne sont pas trop étroits même en forêt, le dénivelé est inférieur à 800m, l'exposition n'est pas importante et en général le risque d'avalanche est faible.

• 2 : " Peu de difficultés techniques, pas de pentes raides (35° au maximum) mais le dénivelé comme l'exposition à la chute ou le danger objectif peuvent être importants.
• 3 : " Entrée dans le ski-alpinisme : passages techniques, pentes longues à 35°, passages courts jusqu'à 40-45°. Forêts assez denses même avec pentes faibles, chemins forestiers raides.
• 4 : " Ski de couloir ou pente raide : 40° très long, avec parfois des passages courts jusqu'à 50°. Terrains de moyenne montagne très accidentés ou forêts très denses même avec pentes modérées.

• 5 : " Pentes très raides : à partir de 45-50° très long, sinon à partir de 50° significatif.

Chacun de ces niveaux comprend trois subdivisions :

• 1 : inférieur • 2 : médian • 3 : supérieur
La Cime de la Jasse par ses pentes sud, bien connue des Grenoblois, est ainsi cotée 2.2, tandis que la face ouest de la Pointe Percée dans les Aravis chatouille les 5.3 par exemples....

Volodia Shahshahani dans les descriptifs techniques de la course ajoute l'exposition, montrant bien au lecteur le niveau des difficultés qu'il rencontrera. Nous vous laissons visiter son site, et n'hésitez donc pas à l'interpeler sur ce sujet.



Biblio
Ski de montagne, sous la direction de C. et P. Traynard, Arthaud 1974.
Les Alpes du Nord à skis, Anselme Baud, Denoël 1983.
Ski Sauvage, François Labande, Arthaud 1983.
Ski Alpinisme, V. Shahshahani et JP Bonfort, Didier-Richard 1984.

Guides des Ecrins et Haut Dauphiné, O. Gumuchian et L. Martin, Didier-Richard 1989.

Pentes raides et couloirs des Alpes françaises, J-P. Bonfort, Glénat 1988.
Ski de randonnée Isère, E. Cabau et H. Galley, Editions Olizane 1998.
Toponeige Aravis, Bauges, Chartreuse, Volodia Shahshahani, Volopress 2000.


© Janvier 2003

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